S. ALBA (L.). S. BLANC
Arbre à rameaux dressés; f. oblongues-lancéolées, acuminées, finement denticulées, à dents ascendantes, blanchâtres-soyeuses surtout en dessous et pendant leur jeunesse ; stipules lancéolées ; 2 étamines libres, à anthères jaunes; capsules glabres, à pédicelle égalant à peine la glande qui l'accompagne ; chatons contemporains. b. Avril-mai. (V. D.) j -
b. var. acuminata. Ucailles des chatons carpellés étroites, acuminées, plus
longues que les capsules, souvent rougeûtres, plus persistantes que dans le type.
Bord des eaux, prairies humides. C. C. C. — La var, b. Le Pont-d'Alaï (Chabert) ; Dessine.
1756. S. vireLLiNA (L.). S. JAUNE. (Vulg. Osier jaune.)
Diffère du précédent, auquel on le réunit souvent comme variété, 1° par ses rameaux plus souples, recouverts d’une écorce d'un beaw jaune ; 2 par ses f. glaucescentes en dessous, à peu près glabres dans leur vieillesse ; 3° par ses chatons à écaiiles plus étroites, plus allongées, moins velues. 4. Avril-mai.
Cultivé et souvent subspontané.
1757. S. FRAGILIS (L.). S. FRAGILE.
Arbre à rameaux fragiles quand ils sont bien développés; f. oblongues-lancéolées, longuement acuminées, finement denticulées, à dents un peu recourbées, légèrement soyeuses en dessous dans leur jeunesse, mais ensuite glabres sur leurs deux faces, bordées de dents de scie glanduleuses; stipules en demi-cœur ; 2 étamines libres, à anthères jaunes ; capsules glabres, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui l'accompagne; chatons contemporains. &. Avril-mai. (V. D.)
Endroits humides. — Rh. Pierre-Bénite; Beaunant; Francheville; Alix. — Loire. Bords du Lignon, à Chalmazelle ; bords du Vizézy, prés de Montbrison;
(1) Comme les stipules des Saules sont en général très-caduques, il faut les observer sur les rameaux stériles et vigoureux, où elles persistent davantage.
19° FAMILLE. — AMENTACÉES. BK
bords de la Loire, — Ain. Bords de la Saône, à Trévoux, à Reyrieux ; le Jura.
B. Ecailles des chatons persistant encore à la maturité des capsules.
1758. S. amyGDpaLINA (L.). S. AMANDIER. (Vulg. Osier brun.)
Arbrisseau à jeunes rameaux d’un vert foncé ou jaunâtre; f. lancéolées, acuminées, dentées en scie, très-glabres, glauques ou pâles en dessous, à fibres peu sailläntes ; stipules en demi-cœur : 3 étamines à anthères jaunes; capsules glabres, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons contemporains. b. Avril-mai. (Y. D.)
b. var. concolor (Koch). — S. triandra (L.). F. plus petites, d’un vert pâle ou peu glauques en dessous.
Endroits humides, bord des rivières. A. C.
— M. Chabert a trouvé, sur les bords du Garon, un Saule hybride entre les S. triandra et fragilis. Cette plante a les longs chatons du fragilis, dont les écailles sont très-velues; mais les étamines sont au nombre de 3 sur chaque Pts Ss le S. triandra-fragilis (Wiinm..), S. speciosa (Host), S. propendens
haub.).
1759. S. INcANA (Schk.). S. À FEUILLES BLANCHATRES. — S. riparia (Willd.). — S. lavandulæfolia (Lap.). — S. rosmarinifolia (Gouan).
Arbrisseau à rameaux verdâtres ou rougeâtres; f. lancéolées-
linéaires, acuminées, denticulées, roulées sous leurs bords, blan-
ches-cotonneuses en dessous, quelquefois même en dessus ; écailles
des chatons membraneuses et ridées en travers ; 2 étamines à filets
plus ou moins soudés; capsules glabres, à pédicelle 5 fois plus
long que la glande qui l'accompagne; chatons contemporains. #.
Avril-mai.
b, var. viridis. Ecorce verte; chatons arqués, beaucoup plus gros que dans le type.
c. var. angustifolia. — S. angustifolia (Poir.). F. étroitement linéaires.
Graviers et sables du Rhône et de l’Ain, etc. A. C. — Var. b. Iles du Rhône, à Vaux-en-Velin (Chabert). — Var. c. Iles du Rhône, au-dessous de Néron (Chabert). R,
++ Ecailles des chatons brunes ou noires au moins au sommet.
A. Anthères d'un beau rouge avant l'émission du pollen, devenant ensuite brunes ou noires.
1760. S. PuRPUREA (L.). S. POURPRE. — S. monandra (Hoffm.).
Arbrisseau à écorce olivâtre ou rougeâtre ; f. oblongues-lancéolées, acuminées, élargies au sommet, entières ou denticulées, planes sur les bords, glabres, glauques en dessous, noircissant par la dessiccation; 1 seule étamine formée de 2 à filets et anthères soudés dans toute leur longueur ; style très-court; capsules finement tomenteuses; chatons précoces et contemporains. b. Mars-avril. (V. D.)
Lieux humides, bord des rivières. CG. — La var. b, subspontanée dans les iles du Rhône sous Néron et en face du Grand-Camp, est cultivée sous le nom d’Osier rouge.
518 79% FAMILLE. — AMENTACÉES.
1761. S. nugra (Huds.). S. RouGE. — S. fissa (Ehrh.). — S. viréscens (Vill.). Arbuste à rameaux rougeûtres; f. lancéolées, acuminées, un peu roulées sous les bords, d’abord pubescentes en dessous, puis glabres quand elles sont adultes ; 2 étamines à filets soudés dans leur moitié inférieure ; style allongé; capsules tomenteuses ; chatons précoces et contemporains. b. Mars avril. Bords de la Saône et du Rhône. P. C.
1762. S. PoNTEDERANA (Gaud.). S. DE PonTE D’ErA.
Arbrisseau à rameaux d’un rouge brun ou jaunâtre et à bourgeons glabres; f. planes, oblongues-lancéolées, un peu élargies vers le sommet, courtement acuminées, dentées-crénelées, glauques et grisâtres en dessous, à nervures saillantes, réticulées et plus ou moins velues dans leur jeunesse; stipules petites, lancéolées ou demi-ovales, denticulées ; éfamines libres ou plus ou moins soudées par les filets, à anthères d’abord d’un rouge brique, puis noirâtres après l'émission du pollen; chatons gros, oblongs, trèsvelus, sessiles, précoces. b. Mars-avril.
Lieux humides — Ain. Dans le voisinage du fort de l’Ecluse (Rapin, cité par Reuter).
— Le pied à chatons staminiféres a seul été observé.
B. Anthères jaunes avant et aprés l'émission du pollen.
a. Capsule sessile ou courtement pédicellée.
4765. S. DAPHNOIDES (Viil.). S. FAUX DAPHNÉ,.
Arbre élevé, à rameaux sauvent couverts d’une poussiére trésfine, d’un blanc bleuâtre ou cendré ; f. très-grandes, fermes, elliptiques ou oblongues-lancéolées, acuminées, bordées de petites dents glanduleuses, un peu velues dans leur jeunesse, mais ensuite glabres, luisantes et d’un beau vert en dessus, glaucescentes en dessous; stipules en demi-cœur oblique, bordées, comme les feuilles, de dents glanduleuses; 2 étamines libres, longuement saillantes; style allongé; capsules glubres, d’un blanc luisant ; chatons précoces, couverts d’un duvet soyeux et grisâätre, d’abord ovoides et dressés, puis à la fin oblongs et arqués. 5. Marsavril.
Iles du Rhône, vis-à-vis Vaux-en-Velin, à Villette-d’Anthon et à Peyrieux, près Belley; Châtillon-les-Dombes. R. — Jardins paysagers.
1764. S, vrmiNaLIs (L.). S. DES vANNIERS. (Vulg. Osier vert.)
Arbrisseau à rameaux bruns ou verdâtres; f. lancéolées-linéaires, très-allongées, trés-entières, soyeuses-argentées en dessous, à bords enroulés pendant leur jeunesse ; sfipules linéaireslancéolées ; 2 étamines libres ; capsules soyeuses-pubescentes ; chatons, a uns précoces, les autres contemporains. 5. Mars-avril. (V. D.
Terrains humides, îles et bords du Rhône, C. — Cultivé.
792 FAMILLE. — AMENTACÉES. 519
b. Capsule à pédicelle allongé, 2 fois au moins plus long que la glande qui l’accompagne.
1765. S. SERINGEANA (Gaud., Bor.). S. DE SERINGE.
Arbrisseau peu élevé, à rameaux bruns, pubescents dans leur jeunesse; f. oblongues-lancéolées, légèrement dentées, à peine ruqueuses, veinées-réticulées, presque glabres et d’un vert foncé en dessus, d’abord tomenteuses-blanchâtres en dessous, puis devenant pubescentes-verdâtres; stipules obliquement ovales ou en demi-cœur, denticulées ; stigmates oblongs, sessiles ; capsules tomenteuses, à pédicelle 2 fois plus long que la glande qui l’accompagne ; chatons carpellés à écailles soyeuses. 5. Avril.
Lieux frais. — Ain. Dans une haie, sur la route, après le fort de l’Ecluse (Reuter).
— Le pied à chatons carpellés a seul été observé. Ce Saule est probablement hybride.
1766. S. ciNEREA (L.). S. CENDRÉ.
Arbrisseau à bourgeons et à jeunes rameaux couverts d'une pubescence cendrée ; f. elliptiques ou obovales-lancéolées, onduléesdentées sur les bords ou entières, obtuses ou terminées par une pointe droite, vertes et tomenteuses en dessus, fomenteuses et de couleur cendrée (rarement glaucescentes) en dessous ; stipules réniformes ; 2 étamines libres; séyle trés-court, à stigmates écartés en forme de V et souvent bifides ; capsules tomenteuses, à pédicelle 4-6 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons carpellés à écailles brunes, longuement velues. $. Mars-avril.
b. S. acuminata (Hoffm.). F. acuminées en pointe prononcée.
Prés et endroits marécageux. — Rh. Mares entre Tassin et Charbonniéres : bords du Rhône, au Grand-Camp. — Loire. Pierre-sur-Haute. — Ain. Environs de Belley; les Dombes, à Châtillon, etc. — 1s. Dessine, dans les marais.
1767. S. APPENDICULATA (Vill.). S. A LARGES STIPULES. — S. grandifolia (Ser.).
Arbre à bourgeons tomenteux ; rameaux d’abord tomenteux, à Ja fin glabres ; f. très-grandes, oblongues ou obovales, onduléesdentées et comme frisées sur les bords, terminées par une pointe droite, glabres et vertes en dessus, pubescentes, d’un glauque cendré et fortement veinées en dessous; stipules réniformes, irrégulièrement incisées-dentées, très-développées sur les pousses jeunes et vigoureuses; 2 étamines libres; style très-court, à 4 stigmates peu développés; capsules tomenteuses, à pédicelle 3-6 fois plus long que la glande qui l’accompagne; chatons carpellés à écailles fauves et non pas brunes, courtement barbues. b. Mars-avril.
Bois des hautes montagnes. — Ain. Le Jura, au-dessus d’Allemogne et de Thoiry; la Faucille; la Dôle. — Is. La Grande-Chartreuse.
1768. S. capræa (L.). S. Des cHÈvREs. (Vulg. Saule-marseau.)
Arbre ou arbrisseau à bourgeons glabres et à rameaux d’un brun luisant, pubescents seulement au sommet ; f. obovales, 0btuses, terminées par une petite pointe oblique, obscurément ri-
520 79° FAMILLE. — AMENTACÉES.
dées, tomenteuses et d'un glauque cendré en dessous, d'abord fine ment pubescentes et à la fin glabres en dessus ; stipules réniformes, très-caduques; 2 étamines libres; style très-court, à stigmates bifides; capsules pubescentes-tomenteuses, à pédicelle 4-6 fois plus long que la glande qui l’accompagne; chatons précoces, très-velus, d’abord ovoïdes, puis oblongs. b. Mars-avril. (V. D.)
Haies ei bois. C.
1769. S. AURITA (L.). S. A OREILLETTES.
Arbrisseau à bourgeons glabres et à rameaux grisâtres ou jaunâtres ; f. obovales, terminées par une petite pointe oblique, fortement ridées, tomenteuses et d’un glauque cendré en dessous, finement pubescentes et d’un vert grisâtre en dessus; séipules réniformes, assez lonquement persistantes ; 2 élamines à peine soudées à la base; style très-court, à stigmates gros et échancrés ; capsules tomenteuses, à pédicelle 3-4 fois plus long que la glande qui l'accompagne; chatons précoces, très-velus, de moitié plus petits que dans l’espèce précédente. b. Avril-mai.
Haies et bois humides, — Rh. Charbonnières, dans une mare entre le bois de l'Etoile et Tassin; Yzeron; Yvour. — Ain. Belley; Parves. P. C.
1770. S. pHyLLiCIFOLIA (L.). S. A FEUILLES DE PHYLLIS. — S. bicolor (Ehrh.).
Arbrisseau de 4 m. à 4 m. 50 c., à rameaux glabres, d’un brun noirâtre ou jaunâtre et luisant; f. ovales, elliptiques ou lancéoléee, entières ou finement et superficiellement denticulées, d’un beau vert en dessus, frés-glauques en dessous, d’abord pubescentes, à la fin trés-glabres; stipules en demi-cœur, à sommet oblique ; 2 étamines ; style allongé, à stigmates bifides ; capsules ordinairement tomenteuses, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui l’accompagne ; chatons précoces, les carpellés à écailles noirâtres. b. Mai-juillet.
Rochers humides des hautes montagnes. — Loire. Pierre-sur-Haute, enire Coleigne et Porché, et sur les bords des ruisseaux, entre Gourgon et Garnier. R.
4771. S. REPENS (L.). S. RAMPANT. — S. depressa (Hoffm.). — S. polymorpha (Ehrh.).
Sous-arbrisseau de 1-6 déc., à racine longuement traçante et à rameaux trés-minces, ordinairement rampants, quelquefois redressés ; f. elliptiques, oblongues ou linéaires-lancéolées, quelquefois ovales-oblongues, glabres et luisantes sur la page sup., pubescentes-soyeuses ou au moins glauques-blanchâtres sur l’inf., à fibres saillantes des deux côtés quand elles sont sèches ; stipules lancéolées, très-caduques ; 2 étamines libres ; style médiocre, à stigmates bifides ; capsules tomenteuses ou glabres, à pédicelle 2-3 fois plus long que la glande qui l'accompagne ; chatons précoces, ovales, très-petits. b. Avril-juin.
a, var. vulgaris (Koch). F. elliptiques ou oblongues-lancéolées, à bords un
peu roulés en dessous, glaucescentes ou soyeuses sur Ja page inf,; capsules tomenteuses.
79€ FAMILLE. — AMENTACÉES. 21 b. var. rosmarinifolia (Ser.). F. oblongues-linéaires, pointues aux deux extrémités; capsules tomenteuses.
c. var. fusca (Sm.). F. ovales-oblongues, glaucescentes et à peine soyeuses; capsules tomenteuses.
d, var. leiocarpa (Koch). Capsules glabres ou à peu prés.
Prairies marécageuses des hautes montagnes, — Loire. Pilat, au pré Layer; les Salles, au marais de la Prat; Pierre-sur-Haute. — Ain. Marais de Cormaranche, de Colliard et de Malbroude; le Vély.
— Le nom de S. depressa (Saule écrasé) conviendrait mieux à cette espèce que celui de S. repens. Il semble en effet qu’on ait marché sur la base de ses tiges et qu’elles ne se soient pas relevées.
1772. S. ARGENTEA (Sm.). S. ARGENTÉ. — S. repens var (Auct.).
Sous-arbrisseau à racine traçante, et à rameaux allongés, diffus, soyeux dans leur jeunesse; f. ovales ou presque orbiculaires, plus larges que dans l’espèce précédente, pubescentes-grisätres en dessus, même dans l’âge adulte, soyeuses-argentées en dessous ; chatons à écailles soyeuses ; capsules tomenteuses, longuemet pédicellées ; chatons précoces, oblongs, lâches, cylindracés. ÿ. Avril-juin.
Marais des hautes montagnes. — Loire. Pilat; Pierre-sur-Haute. R.
1775. S. amBieuA (Ebrh.). S. AmBIGu.
Arbrisseau un peu plus élevé que le S. repens, à jeunes rameaux rouges; f. obovales-elliptiques, entfiéres ou bordées de petites dents écartées, soyeuses et marquées de fibres saillantes seulement en dessous, terminées par une pointe déjetée de côté; stipules semi-ovales, dressées ; capsules tomenteuses, à pédicelle 3-4 fois plus long que la glande qui Paccompagne ; chatons contemporains. b. Avril-mai.
Lieux humides et marécageux. — Loire. Pierre-sur-Haute, à Gourgon. —
Ain. Bois humides des Volières, aux Echeyx; tourbières de Viry, pres de Dortan; le Jura. R.
** Chatons naissant tous de bourgeons terminaux.
1774. S. RETUSA (L.). S. À FEUILLES RÉTUSFS.
Très-petit arbuste à rameaux étalés sur le sol, où ils forment comme des gazons; f. très-glabres, à nervures secondaires simples et à peu près parallèles, obovales ou oblongues-cunéiformes. ordinairement arrondies et souvent même légèrement échancrées au sommet, quelquefois cependant terminées en pointe; 2 étamines libres ; capsules glabres ; chatons contemporains, placés à l'extrémité des ramuscules. b. Juiliet-août.
Rocailles humides des hautes montagnes. — Ain. Le Reculet et le Sorgiaz, sur la chaîne du Jura. — Is. La Grande-Chartreuse, au Grand-Som et à Charmansom.
— Le Myrica gale (L.) (Vulg. Piment aquatique) est indiqué par Gilibert dans les terrains marécageux de la Bresse. C’est un petit arbrisseau ramifié, à f. lancéolées, dures, obscurément dentées au sommet, et à fl. roussâtres et dioïques. Toute la plante, mais surtout le fruit, répandent une odeur forte et pénétrante.
Nous voici arrivés dans la famille des arbres verts (V. D.), c’est-à-dire de ceux qui ne se dépouillent jamais de leur feuillage, même pendant la saison des frimas. En élevant nos regards vers le ciel pour contempler leurs cimes majestueuses, n’oublions pas de bénir la Providence, dont ils sont un des présents les plus utiles : leur bois sert à toutes nos constructions ; leur résine est employée journellement dans la médecine et dans les arts; et quand vient le deuil de la nature, que les arbres abandonnent leurs feuilles flétries au souffle de l’aquilon, leur verdure persistante est pour nous un signe d’espérance, qui nous console des beaux jours perdus en nous en promettant le retour.
Asseyons-nous quelques instants sous leur sombre feuillage, et analysons leurs caractères distinctifs. Ce sont, comme nous venons de le dire, des arbres ou des arbrisseaux à feuilles persistant ordinairement pendant l'hiver et à suc résineux. Leurs fleurs sont monoiques ou dioiques ; celles à élamines sont disposées en chatons ; les carpellées deviennent des cônes ou strobiles à écailles membraneuses ou ligneuses et imbriquées, plus rarement des baies succulentes. Dans les premiers, les graines sont placées à la base des écailles, qui sont creusées pour les recevoir ; dans les baies, elles sont plus ou moins contenues dans une enveloppe charnue. L’embryon, cylindrique, placé au centre d’un périsperme charnu, offre tantôt 2 cotyléaons opposés, tantôt, et c’est le plus souvent, plusieurs cotylédons verticillés. Ce dernier caractère, quand il se présente, sépare les Conifères de toutes les autres plantes dicotylédonées.
1e TRIBU : ABIÉTÉES. — Fruit en forme de cône, formé d’écailles imbriquées, ligneuses ou coriaces.