‹ Etude des Représentations Pathologiques dans l'Art EgyptienChapitre 37 sur 44 · RS GE · texte numérisé non relu

RS GE

Ce bas-relief a suscité des discussions nombreuses, Mariette, Schrumpf-Pierron pensent que la reine n’est pas naine ; en effet elle est de la même taille que son mari qui la précède ; cependant on ne peut l’affirmer puisqu'on sait que les Egyptiens faisaient représenter les hauts personnages plus grands que les serviteurs «ils n'auraient pas représenté une reine petite, futelle naine». Après que Schweinfruter l’eut comparée aux femmes de la race Bushman, elle fut considérée longtemps comme stéatopyge!. Regnault en 1900 insiste sur la lordose et sur la micromélie des membres inférieurs, caractères qui n'existent pas chez les stéatopyges, et pense qu'il s’agit d’une achondroplase partielle. En 1902 P. Richer soutient le même diagnostic. Cependant l’existence d’un syndrome lipomateux comparable à celui décrit par Dartigues et Bonneau dans la nouvelle Iconographie de la Salpétrière 1889, permet au Docteur Regnault en 1913 de faire une analogie entre les paquets de graisse de la reine et les lipomes de la femme représentée sur une photocollotypie de cet ouvrage. Michiels est du même avis ; tandis que M. Carel fait rentrer dans le cadre

1. On sait que la stéatopygie fut fort en honneur parmi les anthropologues, il y a une cinquantaine d’années. Une théorie même a été bâtie basée sur sa prétendue fréquence pour expliquer l’origine des premiers habitants du bassin méditerranéen. On sait maintenant que la stéatopygie est beaucoup plus rare qu’on a voulu le croire. Le Dr

Massoulard n’a pu relever que de très rares exemples dans les représentations de l’état archaïque (communication orale).

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d’adénolipomatose symétrique de Babonneix et Seves-

tre le cas de cette reine monstrueuse.

En réalité aucun de ces diagnostics ne satisfait l'esprit. Et tandis que certains auteurs déclarent leur incompétence (Ruffer), d’autres en fin de compte la considèrent comme un type complexe présentant d’une part la lordose et la micromélie de l’achondroplasie, d'autre part une lipomatose monstrueuse.

Un point de vue beaucoup plus interéssant est soutenu par Sloman.

Pour cet auteur il s’agit avant tout d’une luxation congénitale bilatérale de la hanche ; quant à l’hypertrophie graisseuse elle serait un caractère accessoire.

Le raccourcissement des membres inférieurs procède du déplacement en haut le long de la face antérieure du bassin, des têtes fémorales. Le centre de gravité du bassin finit par être situé beaucoup plus en arrière du centre de gravité du tronc d’où bascule du bassin en avant; une lordose de compensation retablit l'équilibre du corps.

L’obésité serait secondaire à j'impotence et à l’inactivité. La reine a des enfants adolescents et on sait que la luxation congénitale à l'inverse de la lipomatose ne rend pas stérile. L'accouchement, surtout pendant le jeune âge, peut avoir lieu. Les traits de

plus sont exagérés par l’artiste pour amuser la reine

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Hatshepson. Il ne faut pas oublier que la reine de Pount est une étrangère, arrivant d’une tribue lointaine du domaine colonial. Elle n’était pas représentée pour elle-même mais pour servir de distraction

par le spetcacle de ses difformités.

Tolstoï 6

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