ANOMALIES DES FLEURS
154. Le plus souvent chaque fleur contient réunis ensemble les éfamines et les carpelles ; mais il arrive aussi que ces organes sont enfermés dans des fleurs différentes. Dans ce dernier cas, trois combinaisons peuvent se présenter :
ÉLÉMENTAIRE. sg |
4° Les fleurs staminifères et les fleurs carpellées peuvent se trouver réunies sur la même plante; c’est ce qui constitue les végétaux monoïques (1) : le melon. le châtaignier, le noisetier, sont de ce nombre.
2° Les fleurs staminifères et les fleurs carpellées peuvent se trouver séparées sur des pieds différents : ce sont alors des plantes dioiques (2) : le chanvre, la mercuriale qui infeste nos champs, le müûrier à papier de nos bois anglais, présentent une semblable disposition.
3° Enfin, d’autres fois, sur la mème plante, il ya tout à la fois des fleurs staminifères, des fleurs carpellées et des fleurs munies en même temps d’étamines et de carpelles : telles sont la pariétaire qui tapisse nos vieux murs, et la croisette qui, au printemps, montre dans nos haies ses verticilles de petites fleurs jaunes.
155. Le plus souvent, dans les plantes monoïques, les fleurs staminifères sont situées vers la partie supérieure du végétal, en sorte que le pollen, en s'échappani des loges de l’anthère, tombe naturellement et par son propre poids sur les fleurs carpellées placées audessous. Dans les végétaux dioiques, les pieds à étamines sont souvent séparés par de grandes distances des pieds à carpelles. Comment donc le pollen de ceiles-là pourra-t-il être transporté sur ceux-ci? Qu'on se rassure : la Providence, en voulant la fin, a su multiplier les moyens. Dans les fleurs à étamines, celles-ci seront très-nombreuses et n’auront ni calice ni corolle qui puisse gêner l’action des vents sur le pollen. Dans
(4) De movos, seul, oixoc, maison.
(2) De dc, deux, et oixos, maison.
les plantes à fleurs carpellées, même rapport : calice et corolle presque nuls, et seulement quelques écailles propres à retenir la poussière pollinique sur les nombreux stigmates. Le temps de leur épanouissement mutuel sera combiné. Fussent-elles au fond des eaux, comme la vallisneria, leurs pédoncules dérouleront leurs longues spirales pour porter leurs fleurs à la surface ; et quand, de part et d'autre, tout sera disposé, l’anthère, s’ouvrant avec élasticité, chassera bieneloin son pollen, comme une légère poussière que dissémineront les vents ; ou bien de faibles insectes, se rouant dans le fond des fleurs, se chargeront de porter sur leurs ailes la poussière germinatrice aux Carpelles qui sans elle demeureraient stériles. (V. D., article Fiquier.)
156. Certaines plantes fleurissent et fruclifient sous l’eau. L'observation a démontré que leur coraolle est alors remplie d’une bulle d'air qui forme autour d'elle une petite voûte sous laquelle l'émission du pollen peut s'opérer sans obstacle. S'il est d'autres plantes aquatiques chez lesquelles cette bulle d'air n’a pas été constatée, on peut penser que le pollen de leurs étamines est d’une nature particulière et peut facilement être porté par les eaux sur les carpelles.