Hémorragies avec tumeur sans M. de Recklinghausen
‘ Ogs. n° 10 de Kônig (1932).
Une femme de 40 ans est hospitalisée pour une hémorragie intestinale avec syndrome péritonéal.
La palpation permet d’objectiver une tumeur.
A l'intervention, on découvre une tumeur de l'intestin grêle. Une résection est pratiquée.
L’examen anatomo-pathologique affirme Je diagnostic de schwannome bénin de l'intestin grêle.
Guérison.
OBs. n° 11 de Arnvig (1937).
Il s’agit d’un homme de 47 ans, hospitalisé pour hémorragie intestinale.
TAexamen permet de découvrir une tumeur abdominale.
À l'intervention : tumeur du grêle enlevée par résection intestinale.
L’examen histologique montre qu'il s’agit d’un schwannome du grêle’
sans signes de dégénérescence.
Guérison.
OBs. n° 12 de MM. Carpentier, Benelli, Laporte et Gandin (1951).
M. Henry B.., âgé de 49 ans, entre à J’hôpital Maritime de Lorient, le
SAGE PA INRA
20 février 1950, pour « hémorragies intestinales graves à répétition. sans signes radiologiques de lésion organique ». :
Le premier épisode remonte à 1943. époque à laquelle le marin étant a bord d’un pétrolier dut être débarqué d'urgence dans le Golfe Persi que pour des hémorragies intestinales qui nécessitèrent une transfusion Nous ne possédons pas d’autres renseignements sur les examens qui furent pratiqués à cette époque.
Rapatrié, il reprend une vie normale, n’accusant aucun trouble pendant 2 ans ; puis il présente une deuxième hémorragie en 1945. Nouvelle accalmie complète pendant 4 ans, mais en 1949 l’hémorragie se reproduit avec le même caractère spontané que précédemment, mais cette fois beaucoup plus abondante.
Le malade est hospitalisé à cette époque à Marseille : sa formule sanguine est à 2.180.000 et son état nécessite à nouveau une transfusion. Les examens pratiqués à cette époque : rectoscopie, transit gastrointestinal sont normaux. Un lavement baryté ne montre que quelques spasmes sur le colon. Le malade quitte Marseille en novembre 1949, nettement amélioré mais sans que l’examen clinique ait pu révéler une masse abdominale et sans diagnostic précis.
A son entrée à l'Hôpital de Lorient, le 20 février 1950, le sujet est en bon état général. L’abdomen n’est pas ‘douloureux dans l’ensemble, mais la palpation permet de déceler une masse dans la région para-ombilicale droite. Cette masse est mal limitée, mate, assez fixe. Le reste de l'abdomen est souple, non douloureux. Selles normales. Pas de vomissements.
Au toucher rectal on ne perçoit rien d’anormal. L'examen des autres appareïls est négatif.
Cependant la réaction de Meyer dans les selles est très positive
Un lavement baryté montre une progression normale du lavement le long du cadre rectocolique sans aucune image lacunaire.
C’est donc seulement en 1950, soit seulement 7 ans après la première manifestation de la maladie que l’on # pu constater une masse abdominale s’accompagnant d’une réaction de Meyer fortement positive. Le malade n’est pas anémié et l’on se propose de recourir à d’autres investigations quand, à la suite d’un lavement baryté le 1* mars 1950, apparaissent de violentes crises abdominales, avec défense de la paroi au niveau de la masse. Météorisme diffus et température. Un cliché de l'abdomen montre un météorisme de degré moyen sans segment particulièrement dilaté. L'apparition de ce syndrome péritonéal rend l'intervention urgente : elle est pratiquée le 4 mars 1950.
Laparotomie para-médiane droite. Territoire contenant un peu de liquide séro-sanguinolent, On tombe sur une masse grosse comme deux poings, s’implantant sur l’iléon à 50 cm environ de l'angle iléo-coecal. Cette masse est recouverte d’adhérences à l’iléon et au colon. Au cours de leur libération la masse se fissure et laisse échapper un liquide fécaloïde. Aspiration. Une fois la libération terminée, résection large du segment de l’iléon où s'implante la tumeur. Rétablissement de la continuité par anastomose latéro-latérale. l
Fermeture en un plan total sur un Mickuliez.
ERP re
Soins post-opéraloires : plasma, tonicardiaques, pénicilline, streptomycine, aspiration continue. P Là
Les suites sont normales et le malade sort cicatrisé le 3 juin 1950. Revu en octobre 1950, il est en parfaite santé.
A la coupe, la tumeur se révele de consistance charnue assez ferme, mais moins qu'un fibrome utérin par exemple. Elle s'implante sur le bord libre de l'intestin. Son centre est creusé par une cavité irrégulière, nécrotique qui s’ouvre par un pertuis.dans la lumière intestinale. A l'opposé, cette cavité anfractueuse arrive sous le péritoine qu’elle a perforé : cette perforation est évidemment à l'origine du syndrome péritonéal apparü en cours d’hospitalisation . On pense devant ces lésions à une tumeur du diverticule de Meckel et la pièce est adressée au laboratoire.
L'examen anatomo-pathologique (médecin de {"° classe Durand) affirma la nature schwannomateuse de la tumeur.
Og8s. n° 13 de MM. Gaudin, Rautureau, Lagarde, Goutz et Garnier (1953). oO
Marguerite N…, 61 ans, entre à l’hôpital Maritime de Toulon le 25 janvier 1933. parce qu'elle a constaté à deux reprises, le 10 décembre 1952 et le 10 janvier 1953, la présence d’un peu de sang rouge dans ses selles. |
Elle ne signale pas d’autres troubles intestinaux, en particulier pas de douleurs, pas de constipation. Son appétit est bon, son état général excellent. Elle n’a pas de fièvre. F e
Rien à retenir dans ses antécédents. Elle a eu un enfant, a fait une fausse couche. Elie a été méncpausée à 42 ans.
La palpatioi: de l’abdomen, rendue Gifficiie par l’adiposité de la paroi, permet de seatir dans la fosse iliaque droite, une masse dure, douloureuse, assez régulière, de la dimension d’un œuf de poule, un peu mobile transversalement, semblant appartenir au coecum. Il n’y a pas de défense de la paroi. ;
Le toucher vaginal et le toucher rectal n’apportent aucune précision dans le diagnostic. Les autres appareils sont normaux.
La recherche chimique du sang dans les selles est positive. L'examen parasitologique montre quelques kystes d’entamoeba coli. La formule sanguine est normale, de même que les diverses formules sérologiques.
La rectosigmoïdoscopie ne décèle pas d'image pathologique de ja muqueuse.
Un lavement baryté (Lagarde) donne les résultats suivants : la progression du baryum s'effectue normalement dans le cadre colique jusqu’au bas fond coecal. La palpation de cette région est légèrement douloureuse. La valvule de Bauhin se,laisse franchir : la dernière anse iléale est opacifiée : son diamètre est augmenté sur le film en réplétion.
Cette opacification du segment terminal de l'iléon est homogène sur les 3 cm environ qui précèdent l’abouchement iléo-coecal : ensuite une mince couche de baryum délimite une clarté polylobée qui paraît traduire une masse intra-iléale. |
Sur le film en évacuation les images sont plus nettes et il semble que
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lon puisse affirmer l'existence d’une masse intra-iléale de 3 cm de diamètre environ, dont la limite inférieure est à faible distance de l’abouchement iléo-coecal, la Hmite supérieure ne pouvant être précisée de façon certaine. |
L'intervention est décidée est faite le 16 février 1953 (Rautureau et Garnier).
Incision de Mac Burney. Le coecum et l’'appendice sont normaux. On sent à l’intérieur de l’iléon, à 5 cm äe l’abouchement dans le coecum. une tumeur dure, pédiculée, ayant les dimensions d’une noix, qui a tendance à s'engager dans la valvule de Bauhin ; la dernière anse iléale est adhérente dans la profondeur.
Il n'existe pas d’adénopathies mésentériques : libération de cette anse. Résection des 15 derniers centimètres de l’iléon. Rétablissement de la continuité par anastomose iléo-colique latéro-latérale.
Pénicilline et streptomycine localement. Fermeture de la paroi sur drain.
Suites normales. La malade quitte l'hôpital le 3 mars 1953.
L'examen anatomo-pathologique a montré qu’il s'agissait d’un schwannome de l’iléon, sans aucun caractère actuel de malignité.
Il faut noter que les auteurs signalaient absence de symptômes cutanés de maladie de Recklinghausen.
4, — Hémorragies sans tumeur et sans maladie de Recklinghausen
Ogs. n° 14 de MM. Lemonnier et Peycelon (1932).
M. M... âgé de 46 ans, en pleine santé apparente, éprouve le 25 février 1938, un malaise suivi d’une selle sanglante abondante. Son médecin, le Dr Demurger, de Balbigny, le rassure et lui conseille de garder la diète et le repos absolu.
Une nouvelle selle sanglante dans la soirée provoque une consultation médicale vers minuit (Dr Bouysset). Le malade iest pâle, inquiet. Pouls : 96. Température à 37°6. Un traitement d’attente est institué (arhémapectine, ergotine, opium...).
Le lendemain matin, le malade se plaint d’une soif très vive et d’un ballonnement abdominal accompagné de l'émission de gaz particulière: ment fétides. À la fin de la journée : pouls à 96, température à 37°3.
Brusquement, reprise du moelena, accompagné cette fois de phénomènes généraux alarmants. Au milieu de la nuit l’un de nôus est appelé d'urgence en consultation et demande au Dr Bouysset de l'accompagner, à toutes fins utiles, avec le matériel nécessaire à. une transfusion.
Le malade nous apparaît d’une pâleur cireuse, le nez froid, le pouls filiforme, la tension maxima à 7. Un demi-litre de sang rouge vient encore d’être expulsé. Le palper prudent de l’abdomen n’éveille aucun point douloureux. Le foie et la rate sont normaux. É
L’interrogation précise simplement l'existence ancienne de douleurs gastriques discrètes. M. M... a toujours joui d’une parfaite santé et a
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fait toute la guerre. dont une partie en Orient. Il est père de 8 enfants. Ni éthylisme, ni paludisme ne peuvent être retenus et le diagnostic probable reste celui d’un ulcus duodénal saignant.
Une transfusion est immédiatement pratiquée de 350 gr. de sang prélevé à l’un de nous, donneur universel. Injections d'Anthéma, de sérum gélatiné. Le pouls se relève notablement.
Avec instance, le conseil est donné au malade d'accepter d’être transporté à Rounne (30 km) le lendemain matin et sous la promesse qu'un traitement chirurgical ne serait pas immédiatement envisagé.
Hospitalisé le 27 février, M. M. est suivi de très près sans que rien d’anormal ne se produise pendant les journées suivantes. Des injections intra-veineuses de Normet sont régulièrement pratiquées en même temps que du goutte à goutte rectal et du sérum sous-cutané. La tension maxima. remonte à 11, en même temps que l'état général se relève. Pouls : 90.
Le 3 mars, après une nuit agitée, le malade présente à nouveau des signes non douteux d’hémorragie interne grave sans que le moelena soit encore extériorisé. On fait appel immédiatement aux donneurs et 700 gr. de sang sont transfusés en 2 fois entre 10 et 17 heures. Néanmoins la tension reste à 7. Dans ces conditions l’intervention chirurgicale nous paraît une absolue nécessité. Il semble, en effet, que l’hémorragie a atteint un seuil au-delà duquel toute reprise de saignement peut amener une mort rapide malgré des transfusions massives.
Intervention à 19 h. Schleich. Incision médiane sus-ombilicale. La palpatiop de la région prépylorique fait découvrir près de la petite courbure un ulcère d’aspect nacré ayant les dimensions d’une pièce de 1 franc. Les doigts dégantés en vérifient l'épaisseur. Ligature des artères pyloriques et gasiro-épiploïque droites, gastro-entérostomie postérieure transmeso-colique au catgut lent en 3 plans. :
L'intervention ne paraît pas satisfaisante car ni l’estomac ni le duodénum ne renferment du sang. Par contre, le colon transverse est distendu par les caillots.
Dans le but de rechercher à Huel niveau commence l’hémorragie, le grêle est examiné à partir du segment sous-jacent à l’anastomose. 30 cm. plus bas, il apparaît rempli de sang. Juste en amont de cette zone, le jéjunum présente une induration pariétale du volume d’une amande aplatie. Résection segmentaire du grêle (10 cm.) et anastomose terminoterminale au catgut lent en 3 plans.
Immédiatement après l’intervention le malade très shocké, reçoit 1.500 cm3 de Normet I.V. Le pouls réapparaît très plein à 120. Le lendemain matin, T° à 39°5, agitation, délire. Décès dans la soirée.
Examen macroscopique de la pièce : tumeur sous-muqueuse de l’intestin grêle du volume d’une amande et ayant l’aspect d’un myome. Il existe une petite ulcération circulaire de la muqueuse (3 mm. de diamètre) qui a déterminé l’hémorragie.
L'examen histopathologique permet d'affirmer le schwannome.