ATTAQUE DE CONTORSION OU ATTAQUE DÉMONIAQUE
tudes les plus bizarres, et le clonisme est marqué par le battement des paupières, l’ondulation du ventre et un tremblement partiel, limité à un côté du corps ou généralisé. La respiration reprend péniblement, elle est sifflante et entrecoupée de hoquets. Il y a des bruits pharyngiens, des mouvements de déglutition bruyants. L’écume apparaît certaines fois.
Quelques inspirations ronflantes représentent le stertor, mais la résolution musculaire ne survient pas, les membres demeurent contracturés en diverses situations, et la phase épileptoïde semble se confondre avec la période des contorsions qui la suit.
Deuxième Période. — Les contorsions sont ici dans leur plus large développement. Les figures représentées plus haut en donnent une idée. Les membres contracturés dans l’extension s’élèvent perpendiculairement au lit, ils s’entrecroisent souvent par une adduction forcée; les jambes, parfois fléchies, se croisent diversement; les bras se contournent et se placent derrière le dos; les mains ont une attitude à peu près constante, le poignet est fléchi fortement, les trois premiers doigts, pouce, index et médius, étendus et écartés, les deux derniers fléchis. Enfin tout le corps se contorsionne d’une façon qui échappe à toute description. La face revêt alors le masque de l’effroi ou de la colère : les yeux démesurément ouverts, la bouche tiraillée en divers sens ou bien ouverte, la langue pendante.
Les grands mouvements s’exécutent avec une violence effrayante. La malade cherche à se mordre et à se déchirer la figure ou la poitrine, elle s’arrache les cheveux, se frappe violemment, pousse d’affreux cris de douleur ou des hurlements de bête féroce. Elle se démène comme une forcenée; Ler..., dans ces attaques, ne peut conserver aucun vêtement, et a bientôt mis tout en pièces. Elle se donne avec le poing de si violents coups, qu’on est obligé d’interposer un coussin pour amortir le choc; elle secoue la tête, cherche à mordre, saisit une compresse qu’on lui présente et l’agite violemment avec de sourds grognements de rage.
Troisième Période. — Les attitudes passionnelles n’existent pas à proprement parler. L’hallucination peut survenir, mais la contrac-
ture,qui persiste souvent, gêne les mouvements de la malade. On la voit sourire, appeler un être imaginaire ou lui faire la grimace, lui cracher au visage, pendant que ses membres sont diversement immobilisés par la contraction musculaire. Mais cette phase est courte en général et manque parfois complètement.
Quatrième Période. — Alors la malade revient à elle, mais la contracture ne disparaît pas ; des crampes contournent ses membres et lui arrachent des cris de douleur déchirants ; elle supplie les assistants de la soulager.
En résumé, on voit que ces sortes d’attaques sont particulièrement caractérisées par la prédominance de la contracture douloureuse, par le développement des attitudes illogiques ou contorsions, qui leur donne l’aspect effrayant des anciens possédés; enfin par la persistance de la douleur, dont l’acuité ramène promptement la connaissance et, en arrachant des cris affreux à la malade, imprime à toute l’attaque un cachet de souffrance tellement horrible que les assistants, même les plus habitués, ne peuvent se défendre d’une pénible émotion.
Marc... etLer... distinguent fort bien elles-mêmes les attaques qu’elles nomment leurs tortillements des autres, qui sont les grandes attaques. Elles peuvent prévoir même, d’après l’intensité des phénomènes de l’aura, le genre d’attaque qu’elles vont avoir. Elles préfèrent de beaucoup les grandes attaques aux tortillements : dans les premières, elles perdent complètement connaissance; tandis que dans les secondes, elles disent ne perdre connaissance que par instants (pendant la période épileptoïde), et se plaignent de souffrir les tourments les plus affreux qu’on puisse imaginer.
§”n. — ATTAQUE DE GRANDS MOUVEMENTS OU ATTAQUE DE CLONISME.
Dans l’attaque démoniaque, que je viens d’essayer de décrire, la deuxième période, qui en fait presque tous les frais, ne se trouve guère représentée que par un de ses éléments, les attitudes illogiques ou contorsions. Les grands mouvements n’y occupent
ATTAQUE 1)E GEANDS MOUVEMENTS OU ATTAQUE DE CLONTSME. 117 qu’un rang secondaire. Par contre il existe une autre variété de l’attaque hystéro-épileptique également créée aux dépens de la deuxième période, mais conaposée surtout de la phase des grands mouvements. Cette variété constitue en général ces sortes d’attaques mixtes qu’on ne saurait rapporter ni à l’hystéro-épilepsie ni à la petite hystérie ou hystérie vulgaire. En effet, la période épileptoïde y est peu ou point représentée, et toute la crise consiste en mouvements, souvent d’une violence extrême, s’exécutant suivant un certain rythme ou dans le désordre le plus complet. Il s’y joint des cris, des propensions à mordre et à déchirer, et parfois l’accès devient furieux. D’autres fois, l’attaque de grands mouvements n’a rien d’effrayant et se compose presque exclusivement de salutations, de sauts et de culbutes variées qui rappellent les exercices des acrobates et justifient le nom ^attaques de clanisme qu’on peut leur donner.
Plusieurs fois nous avons observé ces sortes d’attaques chez Gen... La période épileptoïde était réduite à quelques convulsions partielles de la face; puis les grandes salutations, les cris, quelques mouvements désordonnés, interrompus quelquefois par un arc de cercle de courte durée, composaient tout le reste de l’accès. Les accès étaient séparés par une sorte de sommeil, pendant lequel de légers signes de tête, quelques mouvements des lèvres, semblaient indiquer la présence d’une hallucination. Au milieu de ce calme, quelques mouvements convuleifs de la face indiquaient le retour de l’agitation.
Pendant cette variété d’attaque, la perte de connaissance n’est pas complète. Quelques malades ont même pleinement conscience de leur état, et, au sortir de l’accès, affirment n’avoir pu, malgré tous leurs efforts, maîtriser leur agitation. Quand elles ont pu y arriver pendant quelques instants, elles n’ont abouti qu’à provoquer bientôt une crise plus violente.