‹ Etude des bases de la connaissance et de la croyanceChapitre 44 sur 104 · Van Uiervliet, Causeries psychologiques, 2° série · texte numérisé non relu

Van Uiervliet, Causeries psychologiques, 2° série

voyant ; nous ne jugeons qu'après avoir aperçu dans les choses l'expression ou le type des idées que nous leur appliquons. Mais si nous sommes capables d'apercevoir dans les choses l'expression ou le type de nos idées, la nécessité de posséder à l'avance les idées correspondantes n'existe plus. Si nous pouvons retrouver et reconnaître dans les objets créés les types de nos idées, nous pouvons tout aussi bien les y trouver et connaître pour la première fois, et la possession préalable d'idées innées ne se justifie plus. L'innéisme se contredit donc lui-môme en accordant à l'esprit un pouvoir qu'il lui contestait.

Les innéistes ont-ils compris combien ce système est Innéis illogique et peu satisfaisant? Il est permis de le con- ,/Jjj^ jecturer,en les voyant en foule, — à la suite de Descartes, qui a donné le premier le signal de la retraite l, — abandonner l'innéité des idées pour ne conserver que l'innéité de la faculté intellectuelle.

Mais dans ce cas, le système innéiste ne résout plus la difficulté en question sur l'origine des idées ; au contraire il l'esquive, cela est évident, car il reste toujours à nous expliquer comment cette faculté innée se met en exercice pour produire nos idées.

Cependant, en regardant de plus près les textes de Descartes, surtout ses Lettres et ses Réponses à diverses objections, on sent poindre, à travers bien des hésitations, une pensée toute nouvelle. Pour produire ses idées, la faculté innée se suffit à elle-même : elle les tire de son propre fond, comme le chêne en acte se tire du gland où il était en puissance. Ecoutons, par exemple, ce qu'il dit dans ses « remarques sur un certain placard

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