CCCCXV. Eupnorgra (L.). EUPHORBE
Fleurs monoiques, toutes renfermées dans un périanthe commun, qui est campanulé et terminé par 8-10 dents, dont 4-5, membraneuses ou herbacées, sont des lobes proprement dits, et les 4-5 autres, alternant avec les premières et couvertes en dessus d’un disque charnu et glanduleux, sont nommées glandes pétaloidales ; 10-20 fleurs à étamines où plus, consistant chacune en À seule étamine et insérées à la base du périanthe commun; ovaire central, longuement pédicellé, surmonté par 3 styles libres ou soudés à la base ; capsule formée de 3 coques monospermes, se séparant à la maturité de l'axe central et persistant qui les réunit, et s’ouvrant avec élasticité. Plantes à suc laiteux, herbacées dans notre Flore, à fleurs disposées ordinairement en ombelles munies d’un involucre à la base, et, au dessous des étamines, de 2 bractées représentant l’involucelle.
* Glandes pétaloidales arrondies ou ovales, mais non échancrées en croissant.
+ Capsule lisse outrès-finement ridée, mais jamais tuberculeuse. 1355. E. HELtoscopIA (L.). E. RÉVEILLE-MATIN.
Tige de 2-4 déc., droite, ordinairement simple ; f. éparses, obovales-cunéiformes, finement denticulées au sommet; graines brunes, évidemment ridées en réseau; ombelles à 5 rayons, chaque rayon ayant 3 branches, dont chacune est dichotome ; fl. à bractées jaunûtres. ©. Juin-octobre. (V. D.)
Lieux cultivés. C. C. C.
1356. E. GERARDIANA (Jacq.). E. DE GÉRARD.
Racine dure, presque ligneuse, produisant plusieurs tiges ; tiges de 2-5 déc., droites, simples ou présentant quelques rameaux fleuris au dessous de lombelle; f. glauques, éparses, linéaires-cunéiformes, mucronées, {rés-entières ; ombelle à rayons nombreux, dressés, ordinairement dichotomes, rarement simples ; bractées ovales, mucronées; graines blanchätres, lisses ; fl. à bractées jaunes. %. Mai-août.
Lieux secs et sablonneux : Saint-Alban, près Lyon; Oullins; Yvour; la Pape; plaine de la Valbonne, etc. A. C.
TT Capsule munie de tubercules saillants.
1357. E. PLATYPHYLLOS (L.). E. À LARGES FEUILLES.
Tige de 5-10 déc., droite, munie ordinairement de rameaux florifères au dessous de l’ombelle ; f. éparses, les inf. obovales, atténuées en pétiole, les autres oblongues-lancéolées, sessiles, presque en cœur, finement denticulées au moins au sommet; ombelle communément à 5, rarement à 3-4 rayons divisés en 3 branches, 1-2 fois bifurquées ; bractées ovales-triangqulaires , mucronées; capsule assez grosse, munie de tubercules arrondis; graines lisses, d'un gris brun métallique ; À. à bractées verdâtres passant au jaune. ©. Juinseptembre.
Saulées d'Oullins; la Tète-d'Or; Villeurbanne; Charbonnières; l'Argentière, etc. P. KR.
1358. E. srricra (L.). E. Ratpe. — E. micrantha (Steph.).
Diflère de la précédente 1° par sa tige ordinairement moins élevée ; 2° par les ombelles, qui sont ordinairement à 3 rayons, rarement à 5; 3° par la capsule 2 fois plus petite, hérissée de tubercules cylindriques; 4° par la couleur des graines, qui sont d’un brun rougeälre. ®. Juin-septembre.
Lieux cultivés, fossés, bord des champs. A. C.
— Longtemps confondue avec la précédente, cette espèce se rencontre plus fréquemment.
EUPHORBIACÉES. 423 1359. E. pucis (L.). E. poux. — E. purpurata (Thuill.). — E. solisequa (Rchb.).
Racine jaunâtre, rampante ; tige de 2-6 déc., droite, pubescente, émettant souvent des rameaux florifères au dessous de l’ombelle ; f. éparses, molles, oblongues, très-finement ciliées-denticulées dans leur moitié antérieure, les inf. atténuées à la base et trés-courtement pétiolées; ombelle à 5 rayons, 1-2 fois bifurqués, rarement simples; inmvolucre à 5 folioles ovales, ciliées-denticulées ; bractées ovales-triangulaïres, tronquées et méme un peu en cœur à la base ; capsule parsemée de tubercules épars, inégaux, obtus ; graines lisses, grisâtres; glandes pétaloidales ordinairement d’un rouge foncé, rarement d’un jaune pèle; fl. à bractées vertes. %. Avril-juin.
Bois humides : Saint-Alban, près Lyon; vallon d'Oullins; Tassin, Chaponost; bords de la Brevenne ; dans l'Ain, bords de l’Albarine, à Saint-Rambert ; au dessus d'Hotonne en Valromey, le long de la nouvelle route, etc. P. R.
1360. E. verrucosA (L.). E. À CAPSULE VERRUQUEUSE.
Tiges de 2-6 déc., dures à la base, d’abord étalées, puis redressées ; f. éparses, ovales ou oblongues, sessiles ou presque sessiles, finement ciliées-denticulées sur les bords ; ombelle à 5 rayons, une ou deux fois trifides ; involucre à 5 folioles ovales ; bractées ovales-elliptiques, atténuées à la base, au moins d’un côté ; capsule rude, chargée de petites verrues courtes et cylindriques ; graines lisses, ovoides, brunâtres ; fl. à bractées. jaunes pendant la floraison, devenant vertes à la maturité. %. Avril-juin et automne. (V. D.)
Pâturages humides. A. C.
1361. E. pazusrRis (L.). E. DES MARAIS.
Tige de 5-10 déc., droite, émettant au dessous de l’ombelle un grand nombre de rameaux, dont les sup. sont florifères ; f. éparses, nombreuses, oblongues-lancéolées, atténuées à la base; ombelle irrégulière, à rayons nombreux, partant de hauteurs différentes ; bractées elliptiques, obtuses, atténuées à la base ; capsule trés-grosse relativement à celle de l'espèce précédente, couverte de verrues courtement cylindriques ; graines lisses, luisantes, brunûtres; fl. à bractées jaunes pendant la floraison, devenant vertes à la maturité. %. Mai-juillet.
Pâturages humides, marais, fossés : Vaux-en-Velin, Villeurbanne; Dessine.
** Glandes pétaloidales plus ou moins échancrées en croissant. + Graines ponctuées ou ridées en réseau; plantes annuelles ou bisannuelles.
1362. E. PerLus (L.). E. PÉPLUS.
Tige de 1-3 déc., droite ; f. éparses, vertes, molles, ovales
ou obovales, arrondies au sommet, les caulinaires distinctement pétiolées ; ombelle à 3 rayons, 2-4 fois dichotomes ; bractées ovales, obtuses, obliquement coupées à la base; capsule glabre, à coques présentant chacune © ailes rapprochées Sur les angles ; graines d’un gris cendré, creusées sur un côté de 2 sillons longitudinaux et marquées sur les autres de petits trous disposes par lignes régulières : fl. à bractées vertes. @. Juin-novembre.
Lieux cultivés. C. C. C.
1363. E. cxiçua (L.). E. FLUET.
Tige de 1-2 déc., grêle, dressée, ascendante ou couchée à la base; f. éparses, sessiles, linéaires, d’un vert glaucescent ; ombelle régulière, à 3-5 rayons dichotomes ; bractées üinéaires-lancéolées, arrondies et presque en cœur à la base ; glandes pétaloidales échancréesen croissant, offrant 2 longues cornes ; capsule glabre et lisse; graines d’un gris cendré, ridées en travers; fl. à bractées glaucescentes. @. Maiseptembre.
Champs et lieux cultivés. A. C.
1364. E. FALCATA (L.). E. A GLANDES FALCIFORMES.
Tige de 1-5 déc., ordinairement étalée et très-rameuse, quelquefois droite et presque simple ; f. éparses, atténuées à la base, toutes mucronées, les inf. spatulées, obtuses ou échancrées, très-caduques, les autres lancéolées, aiguës ou acuminées; ombelle irrégulière, à 3 (rarement 5) rayons étalés, plusieurs fois bifurqués ; bractées ovales, mucronées, arrondies obliquement et un peu en cœur à la base ; glandes pétaloïdales échancrées en croissant, mais à cornes courtes, ayant la forme d’une petite faucille; graines d’abord rougeûtres, à la fin grisètres , marquées de petits sillons transversaux ; fl. à bractées d’un vert jaunâtre. ©. Juillet-octobre.
Terres cultivées, champs pierreux: Écully; Oullins; Villeurbanne; la Pape ; et dans l'Ain, de Belley à Saint-Germain-les-Paroisses ; la Burbanche ; environs de Saint-Rambert; Thoiry. A. R.
1365. E. LarHYRIs (L.). E. ÉPURGE.
Tige de 6-12 déc., droite, rameuse, cylindrique, grosse et ferme, couverte d’une poussière glauque surtout au sommet ; Î. opposées, disposées sur 4 rangs réguliers, sessiles, oblongues, un peu en cœur à la base, vertes en dessus, glauques en dessous ; ombelle très-grande, ordinairement à 4 rayons dichotomes; bractées oblongues , aiguës, très-grandes ; glandes pétaloïdales échancrées en croissant, à cornes courtes et obtuses ; capsule très-grosse, à angles arrondis et sillonnés ;
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graines rousses, ponctuées de brun, ridées en reseau; A. à bractées d’un vert jaunâtre. ©. Juin-juillet. (V. D.)
Sainte-Foy-lès-Lyon, autour des habitations; la Pape, dans le bois au dessous du château : sous Pierre-Châtel ; Lit-au-Roy, près Belley, etc. P. C.
++ Graines lisses ; plantes vivaces.
1366. E. cypanisstas (L.). E. À FEUILLES DE cyprës. (Vuls. Tithymale.)
Tige de 1-5 déc., émettant pendant la floraison, au dessous de l’ombelle, des rameaux la plupart stériles; f. éparses, sessiles, linéaires, celles des rameaux plus étroites que celles de la tige, les inf. de la tige plus courtes que les sup. et caduques ; ombelle à rayons nombreux, simples ou 4-2 fois dichotomes; bractées ovales, un peu en cœur, plus larges que longues; glandes pétaloïdales à cornes courtes; fl. à bractées d’un vert jaunâtre. %. Avril-septembre. (V. D.)
Lieux secs et stériles, bord des chemins. C C. C.
— Cette plante offre souvent ses feuilles couvertes de points roussâtres, qui ne sont autre chose qu’un petit champignon parasite nommé œcidium Euphorbiæ. Sous l'influence de ce parasite, elle s’étiole et ne peut fleurir. Dans cet état, elle a été décrite comme espèce sous le nom d’Euphorbia degener.
1367. E. EsuLA (L.). E. ÉSULE.
Très-voisine de la précédente; en diffère 1° par sa souche plus dure, presque ligneuse ; 2 par les rameaux venant au dessous de l’ombelle, qui sont la plupart floriféres ; 3° par ses feuilles beaucoup plus larges, quoique étroites : de plus, leur lonqueur va en diminuant depuis la base de la plante jusqu'à son sommet. Les feuilles sont d’un vert mat, les glandes pétaloïdales d’un blanc jaunâtre, et les fleurs ont leurs bractées d’un beau jaune pendant la floraison. %. Juin-août.
Pâturages, saulées : Oullins ; Saint-Genis -Laval ; bords de la Saône.
— L'E. pinifolia (D. C.) est indiqué à Rossillon (Ain) dans l’herbier du savant M. Auger, qui avait exploré pendant de longues années la Bresse et le Bugey. D'apres de Candolle, cette espèce ou variété a beaucoup de rapports soit avec l'E. esula, soit avec l'E. cyparissias. Elle à du premier la souche dure, presque ligneuse, et du second les feuilles linéaires, celles des rameaux surtout, qui sont sensiblement plus étroites que celles de la tige. Elle diffère de tous les deux par la longueur de ses feuilles, qui atteignent jusqu’à 6-7 cent. et par le petit nombre des rayons de son ombelle, qui sont ordinairement de
5 à 7. — Cette espèce méridionale n’a pas, à notre connaissance, été retrouvée à Rossillon.
1368. E. zucipa (Waldst. et Kit.). E. A FEUILLES LUISANTES. — E. esula (Balbis, non L.).
Tige de 4-6 déc., droite, émettant au dessous de l’ombelle des rameaux, les uns stériles, les autres floriféres ; f. oblonques-lancéolées, insensiblement attenuées depuis le milieu jusqu'au sommet, obtuses, glabres, d'un vert brillant en dessus, un peu glauques en dessous ; ombelle à rayons nombreux, bifurqués ; bractées ovales-triangulaires où ovales-rhomboï-
dales, obtuses, mucronées; glandes pétaloidales d’abord Jaunes, puis passant au brun; fl. à bractées jaunâtres. %. Juillet-août.
Saulées, lieux humides, à Perrache et à Yvour. :
— Cette espèce, confondue par Balbis avec l'E. esula, se rencontre à feuilles plus ou moins larges et plus ou moins longues. La variété que nous trouvons chez nous est la var. latifolia de Koch.
1369. E. syLvarica (L. et Jacq.). E. pes Bois. — E. amygdaloides (L.).
Tige de 4-8 déc., dressée, dure à la base, pubescentevelue au sommet, émettant au dessous de lombelle principale de nombreux rameaux florifères; f. pubescentes, obovales-oblongues, atténuées en pétiole, rapprochées au milieu de la tige florifère ; ombelle à5-8 rayons, 1-2 fois bifurqués ; bractées soudées ensemble à la base; glandes pétaloïdales échancrées en croissant, à cornes assez allongées; capsule glabre ; fl. à bractées d’un vert jaunûtre. %. Maï-juin.
Bois taillis, haies ombragées. A. C.