‹ Étude des Laryngocèles: Pathogénie; Traitement ChirurgicalChapitre 21 sur 31 · AR ES · texte numérisé non relu

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habité. Pour qu'il y ait laryngocèle, il faut qu’il soit insufflé ». Mile Sonia Gluckberg.

2° Laryngocèle interne :

La poche fait issue dans la cavité laryngée à un niveau variable : Quelquefois, elle apparaît immédiatement au dessus de'la bande ventriculaire (peut-être dans ces cas une profondeur anormale du ventricule de Morgagni n'est-elle pas nécessaire à sa formation).

Le plus souvent, la poche endo-laryngée fait saillie, ou a son pédicule d'insertion, plus haut, à un ou deux centimètres au dessus de la corde vocale supérieure.

Examen microscopique :

Tous les examens histologiques pratiqués se ressemblent dans les grandes lignes. Nous citons intégralement le plus complet d’entre eux : Brémond 1928.

La paroi de la poche est constituée de -dedans en dehors par :

1° Un revêtement épithélial muqueux, composé de hautes cellules cylindriques à mucus, en général polystratifié mais réduit par place à deux couches de cellules (parfois une seule). Mais il est rare, même dans ces derniers cas de ne pas trouver quelques cellules génératrices fertiles appuyées sur la basale.

20 Une couche lympho-conjonctive. L'infiltration Iymphoïde, de densité variable, varie depuis les traînées discrètes de cellules rondes jusqu’à la formation de véritables follicules clos avec centres clairs germinatifs.

3° Une couche assez épaisse fibro-conjonctive riche en collagène est parcourue par de nombreux petits vaisseaux ou capillaires gorgés de sang.

Cet examen microscopique plaide en faveur de l'origine congénitale des laryngocèles. Nous retrouvons en eftet (Brémond) une muqueuse en tous points comparable à la muqueuse du ventricule et, sous cette muqueuse, une infiltration Iymphoïde qui rappelle la formation lymphatique que Frankelavait signalée au niveau de l’appendice ventriculaire de Morgagni et qui lui avait même fait donner à cet appendice, pour cette raison, le nom « d’amygdale laryngienne ».

SYMPTOMATOLOGIE

Laryngocèle externe

Ses caractères ‘en imposent facilement le diagnostic. Elle se traduit avant tout, cliniquement, par l’existence d’une tuméfaction cervicale sonore, réductible, impulsive à la toux.

L’inspection permet de préciser le siège de cette tuméfaction. Celle-ci est rarement médiane. Presque toujours, elle est latérale, comblant la gouttière située normalement entre l'appareil laryngé et le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien.

Nous avons dit déjà comment l'existence d’un plan musculaire résistant, formé de part et d'autre de la ligne médiane par les muscles thyro-hyoïdiens, obligeait la hernie laryngée à s’extérioriser latéralement.

Les dimensions sont variables. La laryngocèle est habituellement du volume d’une noix. Rarement, elle est plus petite. Quelquefois, comme dans notre observation, elle peut atteindre les dimensions d’une orange.

La forme est régulière, sphérique.

Les téguments recouvrant la tuméfaction sont demeurés normaux, Leur coloration n’a pas varié. Ils ont

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conservé toute leur mobilité sur les plans profonds.

L'inspection permet surtout de relever un symptôme plus significatif et qui, à lui seul, suffit déjà à différencier cette poche gazeuse des autres tumeurs du cou : la tuméfaction cervicale est capable de variations de volume réglées par le fonctionnement respiratoire : elle suit l'impulsion de la toux. Une expiration forcée, le nez et la bouche étant fermés, augmente considérablement sa tension. Quelquefois même, et ces faits rappellent ceux que l’on peut observer au niveau du canal inguinal lorsqu'il s’agit d’une simple pointe herniaire, la laryngocèle ne s’extériorise qu’à l’occasion de la voix ou d’un eflort vocal et elle s’affaisse aussitôt que cesse tout eflort respiratoire.

A la palpation, on peut limiter facilement la tuméfaction cervicale et en particulier préciser ses rapports avec le bord antérieur du sterno-mastoïdien en arrière, le bord inférieur du maxillaire en haut,

La main qui palpe a l'impression particulière de rénittence. La consistance élastique de la tuméfaction rappelle assez celle d’un ballon moyennement gonflé.

Les téguments n’adhèrent pas à la tuméfaction mais celle-ci est solidaire des plans profonds. Elle tient au larynx, elle lui adhère, elle le suit dans ses mouvements d’ascension.

Une pression douce et continue peut arriver à réduire complètement la tuméfaction externe. C'est là un<ymptôme important, capable d'affirmer à lui seul la communication existant entre la poche cervicale et la cavité laryngée, |

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Cette réduction s'accompagne inconstamment d’un sifflement ou d’un bruit de gargouillement perçu par le malade et par l’entourage.

La percussion révèle un autre symptôme précisant la nalure gazeuse de la tumeur : la sonorité tympanique.

Tous ces symptômes parmi lesquels surtout : l’impulsion à la toux, la réductibilité, le tympanisme, suffisent pour affirmer le diagnostic de poche aérienne en communication avec le larynx.

Très accessoirement, et ces constatations ne pourraient guère avoir d'intérêt que dans les cas-de petites laryngocèles sur lesquelles il est difficile d'apprécier la sonorité ou dans les cas de laryngocèles non réductibles et ne suivant pas l’impulsion de la toux, d’autres méthodes d'examen peuvent apporter leurs enseignements.

La radiographie permet de constater latéralement, en dehors de l'ombre du conduit laryngo-trachéal, une image claire, sphérique ou ovalaire, bien limitée.

La ponction exploratrice permet de vérifier le contenu aérien de la tuméfaction.

Mais ce sont là presque toujours des épreuves superflues, tant le diagnostic est facile.

Laryngocèle interne

Un fait nouveau apparaît avec cette variété de laryngocèle. C’est l'existence de symptômes fonctionnels : dysphonie et dyspnée.

La dysphonie est à peu près constante mais elle est va-

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riable dans ses modalités et n’a rien de caractéristique.

Le plus souvent, la voix est rauque mais sans avoir un timbre autre que celui observé dans une laryngite chronique banale. |

La gêne respiratoire est inconstante. Seule, une poche intra-laryngée de dimensions assez importantes est Capable de provoquer de la dyspnée.

A l'examen, la laryngocèle interne se traduit par l'existence, à l’imérieur de la cavité Jaryngée, d'une tuméfaction à caractères bien spéciaux :

Cette tuméfaction est de volume variable (noisette, noix). Elle est le plus souvent de forme arrondie, sphérique. Quelquefois elle est allongée dans le sens antéropostérieur ou étranglée à sa partie médiane, bilobée.

Lorsqu'elle est de faibles dimensions, on peut facilement apprécier le siège latéral et le point d’implantation sur la paroi laryngée au niveau ou au-dessus de la bande ventriculaire.

Lorsque la poche est plus grosse, elle occupe toute la cavité laryngée. Elle masque à la fois les cordes vocales, les bandes ventriculaires, les aryténoïdes et dans ce cas, il peut être malaisé d'en préciser le point d'insertion.

La surface est régulière, lisse. Elle est sillonnée de nombreuses arborisations vasculaires.

La coloration est rose clair, rappelant assez celle du ballon de baudruche gonflé sous pression.

La poche est mobile à l’intérieur de la cavité du larynx. Le plus souvent, son volume ne varie pas avec les mouvements respiratoires.” Quelquelois, cependant,

à chaque expiration ou à chaque mouvement de phonation, la poche se gonfle el se tend davantage sous la pression de l’air pénétrant à son intérieur.

Quelquefois même, la tuméfaction laryngée n’apparaît qu’à l’occasion de la phonation. Quand l'inspiration reprend, elle se dégonfle et disparaît. L’exploration au stylet permet d'apprécier la mobilité de la poche et surtout met en évidence un symptôme important et suffisant pour éliminer la possibilité d’une tumeur solide intra-laryngée : la tuméfaction est molle, dépressible.

Tuméfaction sphérique, régulière, rosée, mobile, dépressible. Surface sillonnée par des rameaux vasculaires nettement visibles par transparence. Possibilité de variations de volume suivant le rythme respiratoire, tels sont les grands symptômes permettant d'affirmer facilement le diagno:tic de laryngocèle interne.

Laryngocèle mixte

Son tableau est fait de l’adjonction des symptômes caractérisant les deux formes précédentes. Nous signalerons simplement un fait particulier établissant mieux que tout autre, cliniquement, la-solidarité existant entre les deux poches intra et extra-lar yngée : la compression de la laryngocèle externe, suivie de son affaissement, provoque une augmentation de volume de la laryngôcèle interne et partant, une augmentation des symptômes fonctionnels occasionnés par cette dernière, dysphonie et surtout gêne respiratoire. Ce fait, toute-

fois n’est pas obligatoire. J1 exige, pour se produire, l'existence d’une communication anatomique suffisamment large entre les deux poches.

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