‹ Etude des fleurs, botanique élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 40 sur 389 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

CA

20 BOTANIQU $S 2. — INFLORESCENCE.

114. On nomme énflorescence (1) la disposition que les fleurs affectent sur la tige ou sur les organes qui les supportent. Elles s’y montrent avec une grande variété.

Les fleurs sont solitaires (fig. 81), quand elles naissent seules à seules, à différents points de la tige, et à d’assez grandes distances les unes des autres. Les fleurs solitaires peuvent être terminales ou aæillaires, selon qu’elles se déve- Ilcppent au sommet de la tige ou à l’aisselle des feuilles. La fleur de la éulipe est solitaire et terminale: les fleurs de la pervenche sont solitaires et axillaires.

415. On appelle géminées les fleurs qui sortent deux à deux d’un même point de la tige ; ternées, celles qui en sortent trois à trois ; fasciculées, c’est-à-dire en faisceaux, celles qui naissent plus de trois ensemble d’un même point; veréicillées (fig. 83), celles qui sont disposées en anneau autour d’un même cercle de la tige. La vicia sativa (gesse cultivée), qu’on trouve dans nos moissons, offre un exemple de fleurs géminées ; la germandrée à fleurs jaunes, qui croit dans le Midi, les a ternées; le cerisier commun les a fasciculées; ct Vortie blanche, le serpolet les ont verticillées.

416. D’autres fois les fleurs sont disposées en épi, grappe, panicule, thyrse où capitule : en éj;i (fig. 82 his), quand elles sont sessiles ou presque sessiles sur un pédoncule commun non divisé; en grappe (fig. 84), quand les fleurs sont pédonculées sur l’axe commun : le cytise aubour a des grappes ; en panicule (2) (fig. 82), lorsque l’axe commun se ramifie, et que ses divisions secondaires sont très-allougées et écartées les unes des autres : l’avoine, le roseau ont leurs fleurs en panicule ; en thyrse (3) (fig. 85), lorsque, comme dans le Lilas, les axes secondaires du milieu de la panicule s’allongeant plus que ceux de la base et du sommet, l’inflorescence a la forme d'un

(1) D’inflorescere, fleurir.

(2) De paniculus, petit panache.

(3) De Ovococ, sceptre de Bacchus environné de pampre et de lierre.

œuf : les fleurs y sont plus serrées que dans la panicule ; ct enfin en capitule (1), quand les fleurs sont très-serrées et rapprochées au sommet du pédoncule, de manière à former une tête plus ou moins arrondie, comme dans le éréfle.

417. Dans ces modes d'inflorescence, en épi, grappe, etc., les fleurs sont toujours plus ou moins en recouvrement, de manière à former une espèce de cône, soit penché, comme dans l’acacia, soit dressé, comme dans le froëne. Dans les trois modes qui suivent, elles sont disposées en plateau horizontal. Ce sont le corymbe, la cyme et l’ombelle.

Le corymbe (2) (fig. 87) existe, quand les pédoncules et Les pédicelles, partant de points différents, arrivent à peu près à la même hauteur : Ex. : l’achillée mille-feuilles.

La cyme (3) (fig. 88) a lieu, lorsque les pédoncules partent d’un même point, et Les pédicelles de points différents, mais qu’ils parviennent les uns et les autres à la même élévation : Ex. : le sureau, le cornouiller sanguin.

Enfin, dans les fleurs en ombelle (4), les pédoncules partent du même point pour arriver à la même hauteur. L’ombelle est simple (fig. 90), quand les pédoncules ne sont pas ramiliés ;elle est composée (fig. 89), lorsque les pédoncules se ramilient en pédicelles qui, comme eux, partent tous de la même hauteur et portent les fleurs au même niveau, de manière à figurer un parasol étendu. L’oignon de Florence à les fleurs en ombelle simple ; la racine jaune offre une ombelle composée.

Tels sont les modes d’inflorescence les plus ordinaires.

$S 3. — PRÉFLORAISON.

118. On appelle préfloraison (3) la disposition que les diverses parties d’une fleur affectent dans le bouton. Elle n’est

(1) De caput, tête, sommet.

(2) De xopum60ç, sommet.

(5) De xdua, vague.

(4) D’umbella, parasol.

(5) De præflorere, fleurir avant.

pas moins admirable que la préfoliation, et a, comme elle, son importance, puisqu’étant en général la même dans le mème genre, et quelquefois dans la même famille, elle peut servir de caractère pour les distinguer.

Ouvrez un bouton de rose, vous y trouverez les pétales se recouvrant latéralement les uns les autres par une petite portion de leur largeur : c’est ce qu’on nomme la préfloraison imbriquée.

Séparez les deux écailles vertes qui cachent les pétales d’un pavot avant leur épanouissement, vous les trouverez pliés sur eux-mêmes en tous sens : c’est ce qu’on nomme la préfloraison chiffonnée.

Le lierre qui grimpe contre nos vieux murs nous donnera un exemple de la préfloraison valvaire (1), c’est-à-dire des fleurs dont les pétales sont, dans le bouton, rapprochés bords bords, comme les battants d’une porte double.

Dans le bouton de la pervenche, des mauves ou de cette belle oœalis cernua dont nous avons parlé à propos du sommeil des feuilles, nous trouverons la préfloraison spiralée.

La belle-de-jour, le liseron ont leur corolle pliée sur ellemème à la manière des filtres de papier : c’est la préfloraison püée,

Enfin, dans le long calice de nos beaux œillets flamands, nous verrons un modèle de la préflorai.on quinconciale, c’està-Gire que nous trouverons les pétales au nombre de cinq (ii ne s’agit que de l’œillet simple), disposés de telle sorte qu’il y en a deux intérieurs, deux extérieurs, et un cinquième qui recouvre les intérieurs par un de ses côtés et les extérieurs par l’autre. |

Tels sont les modes de préfloraison qui se rencontrent le plus fréquemment.

Qu'est-ce que le bouton des fleurs ? — Comment s'appelle Le pied qui les supporle? — Quelle différence entre le pétiole, le pédoncule, le pédicelle,

(4) De vxiva, battant de porte.

ÉLÉMENTAIRE. D4 La hampe? — Qu'entend-on par tinflorescence? — Par fleurs solitaires, géminées, ternées, fasciculées, terminales, latéraies ou verliciilies ? — Par fleurs en épi, en grappe, en panicule, en thyrse, en capitule? — Par fleurs en corymbe, en cyme, en ombelle? — Qu'est-ce que la préfloraison? — Quand la nomme-t-0n imbriquée, chiffonnée, valvaire, spiralée, pliée, quinconciale ?

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