‹ Étude des Indications et de la Technique des Buttées ostéoplastiques dans les subluxations et luxations congénitales invétérées de la HancheChapitre 21 sur 38 · PURE · texte numérisé non relu

PURE

Du fait seul que la tête a un appui désormais correct contre un toit cotyloïdien la surplombant horizontalement : ": .

1° L’articulation retrouve sa, stabilité. Le membre peut supporter le poids du corps ; en outre, les douleurs disparaissent. On ne saurait trop insister sur ce fait que c’est le mouvement d’ascension de la tête, le déplacement vertical qui est douloureux dans ces hanches subluxées ou luxées, et non pas le roulement de la tête dans le cotyle.

2° L’articulation retrouve sa mobilité : l’ankylose n’est pas à craindre, car le volet se présente le périoste en bas et l’opération est extra-capsulaire. Le fait que la tête, dès qu’elle est garantie contre toute ascension, reprend tous ses mouvements, flexion, extension, abduction, sans douleur, prouve bien que c’est le seul mouvement d’ascension qui est responsable des phénomènes douloureux.

À l'appui de ce fait, nous possédons en dehors des luxations congénitales, une observation très caractéristique

OBSERVATION

S... Jean, 17 ans, est porteur d’une coxalgie avec pseudarthrose intra-cotyloïdienne responsable : 1° d’une grosse infirmité flexion de la cuisse avec adduction, raccourcissement important; 2° de douleurs empêchant la marche.

Il est opéré le 15 mars 1926 : on lui fait une arthrodèse extraarticulaire.

Revu le 8 novembre 1926, il dit que ses douleurs ont disparu : or, sa hanche est restée mobile dans la flexion et l'extension, c'était donc le tiraillement dans le sens vertical qui était nocif.

Notons, en passant, que ce malade présente encore une légère

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flexion; l'examen montre que le trochanter est postérieur ‘par rapport à l’axe vertical qui doit passer par le cotyle et le fémur. A la marche, le tronc a une bascule postérieure, il n’y a pas de vrai Trendelenburg: j

Cette observation corrobore donc l’opinion que nous avons exposée sur le déséquilibre antéro-postérieur lié à la mise en place trop postérieure de la tête par rapport à l’axe que nous avons précisé.

Ce qui rend cette Denain plus intéressante encore à nos yeux, c’est qu’une radiographie toute récente montre que les arcs-boutants greffés se sont fragmentés et qu’en fait, le malade est porteur d’une butée sus-cotyloïdienne.

Ainsi donc, la constitution d’une butée pour une hanche luxée, est une opération parfaitement logique, et si nous en voulions une autre preuve, nous la trouverions inscrite dans les clichés radiographiques de certaines subluxations où l’on voit qu’au-dessus de la tête subluxée est apparue spontanément une ébauche de butée osseuse : elle se traduit de face par un véritable bec osseux prolongeant horizontalement en dehors le toit du cotyle.

On comprend dès lors, que cette opération idéale donne des résultats particulièrement satisfaisants dans les luxations réductibles et les subluxations pour lesquelles on peut parler de guérison :

— Je sujet peut rester en équilibre en portant tout le poids du tronc sur son seul membre opéré ;

— Jes douleurs disparaissent, de même que la fatigue à la marche et le Trendelenbur£g ;

— le raccourcissement est diminué, et ce qui en per-

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siste dans le cas d’une tête et d’un col déformés peut être compensé par une talonnette.

Dans les luxations irréductibles intermédiaires ou antérieures, le bénéfice tiré de l’intervention est encore considérable : disparition des douleurs rendant la marche plus facile, résistance plus grande à la fatigue, le port d’une chaussure surélevée devient possible (puisque la tête est appuyée), et peut atténuer le raccourcissement.

En définitive :

le membre opéré devient portant, récupère ses mouvements ;

les douleurs sont supprimées ;

seule la boîterie peut persister : et on ne pourra guère promettre sa disparition que quand il s’agira d’enfants jeunes chez qui l’on aura supprimé ou considérablement atténué lle raccourcissement, et surtout chez qui le groupe des fessiers profonds aura gardé sa valeur physiologique.

I peut arriver d’ailleurs, dans le cas d’une luxation intermédiaire, que l’on ait à parachever l’œuvre entreprise, et à pratiquer après butée, soit une ostéotomie si le membre a tendance à se remettre en adduction ou garde en partie son attitude vicieuse primitive, soit une transposition des fessiers si le Trendelenburg persiste, réimplantation basse conseillée par Veau et Lamy.

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