Saxe, Même observation
plus loin celle comparaison inlernalionale, qui, je le crains, nous conduirait à des erreurs d'appréciation.
Si le! article de loi est inroqué par les plaideurs plus souvent que tel autre, cela vient de ce qu'il est plus élastique et plus commode, et rarement de ce qu'il s'applique plus exactement à leur cas.
Cela résulte assez clairement, par exemple, de la comparaison de la Roumanie et de la France.
Les deux pays diffèrent profondément. Sans énumérer leurs dissemblances, qui frappent les yeux avec évidenceje n'en citerai qu'une: c'est que la Roumanie est un pays essentiellement agricole, très peu commerçant et nullement industriel, tandis que la France est un des pays les plus industriels et les plus commerçants du continent. Pour cette cause et pour beaucoup d'autres, les mœurs des deux pays sont très dissemblables.
Et pourtant, à en croire les chiffres qui précèdent, il y aurait justement autant d'adultères de la femme, justement autant d'adultères de l'homme dans le domicile conjugal, justement autant d'excès, sévices, injures graves I
Cela est absolument invraisemblable !
La vraie explication de la ressemblance des chiffres, la voici : c'est que le Code roumain est identique au Code français, avec celte seule difiérence qu'il n'admet que le divorce et non la séparation. Quant aux causes de divorce, elles sont exactement celles du texte de 1804.
Lorsque des époux français du roumains veulent se séparer^ ils ne consultent pas le texte de la loi avant de prendre cçtte résolution, mais seulement lorsque, ayant reconnu Timpossibilité de la vie commune, ils cherchent le meilleur moyen de la rompre. C'est alors qu'ils vont trouver un avocat et choisissent avec lui l'article de loi qui leur offre le plus de chance de succès. Naturellement cet article est toujours le plus général et le plus élastique. Plus il est large dans ses applications et plus il leur convient. La rubrique excès, sévices^ injures graves, qui ne signifle rien (1) (et qui par conséquent est escel* lente), a donc la préférence et comme son degré de commodité est le même en Roumanie qu'en France (puisque la loi des deux pays est identique), on recourt à lui aussi souvent dans chacun des deux pays.
A celte cause de séparation, si vous en ajoutez d'autres, comme ont fait les Italiens, allez-vous par là augmenter le nombre des séparations? Obi pas du tout; seulement la rubrique excès, sévices, injures
i. Son vrai sens, à me« yeux, est celui-ci : répoax coupable est un mal équilibré, un détraqué.