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C. RHomBoIDALIS (L.). C. A FEUILLES RHOMBOÏDALES

Plante glabre ou plus ou moins velue.Tige de 2-5 déc. , droite, simple, anguleuse; f. toutes ovales-lancéolées, à l'exception des sup. qui sont quelquefois plus étroites, toutes dentées en scie, sessiles ou à peine pétiolées ; calice à tube glabre et à segments linéaires, d’abord étalés, puis réfléchis; corolle à lobes arrondis, mucronulés, peu profonds; f. bleues, rarement blanches, penchées et disposées en panicule unilatérale. %. Juin-août.

Bois et prairies des hautes montagnes : la Grande-Chartreuse ; le Poizat ; le Colombier ; le Jura. R.

1000. C. ziNiFoLra (Lamk.). C. A FEUILLES DE 11N.—C. Scheuchzeri (Lois. non Vill.).

Plante glabre ou presque glabre. Tige de 1-4 déc., grêle, simple, dressée; f. radicales ovales, quelquefois un peu en cœur, sinuées-dentées, pétiolées, ordinairement détruites au moment de la floraison, les caulinaires linéaires-lancéolées, trés-entiéres, à l'exception des inf., qui sont munies de 2-3 dents très-petites et espacées; calice à tube glabre et à segments linéaires, dressés ou peu étalés; corolle à lobes largement triangulaires, mucronulés au sommet; boutons et pédoncules étalés-ascendants avant la floraison ; fl. bleues, rarement blanches, peu nombreuses (2-6), en grappe simple. %, Juin-août.

Prés à Pilat, au Bessac ; le Jura. R.

CAMPANULACÉES. 301

1001. C. Scneucuseri (Vill.). C. DE SCHEUCHZER.

Tige de 6-12 centim., d’abord couchée, puis ascendante ; f. toutes munies de dents écartées, à l'exception des florales, les radicales ovales, quelquefois un peu en cœur, pétiolées, ordinairement détruites au moment de la floraison, les caulinaires ovales dans le bas de la tige, oblonques-lancéolees vers le milieu, linéaires dans le haut, rarement toutes linéaires ; calice à tube glabre et à segments subulés et dressés ; corolle en entonnoir, à lobes largement triangulaires, mucronulés au sommet ; boutons et pédoncules réfléchis avant la floraison; fl. d'un bleu foncé, solitaires ou 2-4 en grappe untlatérale. %. Juin-août.

b. C. Valdensis (Rchb.). F. et partie inférieure de la tige fortement hérissées de poils blancs et un peu rudes.

Prairies à la Grande-Chartreuse, au dessus du couvent.

— Enaoût 1846, j'ai trouvé à Charmansom, près de la Grande-Chartreuse, une Campanule que je ne puis rapporter qu’au C. Valdensis, quoique, par son port, elle en paraisse bien distincte. La tige, gazonnante, n’a guère que 4-5 centimètres de haut; elle est grêle, couchée à la base, puis redressée, rougeâtre et hérissée de poils blancs inférieurement; les feuilles, hérissées de poils blanes et rudes, sont toutes, à l'exception des sup., plus ou moins bordées de dents de scie écartées, ovales ou oblongues-lancéolées, acuminées, atténuées en un court pétiole, devenant de plus en plus étroites à mesure qu'on se rapproche du sommet ; le calice et la corolle ressemblent au calice et à la corolle du C. Valdensis , mais sont plus petits. — Elle vient contre les rochers.

1002. C. ROTUNDIFOLIA (L.). C. A FEUILLES RONDES.

Racine dure, quelquefois un peu stolonifère ; tige de 1-4 déc., dressée ou tombante, quelquefois couchée et à rameaux ascendants; f. radicales en cœur, ovales ou réniformes, bordées de grosses dents obtuses, longuement pétiolées, ordinairement détruites au moment de la floraison, les caulinaires inf. quelquefois lancéolées et bordées de quelques dents, les autres linéaires, très-étroites et très-entières ; calice à segments linéaires, dressés, mais un peu étalés gcorolle un peu resserrée inférieurement, à lobes triangulaires et mucronulés ; boutons et pédoncules dressés avant la floraison ; fl. d’un beau bleu, quelquefois blanches, disposées en panticule multiflore quand la plante est complète et bien développée. %. Juin-août. (V. D.)

Bord des chemins, rochers, vieux murs, bois, pâturages. C. C.

— On aurait peut-être pu donner un autre nom à cette plante, qu’on ne voit

presque jamais qu'à feuilles linéaires, parce que les radicales sont ordinairemeni détruites au moment de la floraison.

1003. C. PusiLLA (Haenk in Jacq.). C. FLUETTE. Tiges de 5-12 centim., grèles, velues et couchées à la base,

302 CAMPAXNULACÉES.

puis redressées, venant ordinairement par toufles ; f. racicales ovales-arrondies où un peu en cœur, bordées de grosses dents, longuement pétiolées, persistantes à la floraison, les caulinaires ovales-lancéolées, dentées et un peu petiolées dans le bas de la tige, linéaires, sessiles et entières dans le haut ; calice à segments linéaires, dressés ou un peu étalés; corolle hémisphérique-campanulée, non réticulée, à lobes dressés ; boutons et pédoneules penchés avant la floraison ; fl. d'un beau bleu de ciel, rarement blanches, peu nombreuses (1-4), en grappe terminale. &. Juin-août. (V. D.)

Sur la digue à la Tête-d'Or; bois et rochers à la Grande-Chartreuse.

— La variété de la Tête-d'Or a les feuilles glabres, un peu.épaisses et d'un beau vert; les tiges sont rougeitres et hérissées de poils blancs à la base. 1004. C. cæspiTosa (Senp:). C. GAZONNANTE.

Tiges de 6-20 cent., couchées à la base, puis redressées, venant par toulles, hiérissées dans leur partie inf. de petits poils blancs et étalés; f. radicales persistantes à la floraison, ovales-cunéiformes, bordées de grosses dents écartées et peu nombreuses, atiénuées en un pétiole un peu «ilé, égalant à peu prés le limbe en longueur ou le dépassant peu; f. caulinaires inf. semblables aux radicales, les sup. linéaires et entières; corolle oblongue-campanulée , offrant entre les nervures principales de petits réseaux transversaux, un peu resserrée au sommet au dessous des lobes, qui sont légèrement recourbés en dehors ; étamines ayant la base de leurs filets plus longue que large ; boutons des fl. penchés avant la floraison; fl. d’un bleu elair, quelquefois violacé, rarement blanches, en grappe ou en panicule pauciflore. &. Juin-août,.

Le Colombier , cascades de Charabottes ; rocailles entre Chézery et Lélex ;

route neuve de Tenay à Hauteville. — Je l’ai trouvée dans un champ de blé, entre le Bessac et Tarentaise, en 1845.

— On trouve à la Tête-d'Or, sur les saules, le C. subramulosa (Jord.). Je le décris tel que je l'ai sous les yeux.

kacinegdonguement stolonifère; tige de 1-2 dée., grêle, hérissée inférieurement RE poils blancs étalés, un peu ramifiée au sommet; f. minces, molles et glabres, Les radicales réniformes, longuement pétiolées, les caulinaires inf. et moyennes ovales, bordées de grosses dents, atténuées en un court pétiole, les sup. seules linéaires, entières et sessiles; corolle ovalecampanulée, non resserrée au dessous du sommet ; boutons des fl. penches avant La floraison; Î. d’un bleu violacé, quelquefois blanches, ordinairement en panicule, quelquefois cependant en grappe terminale. 2£. Juin-août.

— Ainsi qu'on le voit, cette plante a beaucoup de rapports avec le Campanula cæspilosa. Comme M. Jordan la dit apportée par le Rhône des montagnes du Bugey, ne serait-ce point la même plante modifiée par une température plus chaude et par la riche terre des saules dans laquelle elle s'est implantée? Pour trancher cette question, il faudrait récolter la graine du Campanula cœæspitosa des montagnes, la semer dans les conditions de sol et de lumpérature où se trouve le Campanula subramulosa de la Tête-d’Or, et observer plusieurs années es tndividus qui en naîtraient,

VACCINIÉES. 303 CCLXXXVE SPECULARIA (Heist.). SPÉCULAIRE.

Corolle en roue, partagée en 5 lobes; 5 étamines à filets dilatés à la base et à anthères libres; 4 style terminé par 3 stigmates ; capsule prismaltique , S'ouvrant vers le sommet par trois trous latéraux.

1005. S. specuzum (Alph. D. C.).S. miroir. — Prismatocarpus speculum (L'Hérit.).—Campanula speculum (L.). (Vulg. Miroir-de-Vénus.)

Plante pubescente-gristre. Tige de 1-4 déc., très-rameuse, à rameaux étalés ; f. finement crénelées, un peu ondulées, les inf. obovales et atténuées eñ un pétiole ailé, les sup. oblongues, sessiles et un peu embrassantes ; calice à lanières linéaires égalant à peu près les lobes de la corolle; jolies fl. d’un beau violet, avec un œil blanc au milieu, rarement entièrement blanches, disposées en panicule feuillée, ouvertes au soleil et se fermant la nuit. ©. Mai-août. (V. D.)

Moissons. C. C. C.

50° FAMILLE. — VACCINIÉES.

El suffit d’avoir habité quelque temps les pays de montagnes pour connaître les Airelles, en latin Vaccinium, qui forment l'unique genre de cette famille, à laquelle elles ont donné leur nom. Ce sont de très-petits sous-arbrisseaux dont les feuilles, alternes ou éparses, caduques ou persistantes , entières ou légèrement dentées, sont toujours dépourvues de stipules et portées sur de très-courts pétioles. Leur fleur, régulière, se compose d’un calice à bord entier ou à 4-5 petites dents couronnunt l'ovaire et adhérant avec lui, et d’une corolle monopétale, tantôt en grelot, tantôt campanulée, tantôt en roue. Les étamines, au nombre de 8-10 , sont insérées aussi bien que la corolle devant un disque crénelé placé au sommet du tube du calice. L’ovaire, infère, portant un seul style à stigmate entier, devient une baie globuleuse, à 4-5 loges polyspames, couronnée par les dents du calice ou par un petit enfoncement qui marque la place où elles étaient avant de tomber.

CCLXXXVIL Vacciniuu (L.). AIRELLE.

Caractères de la famille.

* Feuilles tombant chaque année.

1006. V. xyrTILLUS (L.). À. MYRTILLE.

Tige dressée, rameuse et anguleuse; f. molles, glabres et

304 ÉRICINÉES.

d’un vert pâle, ovales-lancéolées et finement denticulées ; corolle en grelot, à petites dents recourbées; baie d’un noir bleuâtre et à saveur acidulée; fl. blanches ou rosées, solitaires sur pédoncules axillaires. b. F.mai. Fr. juillet-août. (F3: ;

Bois des montagnes.

1007. V. uLIGINOSUM (L.) A. DES FANGES.

Tige dressée, rameuse, à rameaux cylindriques et non anguleux ; f. glabres, fermes et coriaces, obovales-obtuses et parfaitement entières , glaucescentes et veinées en dessous ; corolle en grelot ovale, à petites dents obtuses et recourbées; baie d’un noir bleuâtre ; . blanches ou rosées , portées sur des pédoncules agrégés, formant par leur réunion de petites grappes penchées. b. FI. mai-juin. Fr. Juillet-août. (V. D.)

Lieux tourbeux et marécageux : Pierre-sur-Haute, entre Loule et Pierre- Sonnante; le Grand-Som, à la Grande-Chartreuse; dans l'Ain, Colliard, le Jura.

** Feuilles persistantes.

1008. V. vitis Inæa (L.). A. pu Mont-Ipa.

Tiges fermes, dressées ou ascendantes; f. glabres, fermes, coriaces, obovales-obtuses, très-entières, d’un vert brillant et foncé en dessus , pointillées, d’un vert blanchâtre et à bords roulées en dessous; corolle campanulée, à lobes roulés en dehors ; baie rouge ; fl. blanches ou rosées, en grappes terminales. b. F1. mai-juin. Fr. août-septembre.

Päturages et bois secs : le Mont-Pilat: Pierre-sur-Haute; la Grande-Chartreuse; et dans l'Ain, le lac Silans, le Jura.

1009. V. oxycoccos (L.). À. cANNEBERGE. — Oxycoccos palustris (Pers.).

Tiges filiformes , rameuses, rampantes et entrelacées; f. petites , glabres , ovales-lancéolées et mucronulées , vertes en dessus, blanchâtres et à bords roulés en dessous; corolle en roue, à 4 segments réfléchis , si profonds qu’elle paraît polypétale ; baie rouge; fl. roses, solitaires sur des pédoncules allongés, fiifowmes , munis de deux petites bractées vers leur milieu. b. F1. mai-juin, Fr. août-septembre.

Marais tourbeux : Pilat, à Praveille, dans le grand bois; Pierre-sur-Haute ,

EVA MR le Goure et Chevelière ; dans l'Ain, marais de Colliard et du ura,

31e FAMILLE. — ÉRICINÉES.

C'est la Bruyère, en latin Erica, qui a donné son nom à cette élégante famille. Parmi les nombreuses espèces qui composent ce genre, nous n’en possédons qu’une seule, celle qui est répandue à peu près partout ; mais si elle est la plus

ÉRICINÉES. 305 commune, elle n’est ni lamoins belle ni la moins intéressante. Vers la fin de l'été, elle jette sur nos collines arides son manteau de fleurs roses, qui repose agréablement les regards, et sur lequel le botaniste trouve, pour se délasser de ses fatigues, un siége plus riant et surtout plus sûr que le trône

-des rois. Les Bruyères ne sont pas les seuls membres de cette famille ; on y rencontre encore le Raïsin-d’ours aux graines de corail, le Rosage ferrugineux qui rougit les flancs des Alpes de ses corolles empourprées , et les Rhododendron ses frères, venus de l'Asie et de l'Amérique, qui, avec les Azulées, sont l’une des plus magnifiques conquêtes de nos serres et de nos jardins.

Laissons pour un moment ces beaux étrangers, et revenons à nos Ericinées indigènes pour les soumettre aux lois de l’analyse scientifique. Ce sont des sous-arbrisseaux ou des arbrisseaux à feuilles toujours entiéres et sans stipules, alternes, éparses ou verticillées. Le calice, persistant, est monosépale, mais divisé quelquefois si profondément que les segments paraissent libres, La corolle, insérée à la base du calice, est monopétale, à 4-5 dents, lobes ou divisions. Les étamines, au nombre de 4-5 ou bien de 8-10, sont insérées sur le réceptacle ou à la base de la corolle; mais, toujours libres, elles ne lui adhérent jamais. L’ovaire, supére, terminé par 4 seul style à stigmate simple , devient un fruit tantôt charnu et indéhiscent , tantôt capsulaire et s’ouvrant de diverses manières. Les graines qu'il renferme sont toujours sans aile ni membrane.

CCLXXX VII. ARBUTUS (L.). A RBOUSIER.

Calice à 5 divisions profondes ; corolle en grelot ovale , à 5 dents roulées en dehors ; 10 étamines à anthères s’ouvrant au sommet par 2 trous et munies sur le dos de 2 petits éperons ; fruit charnu à la maturité. 1

1010. A. uva ursr (L.). A. RAISIN-D'OURS. — Arctostaphyllos officinalis (Wimm. ét Grab.), (Vulg. Busserole, Raisin-d'ours.) Sous-arbrisseau à figes couchées et rampantes ; f. oblonguesobovales , persistantes , trés-entiéres, glabres, d’un vert foncé et brillant, épaisses et fermes comme celles du Buis; baie globuleuse, lisse, rouge à la maturité , à 5 loges renferman£ chacune une graine osseuse (1-2 graines manquent quelquefois); fl. blanches et un peu rosées, en petites grappes penchées. &. FI. avril-mai. Fr. juillet-août. (V. D.)

La Grande-Chartreuse, route du Sappey; grange sur le Mont au nord de Nantua; sapins sur la rout de Chézery à Lélex (Ain).

306 ÉRICINÉES.

1011. A. azbina (L). À pes Arpes.— Arctostaphyllos alpina (Spreng ). Diffère du précédent 4° par ses f. obovales, caduques, denticulées, ciliées et couvertes de petites rugosités en forme de réseaux ; 2° par ses fruits, qui sont d’un noir bleuatre à la maturité; 3° par les anthères des étamines, dont les petits éperons sont nuls où peu développés. Les fl. sont blanches, à gorge verdâtre, en petites grappes penchées et peu fournies. b. FI. mai. Fr. juillet-août.

Le Reculet (Gren. et Godr.); la Grande-Chartreuse, à Saint-Hugon (Villars).

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