‹ Etude des troubles mictionnels: Dans la tuberculose de la prostateChapitre 8 sur 42 · LOST · texte numérisé non relu

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La pollakiurie est un symptôme de début qui est presque constant dans la tuberculose de la prostate.

Dans presque toutes les observations que nous. avons regardées, le malade rapporte le début de

son affection à l'apparition de ce symptôme qui le plus souvent est accompagné d’un élément de souvenir beaucoup plus important dans l'esprit du malade, je veux parler de la douleur.

En effet, le malade est beaucoup plus frappé dans son imagination par la douleur que par la fréquence des mictions. Il ne se rappelle, et son souvenir est exact là-dessus, du nombre de ses mictions que parce qu'elles étaient douloureuses. Et il n’est pas rare de voir un sujet qui à des mictions douloureuses préciser le nombre de ses mictions, tandis qu’un autre sujet qui n'a pas éprouvé de douleur sionaler simplement la pollakiurie sans pouvoir fixer le nombre exact de ses mictions. | Cette pollakiurie existe aussi bien le jour que la nuit, mais le plus souvent elle est plus accentuée dans la journée que pendant la nuit contrairement à ce qui se passe chez les prostatiques, chez lesquels la pollakiurie est nocturne et se produit surtout dans la seconde moitié de la nuit. Néanmoins il est des cas où les besoins sont plus fréquents la nuit que le jour. De plus ces besoins non seulement sont douloureux, mais encore ils sont impérieux.

Cette pollakiurie est plus ou moins considérable suivant les sujets ; elle atteint quelquefois des proportions extrêmes, invraisemblables, se produi-

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Sant quelquefois toutes les cinq minutes. Mais dans les cas ordinaires, il n’est pas rare d'observer de 15 à 20 mictions par jour et de 8 à 12 pendant la nuit. C’est une fréquence à peu près moyenne lors de la période d'état de la tuberculose de la prostate. Mais dans les cas les plus graves et sous l’influence de causes diverses diminuant la résistance du sujet telles que fatigué musculaire, marche, station debout prolongée, travail des champs, ete, cette pollakiurie augmente, la miction alors se fait toutes les minutes goutte à goutte, puis le malade arrive à perdre d’une façon continue ses urines, sans s’en apercevoir ; les mictions sont involontaires, l’incontinence est tout à fait constitué. En somme on passe lentement de la pollakiurie à l’incontinence permanente par suite d’une augmentation progressive de la pollakiurie.

Quelquefois on observe un trouble spécial qui correspond à une évolution assez avancée de la tuberculose dela prostate et qui est caractérisée parce fait que, après la miction normale, le malade perd quelques gouttes d'urine qui s’écoulent lentement sans aucune force et contrastant singulièrement avec le jet franc et normal qui les précède. C'est ce que les auteurs appellent la miction en deux temps ; elle est due à la communication d'une grosse caverne prostatique avec le canal de l’urèthre. Cette caverne se remplit dès le début de la miction et se vide de la façon que nous l’avons décrite après la miction véritable. Nous signalons ici ce phénomène car il pourrait faire croire après un examen

trop hâtif et sur le dire du malade à une incontinence qui va s'installer.

À mesure que s'installe l’incontinence, on peut voir disparaître un élément qui influe beaucoup sur le sujet lui-même ; c’est la douleur. En effet, on constate que, peu à peu, tandis que la pollakiurie augmente, les mictions deviennent de moins en moins douloureuses et finissent même par ne plus être perçues par le malade. À ce moment le malade laissé échapper l’urine sans être averti par aucun besoin, sans en avoir conscience, sans percevoir d'autre sensation que celle du contact humide des vêtements que l’urine à mouillés. Il ne faut pas croire que l’incontinence soit l’aboutissant fatal de la pollakiurie. En effet, alors que la pollakiurie est un symptôme fréquent, l’incontinence est observée dans quelques cas seulement au cours de la tuberculose de la prostate. Nous ne voulons pas donner des chiffres absolus à ce sujet, maïs pour fixer les idées nous dirons simplement que nous l'avons trouvé trois fois sur 28 observations, c’est-àdire dans 10 pour 100 des cas.

2°Dysurie. Rétention incomplète, parfois même complète.

La dysurie n’est pas un symptôme aussi fréquemment observé que la pollakiurie. De plus elle apparaît rarement au début de l’affection ; le plus souvent on ne la constate que lorsque la bacillose prostatique est nettement constituée. Elle est caractérisée par ce fait que le malade éprouve de la

peine à satisfaire son besoin. En effet, il est obligé de pousser pour uriner et le plus souvent il s'écoule un certain temps entre l'apparition du désir d’uriner et la miction elle-même ; c’est ce qu'on appelle le retard à la miction. De plus, le malade malgré tous ses efforts n'arrive pas à satisfaire entièrement son désir ; en effet il a la sensation après avoir accompli la miction que sa vessie contient encore de l’urine ; c’est qu’il existe un peu de ténesme vésical qui empèche la miction de s’accomplir normalement. Cette dysurie ne donne pas qu’une sensation de gêne au malade ; très souvent elle est douloureuse. Aussi il arrive que le malade considérablement éprouvé par ses mictions douloureuses. fait son possible pour ne pas satisfaire le désir dès qu'il apparaît ; il en repousse l'échéance le plus possible et il arrive que lorsqu'il veut céder au besoin par trop pressant il ne peut plus le satisfaire en entier, parfois même du tout et dans ce cas on est obligé de pratiquer le sondage pour évacuer la vessie. On se trouve alors en présence d’un cas de rétention complète.

C’est là un événement grave à allure dramatique car le malade éprouve des douleurs atroces qui lui font réclamer l'intervention rapide du médecin. Mais le plus souvent il n’en est pas ainsi ; les malades font simplement de la rétention incomplète, c’est-à-dire qu'ils n’évacuent pas complètement la vessie. Et ce fait peut être facilement mis en évidence par la pratique du sondage quelques minutes après la miction. En effet, lorsqu'on sonde un

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