Examen radiologique
Cet examen, en permettant de faire la preuve d’une tumeur et de la situer, revêt une importance capitale. Toutefois, la radiographie de l'intestin grêle, malgré les progrès réalisés ces dernières années, n’est exempte ni. de difficultés ni de causes d'erreur ; même dans les mains les plus expertes le diagnostic radiographique n’est posé que dans la moitié des cas environ : 20 fois sur 43 tumeurs du grêle observées par Porcher.
Bien des techniques d’exploration ont été préconisées. De l'avis de tous la technique normale avec transit suivi d'heure en heure est en général insuffisante. Il faut préférer la méthode du « grêle glacé », ou la technique qui‘utilise le tube de Miller Abott certainement encore plus fidèle mais qui a l’inconvénient d’immobiliser le radiologue de longues heures. Porcher insiste sur le fait qu’il faut pourtant en arriver à une étude continue du grêle qui n’est possible qu'avec l’amplificateur de brillance. Lui seul autorise une « exploration prolongée et inoffensive et permet par la chronoradiographie associée de saisir instantanément les aspects jugés utiles ».
Dans de telles conditions, et en dehors des images indirectes d'occlusion, l’on peut observer 4 types d’images :
a) Des images trompeuses.
Le plus bel exemple en est la niche qui s'explique parfaitement par la présence fréquente d’une cavité intratumorale en rapport avec la lumière intestinale. Une niche duodénale de ce genre chez le malade de Bourgeon ne pouvait que faire évoquer un ulcus.
b) Des images non spécifiques de sténose.
La sténose, soupçonnée devant un gros allongement du transit, sera signée par un arrêt total ou partiel de la baryte avec dilatation du segment sus-strictural. On est parfois frappé par
DE
l'importance des images radiologiques de sténose qui s'oppose à la discrétion des signes eliniques. Ainsi Porcher cite le cas d’un malade porteur d’üne tumeur du grêle qui présentait un état nauséeux isolé, sans vomissements, sans amaigrissement, sans hémorragies, chez qui l'examen clinique était négatif et pourtant « il fallut attendre 6 heures pour avoir un mince passage en aval d’un énorme mégaduodénum et mégajejunum ».
c) Des images de présomption.
Ainsi toute anomalie, tout effacement des plis en une Zon£ déterminée de l'intestin grêle devra faire suspecter une tumeur.
d) Des images de certitude.
Dans les cas heureux la baryte peut mouler les contours de la tumeur comme ce fut le cas dans l’observation que nous rapportons et dans celle d’Hamilton où n'existait cependant aucun signe de sténose.
Le diagnostic de tumeur de l'intestin grêle posé, une enquête étiologique recherchera si cette tumeur ne s'intègre pas dans un tableau plus général.
IT. — La recherche d’une maladie de système
Il s’agit là d’une règle générale et nous avons en mémoire une observation récente d’angiome de l'intestin grêle dont le diagnostic préopératoire fut posé par élimination devant une hémorragie intestinale chez une femme présentant des angiomes multiples.
Dans un certain nombre de cas, de l’ordre de 20 % -— 8 de nos observations — il est possible de retrouver les signes de la schwannomatose diffuse, Maladie de Recklinghausen. Cette affection dans sa forme complète se caractérise par :