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dans le commerce Geoffroya jaamaicensis, et surinamensis sont employées dans ces contrées comme vermifuges à la dose de 4 à 10 décigrammes, tandis qu’elles seraient émétiques à plus haute dose.
Le Lupin, Lupinus albus (légumineuses). Les semences, dont la décoction est très-amère, ont été employées contre les vers intestinaux.
La Mousse de Cerse, mélange de plusieurs petites algues mais où domine le gigartina helminthocorton. C’est un vermifuge très-utile dans la médecine des enfants qui prennent sans répugnance les préparations dont il fait la base. Il chasse les vers lombricoïdes.
La Nicotiane, Micotiana tabacum, L. (solanées}. Cette plante possède une propriété narcotico-âcre si énergique, qu’on ne l’emploie guère qu’à l’extérieur. Elle renferme la Nicotine.
La Psorale, psoarale a glandulosa, L. (légumineuses). Cette plante est connue au Chilisous le nom de Coulen, et passe pour un puissant vermifuge.
La Santoline, Santolina chamaæcyparisias (synanthérées). Croît dans les montagnes de l'Europe et jouit des mêmes propriétés que le semen-contra.
Le Semen-Contra. Longtemps regardé comme une semence, le semen-contra n’est autre que les fleurs des artemisia judaica et contra, (synanthérées ). C’est un des meilleurs vermifuges et on ne peut lui reprocher que sa saveur désagréable. On l’emploie en poudre, en infusé, en sirop, en granules sucrés. [l renferme la Santonine que l’on adminsitre sous forme de dragées.
La Spigélie antelminthique (gentianées). Employée à la dose de 5 à 20 décigrammes et plus ; Feneuile y a trouvé une substance amère et purgative, la spigeline.
La Tanaisie, T'anacetum vulgare (synantérées). Employée en infusion, en potion ou lavement; elle renferme un acide cristallisable et
un principe amer jaunâtre.
Il. SECTION DES TÆNIAFUGES,
Nous signalerons :
L'Ecorce degrenadier, Punica granatum (myrtacées). On en fait un apozème (écorce 60, eau 750) que l'on prend en plusieurs fois.
L'Ecorce du mürier, Morus nigra (urticées).
La Fougère mâle, Pol/ypodium filix mas, L.(fougères). On prépare uue poudre de rhizomes de fougère ; une huile éthérée de bourgeons de fougère.
L'Huile volatile de Térébenthine et les huiles empyreumatiques. Ces médicaments, d’une efficacité reconnue, ne sont plus guère usités à cause de leur emploi désagréable.
Les Semences de Citrouille, cucurbita maxima (cucurbitacées), trèsemployées comme tæniafuges : elles réussissent dans la plupart des cas. On en fait une pâte composée de 45 grammes de semences mondées, 30 grammes de sucre et eau Q. S. L'administration de ce médicament est suivie d’une purgation avec 60 grammes d'huile de ricin.
Le Kamala, sorte de lycopode rouge qui recouvre les fruits du Rottlera tinctoria (euphorbiacées). L'arbre, que l’on trouve dans l’Inde, est recommandé par les médecins anglais qui lui attribuent des propriétés au moins égales à celles du Cousso.
En Abyssinie, M. Schimper à fait connaître plusieurs tæniafuges que nous citerons seulement. Ce sont :
L’Habbi-Tchogo, ou bulbes de POxalis anthelminthica (oxalidées);
L'Habbi-Tsalim, fourni par le Jasminum foribundum (jasminées) ;
Le Bolbida ou celosia adoensis;
LeMusennaou Musena, Moucena, écorce de l’ Afbizzia anthelminthica (légumineuses);
Le Saoria, semences du Maæsa pictu (Myrtacées) ;
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L’Angogo:
L’Ekert ou Si/ene macrosolen (dianthacées) ;
Le Tatzé ou Zareh, fruit du Myrsina africana ;
Enfin le Cousso, qui fait le sujet principal de notre travail.
Du reste, de tous les tæniafuges qui précèdent, c’est le seul qui soit employé en Europe, ou du moins cast celui qui a le plus de vogue.
Le Saoria et le Tatzé ont pourtant été préconisés, mais leur usage s’est borné à quelques essais, tandis que le Cousso continue à être en très-grande faveur.
En examinant cette liste de médicaments empruntés à l’Abyssinie, il semble que la nature à voulu donner aux habitants de ce pays des moyens nombreux de lutter contre la quantité de vers dont ils sont infestés. Il n'y pas en effet de contrée où la matière médicale soit aussi riche en végétaux anthelminthiques qu’en Abyssinie. La liste que nous en avons donnée plus haut serait même incomplète, à en juger par la nomenclature que fon trouve dans certains auteurs. L'histoire de ces productions est due en grande partie à M. Wilhelm Schimper, né à Manheim (grand-duché de Bade), et frère du célèbre botaniste de Strasbourg. Son séjour en Abyssinie, où il s’etait fixé et marié, lui a permis d'étudier les plantes dont nous venons de parler. Ses nombreuses communications constituent de précieux documents où l'on a souvent puisé et que nous aurons plusieurs fois occasion de citer dans notre travail.
Des médicaments que nous venons de passer en revue, quelquest uns sont tombés en désuétude, d’autres ont conservé leur ancienne réputation et sont fréquemment employés. Presque tous ont été l'obje d’études approfondies qui onteu pour but de nous en faire connaître la constitution organique et la composition chimique.
Parmiles médicameuts anthelminthiques dont la thérapeutiques’est enrichie depuis quelques années, le Cousso tient, sans contredit, la première place. Ses propriétés curatives sont incontestables et le
} rendent précieux pour la pratique médicale. Malheureusement son prix en restreint l’usage.
Certaines particularités de l’histoire du Cousso nous ont conduit à nous occuper spécialement de ce produit; c’est ce travail que nous soumettons à l’indulgence de nos juges.
Le Cousso est un bel arbre d’Abyssinie, que l’on trouve sur tout le plateau éthiopien, dans les provinces du Samen, du Lasta, du de Gojan, du Choa, etc.
M. Rochet d'Héricourt, qui, un des premiers, a parlé du Cousso, fait de ces arbres une description magnifique. « Hauts et vastes comme des chênes, dit-il, les Coussos produisent des grappes de fleurs de deux à quatre pieds, semblables à celles de nos platanes, dont le cône serait renversé. Ces grappes, de diverses couleurs, vertes, rouges-pourprées et jaunes fauves, se mêlent et foisonnent sur les mêmes branches, et pendent par centaines aux rameaux d’un seul arbre. »
Le Cousso à été Le sujet de nombreuses notes, dans lesquelles on trouve soit la description de la plante, soit les usages qu’en font les Abyssiniens.
Buchner, en 1839, a publié une notice sur quelques médicaments abyssiniens, parmi lesquels se trouve le Cousso.
En 1840, Wittstein a publié une analyse du Cousso, auquel il donne le nom de Brucera anthelminthica.
La même année, un docteur allemand, le D' Plieninger, publie, dans une notice sur le Brayera anthelminthica, divers détails qui lui avaient été communiqués par des missionnaires.
En 4841, le Dr Aubert-Roche, qui avait passé quelque temps en Abyssinie, a écrit sur les substances anthelminthiques de ce pays un mémoire qui fut lu à l'Académie royale de médecine de Paris. Dans ce mémoire, le D' Aubert-Roche confirme, au sujet ‘du Cousso, l'opinion des écrivains qui l’ont précédé. Le D" Mérat fit sur ce mémoire un rapport qui fut publié dans le Bulletin de l'Académie royale de médecine.
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Les D" Quartin-Dillon et Petit, naturalistes de l'expédition française en Abyssinie, donnèrent du Cousso une description botanique qui fut publiée par Richard dans le Tentamen floræ Abyssinicæ.
Bruce, dans son « Voyage pour la découverte des sources du Nil » (1), publié à Londres en 1790, parle du médicament appelé Cousso, et propose pour l'arbre le nom de Banksia Abyssinica, en l'honneur de Joseph Banks.
Mais Linné, ayant attribué le nom de Bankssa à un genre de plantes appartenant à la Nouvelle-Hollande, le nom proposé par Bruce ne fut pas adopte.
Lamarck (Encyclopédie botanique) (2), décrit également le Cousso, et lui donne le nom d’Hagenia Abyssinica; mais il commet une erreur en attribuant à Brown la découverte de cet arbre, tandis que c’est à Bruce que revient, sinon l’honneur de la découverte, du moins la première description et la première figure du végétal. Le nom proposé par Lamarck a été adopté par Wildenow et Sprengel.
En 1823, le D' Brayer (3), qui avait longtemps habité Constantinople, fit remettre un échantillon de fleurs de Cousso au célèbre botaniste Kunth. Celui-ci reconnut que la plante appartenait à un genre voisin de l’Aigremoine et proposa le nom de Brayera, du nom du médecin qui lui avait procuré les fleurs.
C’est le nom qui fut adopté par de Candolle.
Moquin-Tandon (4) a changé l'adjectif de Kunth pour lui substituer celui que Bruce avait déjà employé, et il a appelé la plante Brayera Abyssinica.
(1) Voyage en Abyssinie et aux sources du Nil. Tome XIII, page 120 et suivant.
(2) Encyclopédie méthodique. Bot., pl. 311.
(8) Neuf années à Constantinople, par le D' Brayer. Tome II, page 439 et suivant,
(4) Éléments de botanique médicale, p. 247.
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Le Cousso porte en Abyssinie différents noms, suivant les contrées où il est récolté. En langue amhara, il est appelé X0s50, et en langue tigray, Hhabbi.
D’après M. Corbon, lequel tenait ces renseignements de M. l'abbé Sapeto, interprète attaché à l'expédition de M. de Russel, Hhabbe signifie littéralement remède ayant la consistance de la bouillie.
Le mot Kosso lui-même est différemment écrit, selon les auteurs. Ainsi on trouve : Cusso, Cosso, Cousso, Coso, Koso, Kosso et Kousso.
En France, on a adopte l'orthographe Cousso.
En arabe, le Cousso porte le nom de Kabotz; ce mot signifie ruban et est synonyme de tænia.
Le Cousso porte encore bien d'autres noms, et, en général, la désignation change d’une province à l’autre. C’est ainsi que, pour ne citer que quelques exemples, le Cousso s’appelle Aossish, en gafat ; saki-hkana, dans le Gonga, et béri, chez les Gallas (1). Quoi qu'il en soit de ces différentes appellations, c’est le nom de Cousso qui a prévalu.
Il est à remarquer que dans ces pays, le nom de la plante est le même que celui du ver contre lequel elle est employée.
En Abyssinie, le nom de l’animal est considéré comme un terme obscène, et les gens du peuple l’emploient entre eux comme une injure grossière.
Le Cousso, Banksia Abyssinica, de Bruce, Moquin-Tendon; Hagenia Abyssinica, de Lamarck; Brayera anthelminthica, de Kunth(Dict. class. d'hist. nat.); de Candolle (Prodromus) ; Endlicher (Gen. plantar.); est un arbre de la famille des Rosacées, tribu des Spiréacées (Endlicher). De Candolle le place dans la tribu des Dryadées.
On avait d’abord regardé le Cousso comme étant l’Aigremoine
(1) Pereira. Materia medica. Tome IT, page 296 et suiv. Martin. 3
ASE orientale de Tournefort; mais, si l’on considère que l’Aigremoine est une herbe, tandis que le Cousso est un arbre de plus de vingt pieds de haut, on verra combien cette hypothèse était peu fondée.
Le tronc supporte une belle cime de rameaux inclinés; les extrémités sont velues et marquées de cicatrices annulaires rapprochées, formées par la base des pétioles. Les branches sont rondes, tomenteuses: les feuilles nombreuses, sont alternes, avec interruption, imparipinnées et supportées par un pétiole dilaté en gaîne.
Les folioles sont oblongues ou elliptiques, lancéolées, aiguës, dentelées, velues et entremèêlées de folioles très-petites, presque rondes.
Les fleurs sont dioïques, petites, vertes et devenant pourpres; plusieurs fois dichotomes. Leur structure est différemment décrits par les auteurs.
D’après M. Rochet d'Héricourt (1), la fleur est composée d’une double corolle, uue grande et extérieure, d’un blanc jaunâtre, une petite, intérieure, d’un rouge-pourpre, et dont les lobes alternent avec les lobes de la première. Cet auteur ne parle pas du calice; il compte dix étamines et deux pistils.
Pereira (2) dit que les fleurs paraissent dioïques par suite de l'avortement des carpelles dans les fleurs que l’on désigne sous le nom de fleurs mâles. Quant aux fleurs femelles, il les considère comme privées de corolle et admet un calice double. Les segments extérieurs sont beaucoup plus développés, au point de devenir quatre ou cinq fois plus large que les segments intérieurs.
Guibourt admet un calice et une corolle seulement. Les fleurs sont accompagnées à la base de deux bractées qui cachent le tube du calice. Celui-ci est turbiné, très-velu et terminé par un limbe à 5 divisions écartées comme les rayons d’une étoile, oblongues, obtuses,
(1) Voyage au pays de Choua. Passim.
(2) Materia medica, loco citato.
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glabres, veineuses, réticulées. Le tube du calice est rétréci par un anneau membraneux, portant une corolle à 5 pétales alternes avec les divisions du calice et de forme spatulée. Les étamines sont au nombre de 20, insérées comme les pétales. Il y a 2 ovaires uniloculaires, libres au fond du calice, surmontés d’un style terminal.
Pour Kunth, ce que Guibourt regarde comme la corolle, serait un calice de second rang. Ce savant admet une autre corolle insérée pareillement sur lanneau membraneux, à 5 pétales minimes et linéaires.
Voici la description que Berg et Smith donnent des fleurs de Cousso :
Calice double à 8 ou à 10 folioles disposées sur deux rangs, membraneuses, réticulées, colorées, inégales. Dans les fleurs mâles les folioles intérieures sont plus longues; ce sont les extérieures, au contraire, qui sont plus longues dans les fleurs femelles. Les étamines sont périgynes, au nombre de 15 à 20, plus courtes que le tube du du calice et stériles dans les fleurs femelles. Les anthères sont biloculaires, s’ouvrant par une fente longitudinale. Le pollen est sphérique et présente trois côtes. Le style est libre dans le calice inférieur.
Les carpelles sont au nombre de 2. La semence est inalbumineuse, pendante: l’embryon est droit, les cotylédons charnus. Ces auteurs admettent une corolle à quatre ou cinq divisions blanches.
Nous avons examiné plusieurs variétés de Cousso et entre autres un échantillon que nous devons à l’obligeance de M. Philippe et qui avait l’avantage d’arriver directement du Samen et du Choa, {es deux provinces réputées pour fournir le véritable Cousso, le seul qui ait une valeur thérapeutique. Dans l’état de dessiccation où elles étaient, les fleurs se prêtaient peu à l’observation. Nous avons pu cependant vérifier les caractères énoncés plus haut. Cet examen nous a en outre montré que les divergences sur la constitution de la fleur n'étaient qu'apparentes. Et, en effct, selon que l'on examine des fleurs jeunes ou des fleurs complétement développées, on est conduit à les décrire
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d’une façon toute différente. Les premières fleurs que nous avons examinées nous ont paru telles que Guibourt les décrit, c’est-à-dire formées d’un calice et d'une corolle, et nous aurions conclu comme l’auteur de l’histoire des drogues simples, sans les conseils de M. Planchon auquel nous avions fait part de nos résultats et qui nous engagea à tenter de nouvelles recherches.
Nous sommes heureux de l'occasion qui nous est offerte de remercier publiquement notre savant professeur, car si nous sommes arrivé à éclairer un peu la question, c’est à lui que nous en sommes redevable.
Il fallait décider entre les auteurs qui admettent deux calices et une corolle, et ceux qui ne reconnaissent que deux enveloppes florales. Pour cela, nous avons pris des fleurs à des périodes différentes de leur développement, et nous avons pu, de cette façon, suivre les transformations qui s’opèrent dans la constitution de la fleur. Dans une fleur jeune, en effet, on observe très-bien deux calices et une corolle à segments presque linéaires; peu à peu les enveloppes extérieures se développent au détriment du périgone corolliforme, à tel point que lorsque la fleur a acquis tout son accroissement, il ne reste plus que deux enveloppes florales, qui subissent elle-mêmes des modifications selon que l’on a affaire à des fleurs mâles ou à des fleurs femelles.
En résumé, voici la description qu'il convient de donner de la fleur de Cousso : Fleurs dioiques, munies à la base de deux bractées qui cachent le tube du calice. Celui-ci est turbiné, à 8 ou 10 folioles disposées sur deux rangs (1), étalées, d’un jaune-verdâtre. La corolle est à 5 divisions allernes avec celles du calice: elles sont généralement d’un rouge pourpré. Dans les fleurs mâles, le calice intérieur devient plus long que le calice extérieur. Le con-
” (1) Dans certaines fleurs, le calice extérieur n’a que 4 segments par suite de l'avortement du cinquième.
traire à lieu dans les fleurs femelles. Etamines de 45 à 20, insérées comme la corolle sur le calice. Les anthères sont biloculaires, à déhiscence longitudinale.
Deux pistils, d’un rouge foncé, dilatés à la base, velus: stigmates globuleux, allongés; fruit sec, monesperme par avortement, embryon renverse à radicule supère.
Dans les fleurs femelles, la base de l'ovaire est recouverte d’une matière aromatique, comme cireuse, assez abondante, et qui attire autour de l’arbre des essaims d’abeilles.
Le Coussotier habite tout le plateau nord-est de l’Abyssinie, et paraît exiger une élévation de 6 à 7,000 pieds pour acquérir tout son développement.
Les plus beaux arbres se rencontrent vers les sources de la rivière Abas à une altitude de 9,000 pieds.
On recueille le Cousso avant la complète maturité des fruits. Les grappes détachées sont exposées au soleil pour les faire sécher.
Berg et Smith disent que l’on ne considère comme officinales que les fleurs femelles ramassées après la floraison, alors que le calice extérieur s’est développé et a pris une couleur rouge. Les fleurs desséchées sont réunies en paquets fusiformes et expédiées en Europe dans des caisses de sapin. Les différents paquets sont d’abord enveloppés dans un large sac de cuir rouge.
D’après les indications fournies par M. le D’ Brayer, le Cousso est transporté par caravane en Egypte, et de là à Constantinople.
Les fleurs sèches dégagent une forte odeur balsamique, ayant quelque analogie avec celles du thé et du houblon. Quoique trèscomprimées, elles sont pourtant assez bien conservées, et ne paraissent avoir subi d'autre préparation que la dessiccation. La couleur générale de la masse est jaune-verdâtre. Les fleurs sèches n’ont pas d’abord une saveur très-marquée; mais, peu à peu, on perçoit une sensation d’âcreté très-désagréable.
On distingue, en Abyssinie, deux sortes de Cousso : la variété
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rouge, produite par les fleurs femelles, et la variété jaune verdâtre, qui serait produite par les fleurs femelles plus jeunes. Les indigènes ontune préférence marquée pour le Cousso rouge. Dans le commerce, les deux sortes sont toujours mélangées.
Du reste, le commerce fournit une grande quantité de Coussos de provenances qui varient à l'infini. D’après M. Rochet d'Héricourt, quelques-uns auraient seuls une valeur médicale. Les autres, en raison, sans doute, d’influences locales diverses, ne fourniraient qu’une sorte de Cousso, appelé « Cousso du Nord, » qui n’a point de propriétés. De plus, ce Cousso renfermerait un principe toxique, car son administration a souvent donné lieu, chez des malades, à de violentes coliques, accompagnées de nausées, de maux de tête, etc, phénomènes qui ne se manifestent pas avec le Cousso du Choa. Cette opinion que nous avions trouvée émise dans plusieurs auteurs, nous a été confirmée par M. Philippe, qui s’est occupé du Cousso au point de vue thérapeutique, et s’est rendu possesseur de tout le Cousso rapporté des provinces du Choa et du Samen.
Les caractères physiques ou botaniques ne peuvent pas faire reconnaître les variétés de Cousso. L’expérience seule a permis de consta- ‘er une différence dans la valeur médicale des espèces.
Le Cousso est d’un usage très-répandu en Abyssinie; c’est même le plus employé de tous les anthelminthiques que l’on trouve dans ce pays, et nous avons vu combien ils sont nombreux.
Nous emprunterons à M. Fournier, qui les tient lui-même de M. d’Abbadie, membre correspondant de l’Institut, des détails trèsintéressants sur quelques habitudes relatives à l’usage du Cousso.
En Abyssinie, lorsqu'une personne ne veut pas recevoir la visite d’une autre, elle lui fait dire qu’elle a bu le Cousso.
Un criminel, condamné à mort, a le droit de prolonger sa vie en disant qu'il a besoin de prendre le Cousso, ce qui lui fait accorder trois jours de répit; car on sait que le médicament peut échouer les deux premières fois. Cet usage est fondé sur la crainte où l’on est
que le ver ne sorte du corps mort qu’il habitait pour aller en habiter un autre. |
Au témoignage de Harris, les hommes de peine employés à l’ambassade anglaise, en Égypte, ont un jour de congé par mois pour prendre le Cousso. |
Les Abyssiniens prennent le Cousso tous les deux mois, le matin à jeun; ils ne prennent leur premier repas qu'après l'expulsion du ver. |
Voici, du reste, comment ils s’administrent le Cousso.
Ils prennent un petit paquet de fleurs de Cousso, représentant environ 30 à 35 grammes. Cette dose est considérée comme une dose forte et est donnée aux hommes robustes. Les enfants ou les personnes d'un tempérament délicat n’en prennent que la moitié. Ils réduisent ces fleurs en poudre grossière à l’aide d’une molette, sur une pierre placée horizontalement, et les versent dans une corne de bœuf de la capacité d’un demi-litre, remplie de éaidje, de thalla (sorte de bière), ou d’eau : ils délayent le mélange et l’avalent. Le Taidje est une sorte d’hydromel préparé avec une partie de taddo (Rhamnus tadde, A. Richard), deux parties de miel et six parties d’eau (Courbon).
Dans quelques localités, il est d'usage d’éteindre un charbon dans l’infusion. D’après Réveil (1), les Abyssiniens administrent le Cousso délayé dans une sorte de bière {Bouza) faite avec une herbe qu'ils désignent sous le nom de fe/f (Poa abyssinica, L.), et qui sert également à faire un pain très-mucilagineux, à la trop grande consommation duquel quelques auteurs ont voulu attribuer la fréquence du tænia dans ce pays. Aujourd’hui l'opinion la plus accréditée est qu’il faut la rapporter à l’abus des viandes crues, parmi lesquelles le bœuf cru (brondo) et l'estomac de chèvre également cru, sont considérés comme un véritable régal.
(4) Formulaire raisonné des médicaments nouveaux.
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Mais les Abyssiniens ne se contentent pas de prendre le Cousso seul et à dose relativement élevée; ils lui associent des racines ou d'autres produits, la plupart éminemment purgatifs. Voici, d'après M. Schimper, ila liste des adjuvants que l'on emploie en même temps que le Cousso,
1° Karine de graine de lin ou de mauve;
2% Un demi-pouce de la racine de la plante Botto.
3° Trois ou quatre feuilles de l'arbre Awlé.
4° Une petite poignée de feuilles d’'Habbi-Tsalim.
5° Plusieurs fruits, notamment ceux de l’arbrisseau Schebti.
6° Un demi-pouce de la racine Tirnaha.
7e L'écorce pulvérisée de l'arbre dioïque Tambuk.
& La racine de Maqmaqquo.
9 Des feuilles d'Haffa-Falo.
10° Les sommités du Maddéré.
Li La poudre des feuilles, des fleurs, et des fruits de l’Euphorbe Handoukdouk.
12 Un morceau de la racine de l'Euphorbe Adandash, de la longueur d'un demi à trois quarts de pouce.
Parmi ces médicaments, quelques-uns sont considérés comme de puissants anthelminthiques et pourraient, employés seuls, être aussi efficaces que le Cousso: d’autres sont des purgalifs ou des émétoathartiques. Voiei le nom botanique de certains d’entre eux.
L'Awle est l'Olea Chrysophylla. Lam. (oléacées).
Le Schebti est le Pireunia Abyssinica ; Moqu.
Le Tirnaha est le Verbascum Ternacha, Hochst. (scrophulariaces).
L'Haffa-Falo est le Bryonia Scrobiculata, Hochst. (eucurbitacées).
Le Maddére est le Buddleya Polystachya, Fresen, désigné aussi sous le nom de Maltéréis, (euphorbiacées).
£&nfin l'Euphorbe adandash est l'Euphorbia Depauperata, Hochst.
Petit et Richard ajoutent à celle nomenclature, déjà fort longue,
les Euphorbia Petitiana, A. Rich; et Euphorbia Schimperiana, À. Rich., sous le nom commun d’Endordorhen.
Les fleurs de Cousso ont été le sujet de nombreuses études au point de vue chimique. Nous allons passer en revue les différents travaux faits sur cette question.
M. Witistein donne l'analyse suivante :