LE VÉSUVE
bancs épais de 2 à 3 mètres, inclinés au nord de 25 degrés et entre lesquels sont des lits de scories et de tufs.
Une couche de tufs s'est amassée sur la partie inférieure du versant N. Des filons de lave sillonnent Tinlérieur de la masse.
Le versant S très abrupt est élevé de 400 mètres audessus du pied du cône du Vésuve qui porte, en ce point, le nom de col de la Somma et un peu plus au S celui de Atrio del Gavallo.
Sur la ligne droite Vésuve-Vultur se trouvent : les Êtuves de Néron, Monte-Nuovo, la Solfatare, lago del Dragone.
La direction Vésuve — cratère d*Arso053^) passe par : Ëpomeo, point culminant dlchia, lac d'Ansante et elle épouse la fissure de la grande éruption de 1631 d'où, à chaque crise, s'échappent encore aujourd'hui des mofettes ; elle passe ensuite à Herculanum.
Une droite N.-O. S.-E. passant par le sommet du Vésuve touche : le cratère de Roccamonflna, Pompéï.
Enfin, une quatrième direction Vésuve-Monte San-Angelo recoupe Cas lellamare et les sources minérales de Strabie.
Telles sont les principales fissures diamétrales — ou plans éruptîfs — dn Vésuve (voir n* 50).
Les minéraux du Vésuve proviennent du col de la Somma et de TAtrio ; ils sont le résultat de Taction métamorphique des laves sur des enclaves calcaires et dolomitiques.
Le cône proprement dit s'élève droit, et au centre du cratère se trouve un second cône également formé de débris qui a disparu bien souvent pour se reformer plus tard.
La lave du Vésuve est basique, c'est une leucitophyre dont les cristaux de leucite, souvent gros comme des noix, sont de la première consolidation, c'est-à-dire qu'ils ont été formés dans les profondeurs et ultérieurement charriés par la lave en fusion.
238. — L'un des résultats (') les plus curieux de Téruption de 1850 est d'avoir produit une sommité qui est devenue le poiut culminant de la montagne.
Depuis 1850, rien n'annonçait rapproche d'une éruption si si ce n'est, peut-être, le nombre et la haute température des fumerolles du sommet, lorsque le 14 décembre 1854, à 8^,30 du soir, s'ouvrit au pied occidental du Palo et dans la portion sensiblement plane du plateau supérieur, une cavité conique, presque circulaire, dont le diamètre et la profondeur sont évalués tous deux à 80 mètres.
Dans la matinée du 1" mai, vers 4 heures, pendant que du sommet de la montagne s'échappait une quantité extraordinaire de fumée, ce qui durait depuis trois jours, un sombre mugissement répété parles remparts de la Somma annonça le commencement d'un nouvel et terrible embrasement. Il se forma d'abord .'quatre bouches qui vomirent de la lave et des blocs incandescents au milieu de la fumée, de sorte que, dans la soirée du 1" mai, il y en avait onze. Toutes ces bouches se sont ouvertes dans la direction du gouffre de décembre, sur la pente sud du cône, pente rapide et couverte de lapilli.
Tous ces cratères sont à peu près sur une même ligne ce qui indique que la montagne s'est déchirée suivant une fissure, dans toute sa longueur.
Le cratère supérieur émit peu de laves, mais les plus bas vomirent des laves abondantes et liquides.
La vitesse d'écoulement des laves oscilla entre 2 et 6 mètres par seconde sur des pentes dont l'inclinaison varia de 3 à 36 degrés.
En 1883, le cône central du cratère lançait des débris laviques parsemés de petits cristaux d'augite, tandis que, par les bords de l'ancien cratère, la leucitophyre se déversait.
(4) C. R., XL. p. 1247.