HISTORIQUE
Divers auteurs ont étudié ces modifications des températures locales.
Le premier, Claude BERNARD, par des sondes thermo-électriques, a exploré la température de l'appareil circulatoire. On se rappelle ses interventions sur le grand sympathique de la région cervicale et sur le grand nerf sciatique, dont la section amenait une élévation de la température au niveau des territoires intéressés.
Mais il faut arriver à Brown-SEquarD et à Lom- BARD, en 1861, pour voir ébaucher une étude thermoélectrique des températures cutanées, sujet que traita 5 ans plus tard Gassor dans sa thèse.
Dans celle-ci, Gassor notait déjà les variations de température locale dans les névroses.
Pour lui, la congestion d'origine nerveuse est directe, si elle occupe la région même où se distribue la branche nerveuse affectée ; elle est réflexe si elle se produit dans une région plus ou moins éloignée de celle qui a subi l'influence pathologique.
Toute lésion du sympathique vaso-moteur amène la dilatation capillaire, si on considère que presque tous les nerfs sont mixtes, on comprend facilement que les diverses affections nerveuses puissent OCCasion-
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ner des congestions directes ou réflexes, et par conséquent des élévations de température.
Quelle que soit la cause de la névrose, quelle qu'en soit la modalité : mobilité ou sensibilité, dans tous les cas, il est facile de constater que le nerf est sous l'influence d’un état anormal, état qui modifie son action sur les vaisseaux qu'il anime.
Tantôt cette action sera directe, tantôt elle sera réflexe, tantôt elle se traduira immédiatement par la dilatation capillaire, tantôt au contraire la fluxion ne se rencontrera que par épuisement.
Après Gassor, la question des températures locales sembla subir un temps d’oubli. Elle ne fut reprise qu’à la fin du xx° siècle par RuBner et KUNKEL.
De nouveau, la question subit un temps d’éclipse ; on note seulement les recherches de bioénergétique de LEFEBVRE.
En 1916, Bagivsxi, FromenT et Herrz, employant le pyromètre de Mme GrumPpar-BRancaAs, reprennent ces recherches de température cutanée, plus particulièrement dans les affections nerveuses, et remarquent l’abaissement de celle-ci qui accompagne les troubles vaso-moteurs des paralysies réflexes.
En effet, ceux-ci, chez un certain nombre de malades atteints de paralysies réflexes, ont constaté une diminution considérable des oscillations au Pachon et un refroidissement du membre malade qui pouvait atteindre 8 à 9 degrés par rapport à celui du côté sain.
De plus, ils ajoutaient que parmi les symptômes qui
accompagnent les paralysies ou les contractures, il fallait mettre au premier plan les troubles vaso-moteurs et thermiques qui occupent le membre malade, notamment son extrémité.
VuzpiAn avait parlé de ces troubles, mais il semble qu'il n’en ait fait que des symptômes accessoires.
En 1916, Henry Meice et Mme BenisrY étudient la question des modifications des températures locales dans les blessures de guerre et plus particulièrement dans les lésions nerveuses.
De nos jours, SicARp a noté qu’au début des névralgies sciatiques, il y avait élévation de la température locale, et qu'à un stade plus avancé de la maladie, il y avait une hypothermie locale.
Il allait même plus loin : il faisait de cette hyperthermie un symptôme de début de cette affection.
Enfin, nous mentionnerons les travaux d'André THomas, au sujet du rôle du système nerveux et plus particulièrement du cinereurm tuber dans la régulation thermique.
Quant à la question des températures locales dans les paralysies et les névrites, il semble qu'elle n'a jamais été traitée de nos jours, car nous n'avons trouvé aucune publication s’y rapportant dans la littérature médicale actuelle.
C'est pourquoi il nous a paru bon de la reprendre avec l’aide d’une technique plus précise et plus fidèle et d'essayer d'en tirer des conclusions utiles.