‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 32 sur 389 · A. PARTIES ET FORMES DES FEUILLES · texte numérisé non relu

A. PARTIES ET FORMES DES FEUILLES

71. Ce sont des faisceaux de fibres qui , partant de la tige et se développant en minces lames , donnent naissance à la feuille. Ces fibres , au reste , ne sont que des vaisseaux , et voilà pourquoi il n’y a de feuilles que dans les plantes vasculaires. Tant que ces fibres restent unies et serrées , elles formeront ce support plus ou moins cylindrique , plus ou moins long, que l’on nomme ypétiole (1) (fig. 47). Ce pétiole se présente sous diverses formes : le plus souvent il est arrondi, plus rarement canaliculé ou creusé d’un sillon en dessus, comme dans le sycomore ; quelquefois comprimé , comme dans le peuplier et le tremble : c’est à cette dernière forme surtout qu’est due la plus grande mobilité des feuilles.

72. Bientôt les fibres du pétiole se désunissent, se ramifieut diversement , et se dilatent en une sorte de réseau qui représente en quelque manière le squelette de la feuille. Les mailles de ce réseau sont remplies par un tissu cellulaire plus ou moins abondant , qui porte le nom de parenchyme (2). On obtient aisément ce squelette des feuilles ; lorsqu'elles sont sèches , en enlevant tout le parenchyme par les petits coups répétés d’une brosse un peu dure.

73. L’évasement de la feuille porte le nom de Zimbe (3) (fig. 417 c) ; les faisceaux de fibres qui la traversent en sont les nervures , dont la principale , formée par le prolongement du

(4) De petiolus, petit pied.

(2) De rupeyyuuu, épanchement.

(3) De limbus, développement.

ÉLÉMENTAIRE. 33 pétiole, est la côte ou nervure médiane (1). Si cette côte partage la feuille en deux moitiés semblables (fig. 49, 50), les nervures secondaires qui s’en détachent deux à deux , étant disposées comme des barbes de plume , se nomment , pour cette raison , nervures pennées (2). Elles sont diles nervures palmées (3), quand elles se divisent dès la naissance du limbe comme les doigts de la main (fig. 54, 70,71), sans présenter de côte médiane , mais trois , cinq , sept, neuf nervures principales , se ramifiant elles-mêmes en petites nervures pennées. Les feuilles du chou cabus ont leurs nervures pennées ; celles de la courge romaine les ont palmées.

74. La disposition des nervures dans les feuilles peut servir à distinguer les monocotylédones des dicotylédones. Dans les premières , comme le lis, les graminées , les nervures sont parallèles ou convergentes (4) et sans divisions. Dans les dicotylédones , au contraire , comme la vigne , la violette, elles sont ramifiées, divergentes (5), et forment un parfait réseau. Les aroidées , appartenant à la classe des monocotylédones , font exception à cette règle presque constante.

15. Si le parenchyme réunit toutes les nervures de manière qu’il n’y ait pas séparation totale de toutes leurs parties jusqu’à la côte médiane ( fig. de 44 à 72), la feuille est dite simple , quels que soient ses dentelures , lobes , divisions ou segments. On nomme feuilles composées celles où chaque nervure secondaire , formant elle-même une pelite feuille complète ou foliole , s'articule sur la grande côte , qui sert de commun pétiole (fig. de 73 à 80).

76. Il ne faut pas confondre la feuille simple avec la feuille entiére. Celle-ci, comme dans l’œillet , n’a absolument sur ses bords aucune échancrure (fig. de 48 à 52), tandis que la feuiile simple peut les avoir divisés plus ou moins profondé-

(1) De medium, milieu.

(2) De penna, plume.

(3) De palma, paume de la main.

(4) De convergens, tendant à se réuair.

(3) De divergens, tendant à s'écarter.

ment (fig. de 53 à 72 ). La feuille simple est dite dentée , quand les saillies sont courtes et aiguës et les enfoncements arrondis (fig. 32) ; dentée en scie ou serrée (4) (fig. 35), comme dans lortie , quand les dents et les enfoncements sont aigus et regardent le sommet ; crénelée , comme dans le Zerre terrestre ( fig. 58), quand les dents sont obtuses et les enfoncements aigus. Ces dentelures peuvent elles-mêmes être découpées , et alors la feuille est bé ou tridentée , bi ou triscrrée (fig. 62).

77. Il arrive souvent que les découpures qui bordent la feuille sont plus profondes que les précédentes. Alors la feuille est appelée lobée (2) (fig. 70) , si ces découpures sont larges et arrondies, sans s’étendre jusqu’au milieu du limbe; fendue ou fide (3) , si, sans atteindre ce milieu , elles sont aiguës et séparées par des enfoncements aigus ( fig. 68 ) ; partite (4), si elles s’avancent plus loin que le milieu (fig. 69); séquée (5) ou à segments , si elles arrivent très-près de la côte du milieu ( fig. 71, 72 ). La feuille peut être également bilobée , trifide , quadripartite,multiséquée (6), selon la quantité de ses lobes , fentes , partitions ou segments. La disposition des découpures est désignée par ces mêmes désinenses que l’on fait précéder du nom qui l'indique. Ainsi , ia feuille est pennatifide , quand les divisions sont disposées latéralement comme les barbes d’une plume ( fig. 69) ; paëmatiséquée , lorsque les segments partent de la même hauteur du limbe, en s’écartant comme les doigts de la main (fig. 11: 1249

Les feuilles pennatifides, pennatipartites ou pennatiséquées sont dites roncinées, quand leurs divisions sont aiguës ou recourbées en bas, comme dans la dent-de-lion (fig. 66), et /y-

(1) De serra, scie.

(2) De Xo60c, partie arrondie et saillante.

(3) De fidi, j'ai fendu.

(4) De partitus, partagé.

(5) De secatus, coupé.

(6) De bis, ter, quater, multum, deux fois, trois fois, quatre fois, beau coup,

ÉLÉMENTAIRE. 39 rées (fig. 64), quand, semblables à une lyre, elles sont Lerminées par un segment arrondi et beaucoup plus considérable que les autres divisions. Les feuilles palmatiséquées sont appelées pédalées (fig. 72), quand leurs segments sont disposés comme les pédales d’un piano.

18. D'après leur figure, les feuilles sont nommées ovales, quand le limbe présente la forme d’un œuf (fig. 48) : Ex. : la grande pervenche ; obovales, quand le gros bout de l'œuf est tourné en haut (fig. 52) : Ex. : le samole de Valérand ; elliptiques, c’est-à-dire en forme d’ellipse, ovale plus allongé et également élargi aux deux extrémités (fig. 50) : Ex. : le muguet odorant ; oblongues (fig. 35), en ellipse allongée, au moins trois fois plus longue que large, comme dans l’hélianthème commun ; lancéolées, oblongues, mais se terminant insensiblement en pointe (fig. 46) : Ex. : le laurier-rose ; linéaires, allongées et très-étroites, comme dans la plupart des graminées (pl. 3); subulées ou en alène, quand elles finissent insensiblement en pointe très-aiguë (fig. 45) : Ex. : le genévrier ; sétacées (fig. 80), c’est-à-dire semblables à des soies de sanglier, lorsqu'elles sont très-étroites, raides et aiguës, comme dans le cédre du Liban ; capillaires, c’est-à-dire fines et flexibles comme des cheveux : Ex. : l’asperge de nos jardins; filiformes, déliées et minces comme un fil : Ex. : les feuilles submergées de la renoncule aquatique; spatulées, en forme de spatule, c’est-à-dire étroites à la base, plus larges et arrondies au sommet (fig. 51) : Ex. : la pâguercitte ; en coin, cunéiformes, à peu près comme en spalule, mais plus larges et tronquées au sommet, comme dans la suxrifrage à feuilles en coin.

79. D’après les échancrures de leur base, les feuilles sont en cœur (fig. 57), quand elles ont de chaque côté de l’échancrure deux lobes arrondis, et qu’elles sont moins larges au sommet : Ex. : la violette hérissée; réniformes, en rein (fig. 58), plus larges que hautes, en cœur à la base et arrondies au sommet : Ex. : le Zierre terrestre ; sagittées (1), c’est-

(1) De sagitta, flèche.

à-dire en fer de flèche (fig. 59), aiguës au sommet, et à base prolongée en deux lobes pointus et presque parallèles : Ex. : la sagittaire ; hastées (1), c’est-à-dire en fer de lance (fig. 60), quand les lobes de la base sont très-écartés en dehors : Ex. : le gouet à feuilles tachées.

80. En les considérant par rapport à leur pétiole, les feuilles sont sessiles (2) (fig. 36), quand elles en sont dépourvues : Ex: le buis; pétiolées (fig. 35), quand elles en sont munies; peltées (fig. 54), lorsque le pétiole part du centre du limbe arrondi : Ex. : la capucine.

81. La disposition des feuilles relativement à la tige n’offre pas moins de variété, et leur a fait donner différents noms. Elles sont radicales (fig. #1), quand elles partent toutes du collet de la racine : Ex. : la primevére ; caulinaires (3) (fig. 35 à 40), lorsqu’elles accompagnent la tige : Ex. : la bourrache ; florales (fig. 83), quand elles sont voisines de la fleur; souvent alors elles sont colorées et ne sont pas différentes des bractées (fig. 83) : Ex. : lorigan.

On les appelle opposées (lg. 32), quand elles se regardent une à une de chaque côté de la tige : Ex. : la sauge; géminées (fig. 35), quand elles naissent deux à deux du même point de la tige : Ex. : la belladone ; alternes (fig. 36), quand elles sont disposées une à une et comme en échelons : Ex. : le tilleul ; éparses (fig. 31), lorsqu'elles sont dispersées sans aucun ordre : Ex. : la linuire commune; verticillées (4) (fig. 33), quand elles sont opposées plus de deux à deux : Ex. : tous les galium ; distiques (5), lorsqu'elles sont disposées sur deux lignes parallèles de chaque côté de la tige : Ex. : l’orme ; urilatérales, quand elies sont toutes rejetées d’un même côlé : Ex. : le sceau-de-Salomon ; et imbriquées (6),

(1) De hasta, lance.

(2) De sessilis, assis.

(3) De caulis, tige.

(4) De vertlex, tour.

(5) De tç, deux, et 71706, rang.

(6) D’imbrex, tuile.

ÉLÉMENTAIRE. 37 lorsqu'elles se recouvrent en partie comme les tuiles d’un toit : Ex. : le fhuya.

Enfin, on les nomme décurrentes (1) (fig. 39), quand le limbe ou le pétiole se prolonge sur la tige en aile adhérente (fig. 39 aa), comme dans le bouillon-blanc : la tige alors est dite ailée; amplexicaules (2) (fig. 37), lorsqu’elles embrassent la tige : Ex. : le pavot somnifére ; et engainantes (fig. 40), quand elles l’entourent d’une véritable gaine, comme dans le mais.

82. Quant aux feuilles composées (fig. 73 à 80), elles sont pennées ou ailées (fig. 76), quand les folioles s’articulent sur les parties latérales du pétiole commun, comme dans l’acacia ; et palmées ou digilées (3), lorsqu'elles partent toutes du sommet du pétiole commun, comme dans le marronnier d'Inde (fig. 74). Alors, s’il n’y a que trois folioles, comme dans le trèfle, la feuille est dite érifoliolée (fig. 73).

83. Les folioles des feuilles composées peuvent affecter toutes les formes, subir toutes les modifications des feuilles simples, et porter, par conséquent, les mêmes noms.

Tels sont les noms les plus communs donnés aux feuilles ; quant à ceux qui ne se rencontrent que plus rarement, ils seront expliqués dans le vocabulaire.

QUESTIONNAIRE

Qu'est-ce que Les feuilles? — De combien de parties se composent-elles? — Comment les drvise-t-on? — Quels soni les différents noms qui leur sont donnés ?

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