TOME I
Leur durée est illimitée, en ce sens que, ne portant en eux-mêmes aucun principe de destruction, ils existent jusqu'à ce qu'une force étrangère vienne les détruire.
3. Les végétaux, au contraire, sont des êtres vivants, doués d’organes (racine, tiges, feuilles, fleurs) qui, par leur mutuelle action, entretiennent la vie dans le tout qu'ils composent. Ils grandissent en se nourrissant, par intussusception, c'est-à-dire, en empruntant au monde extérieur des principes alimentaires qu'ils s’assimilent, qui pénètrent leur tissu et le développent dans une forme déterminée. Enfin, après avoir existé pendant un certain temps, ils périssent quand leurs organes sont usés, viciés ou brisés. La mort est donc pour les végétaux une conséquence de leur vie, et leur espèce périrait, si Dieu, dans sa sagesse, nedles avait doués de la faculté de se reproduire, en donnant naissance à d’autres êtres vivants et absolument organisés comme eux.
4. Ce jeu des organes, cette vie, ce mode de croissance, cette existence limitée, cette reproduction merveilleuse, les plantes la partagent avec les animaux ; mais elles n’en restent pas moins à une immense distance d'eux par l'absence de mouvement volontaire et de sensibilité. Recevant du milieu qui les entoure (l'air, la terre et l’eau) une nourriture toute préparée, elles n'avaient nul besoin de ces deux admirables facullés.
Aussi, un savant naturaliste, Linné, a dit avec une parfaite justesse : « Les végétaux occupent l'avant- « dernier rang dans la série des êtres dont l’homme « est le roi. Les minéraux croissent; les plantes crois- « sent et vivent; les animaux croissent, vivent et sen « tent; l’homme croit, vit, sent et pense. »
5. La Botanique étudie les végétaux sous un triple point de vue. Elle voit en eux des étres vivants, dont elle observe l’organisation; des étres distincts, qu'elle apprend à connaître, à décrire et à classer; des étres utiles, dont elle recherche les propriétés et les usages. De là trois grandes parties dans cet ouvrage : la botanique organique , ou étude de l’organisation et de la vie des plantes; la {axonomie, ou classification des végétaux ; la botanique usuelle, c'est-à-dire appliquée à l’agriculture, à l’horticulture, à la médecine, à l’économie domescique et industrielle.
6. On voit donc que la Botanique ne consiste pas uniquement, comme trop de gens se l'imaginent, dans la connaissance pure et simple du nom donné aux différentes plantes. Réduite à ces termes, elle ne serait qu’un vain exercice de mémoire, aussi pénible qu'inutile. Si l’homme a cherché à décrire et à classer les végétaux, ce n’a été là pour lui qu'un moyen : son vrai but, c'est d'arriver à s’en servir pour son utilité et pour son agrément. Il trouve de plus dans l'étude des organes de la plante et du jeu de ces organes dans le phénomène de la vie, un vaste sujet d'instruction et de nombreux motifs d'admirer la sagesse, la puissance et la bonté de celui qui a écrit son nom sur la corolle de la plus humble fleur de nos champs, tout aussi bien que sur le front scintillant des étoiles.
QUESTIONNAIRE
Qu'est-ce que la Botanique? — Qu'entend-on par végétaux ou plantes ? — Comment les plantes différent-elles 1° des minéraux, 2 des animaux? — Comment divise-t-on la Botanique? — Quel est son vrai but?
col se noita