‹ Étude d’ÉvangileChapitre 152 sur 188 · III. Les approches de la passior · texte numérisé non relu

III. Les approches de la passior

14. — L’heure du grand Sacrifice approche pour Jésus, il l’annonce à ses Apôtres et il appuie à dessein sur son genre de mort, comme pour les prévenir contre toute surprise et toute déception.

« Vous savez que la Pâque se fera dans deux jours , et le Fils de Y homme sera livré pour être crucifié. »

Mat., xxvi, 2.

15. Jésus affirme de nouveau que le moment de sa mort, fixé dans les décrets éternels, est arrivé ; il en avertit l’un de ses disciples, à Jérusalem, chez qui il veut célébrer la Pâque avec ses Apôtres pour la dernière fois.

ce z\llez à la ville chez un tel et dites-lui : Le Maître vous fait dire : Mon temps est proche, je ferai la Pâque chez vous avec mes disciples. »

Mat., xxvi, 18.

16. — La passion intérieure est déjà commencée pour Jésus ; il vient de passer par des heures terribles d’agonie, prélude du grand drame qui va tout à l’heure se dérouler; il s’approche des trois Apôtres privilégiés qu’il a choisis

JÉSUS, SA PASSION ET SA MORT

pour lui tenir compagnie en ce moment suprême, et il leur dit que l’heure de sa mort est imminente.

ce Voici que l'heure approche , et le Fils de l'homme sera livré aux mains des pécheurs. »

Mat., xxvi, 45.

17. — Puis, après avoir laissé ses Apôtres se reposer un instant, l’amour et le désir du Sacrifice l’emportant dans son âme, Jésus n’attend pas la venue de ses bourreaux, mais il va à leur rencontre comme un triomphateur va au-devant de la victoire.

Cf Levez-vous, allons ; voici qu'approche celui qui me livrera. »

Mat., xxvi, 46.

IV. Les sentiments qui animent l’âme de Jésus à la vue de sa passion

18. — Jésus qui avait embrassé une nature semblable à la nôtre, sauf le péché, s’était donné un cœur capable de tous les nobles et purs sentiments. Venu pour souffrir et pour mourir, il éprouve toute sa vie des désirs ardents de s’immoler pour la gloire de son Père et le salut du monde ; comme s’il ne pouvait les

JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MÊME

contenir davantage, il les exprime un jour à ses disciples en des termes touchants.

ce Je dois être baptisé d'un baptême , et combien je me sens pressé jusqu à ce qu’il s accomplisse. »

Luc, xii, 5o.

19. HJ Les ardeurs de Jésus augmentent d’intensité à mesure que l’heure du Sacrifice approche. La pensée de l’institution de l’Eucharistie unie à celle de son immolation sanglante sur la Croix le font exulter et mettent le comble à tous ses désirs.

ce J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous , avant de souffrir. »

Luc, xxii, i5.

20. — Malgré la véhémence de ces désirs, il y avait place dans l’âme de Jésus pour d’autres sentiments humains qui restent pour nous un éloquent enseignement. La vue nette et précise des humiliations et des souffrances de sa passion excite la sensibilité naturelle de Jésus, et fait naître dans son âme des émotions empreintes à la fois de plainte craintive, de prière confiante et de résignation amoureuse.

ce Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai -je ? Père , sauvez - moi de cette

JÉSUS, SA PASSION ET SA MORT

heure. Triais cesi pour cette heure même que je suis venu. »

Jean, xii, 27.

21. — Les flots de la douleur ont envahi l’âme du Sauveur ; la tristesse qui l’accable à la pensée de sa passion le ferait mourir, si une force surhumaine ne le soutenait. Jésus exhale son âme dans ce cri de chagrin mortel qui ouvre la scène terrible de son agonie.

(( Mon âme est triste jusqu’à la mort. » Mat., xxvi, 38.

22. — La vue des péchés du monde, plus encore que l’appréhension naturelle de la mort, accable Jésus agonisant et jette son âme dans une douleur telle que, un moment effrayé, il supplie avec une confiance filiale son divin Père de lui épargner ce supplice ; mais, sachant que toutes ses souffrances sont éternellement voulues de son Père, il fait taire aussitôt les désirs de sa volonté humaine pour les soumettre entièrement â sa volonté divine.

« Mon Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi ; toutefois, non pas comme je veux, mais comme vous voulez. »

Mat., xxvi, 39.

JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MEME

23. — Dans une seconde prière, aussi touchante que la première, mais plus résignée encore, puisqu’il ne formule plus directement aucune demande, Jésus affirme que malgré toute l’amertume du calice il veut le boire jusqu’à la lie, pour accomplir parfaitement la volonté de son Père.

e TXlon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que voire Volonté se fasse . »

Mat., xxvi, 42.

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