CONCLUSIONS
Organe d'origine mésodermique, le ganglion est essentiellement constitué par une trame réticulée qui renferme dans ses mailles des cellules lymphatiques. Il présente dans sa structure deux parties bien différentes :
1° Une zone où se multiplient les cellules HAOpOAPARSe (Système folliculaire);
2° Une zone placée sur le trajet de la LD et dans laquelle se déversent les cellules lymphatiques nouvellement formées (voies lymphatiques).
La fabrication des leucocytes a lieu surtout par karyokinèse
dans des centres spéciaux placés dans la substance folliculaire
(centres germinatifs). Les cellules formées sont exclusivement
des lymphocytes et des leucocytes mononucléaires ; le ganglion
ne fabrique jamais de leucocytes polynucléaires et ceux-ci sont absents de la Iymphe normale.
Le ganglion est encore un lieu d'arrêt et de destruction pour certaines substances en circulation dans la lymphe : débris leucocytaires, débris d’hématies, pigment, charbon, etc.
Dans toutes les maladies infectieuses, les ganglions sont altérés ; mais c’estsurtout dans Les infections locales, que la réaction ganglionnaire se fait sentir. Dans ce cas, outre le ganglion inté-
ressé, tous les autres ganglions du corps subissent plus ou moins
l'atteinte du processus infectieux.
Cliniquement, la réaction du ganglion se traduit par Phyper-
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ET
trophie, avec douleur spontanée ou provoquée par la pression.
Cette réaction est d'autant plus marquée que l'individu est plus jeune et que son système lymphatique est plus développé ; elle peut être très intense, même alors que l'infection locale est à peine appréciable, ainsi qu'on l’observe dans la fièvre ganglionnaire. |
À l'autopsie des sujets morts d’une maladie infectieuse aiguë, on trouve toujours dans les ganglions des lésions importantes qui portent et sur les systèmes folliculaires et sur les voies lymphatiques ; elles sont en général plus marquées dans ces dernières.
Les lésions des systèmes folliculaires consistent en processus
nécrotiques d'aspect et d'intensité variables. Tantôt la nécrose
frappe tout le système folliculaire, tantôt elle atteint les cellules individuellement ou sous forme de foyers limités.
Les leucocytes présentent deux sortesd’altérations principales:
1° Tantôt il semble que la chromatine des noyaux soit augmentée : on voit à la périphérie des lymphocytes de petites boules de chromatine expulsées du noyau, souvent encore rattachées par des filaments et donnant au lymphocyte un aspect crénelé; cet état peut encore s'exagérer, et le noyau est transformé en un grand nombre de fragments reliés les uns aux autres par des filaments chromatiques très déliés:
2° Tantôt au contraire, les cellules altérées sont pauvres en chromatine. Elles ressemblent aux leucocytes mononueléaires, mais leur noyau prend des aspects étirés, bossués, en biscuit, bourgeonnants, et leur protophasma se distingue difficilement.
Les lésions des voies lymphatiques portent sur les leucocytes mononucléaires et sur les grosses cellules endothéliales: cellesci sont le plus souvent tuméfiées et nécrosées: leur noyau est réduit à une petite masse centrale, foncée et dépourvue de granulations chromatiques, leur protophasma hyalin fixe fortement
- l’éosine. La cellule peut encore parvenir à un degré plus avancé
de nécrose: noyau incolore, protoplasma granuleux à contours diffus. Ces cellules, jointes aux leucocytes altérées, peuvent obstruer complètement les voies lymphatiques.
La nécrose peut aussi frapper en bloc tout le ganglion.
La suppuration de l'organe peut enfin être le processus terminal.
A côté de ces lésions qui traduisent une atteinte profonde du ganglion, on trouve aussi des phénomènes de congestion plus ou moins accentués, pouvant aller jusqu’à la production d’hémorragies, des épanchements fibrineux, des lésions vasculaires, etc.
Suivant le microbe en cause, on verra prédominer telle ou telle des lésions précitées. La diphtérie atteint surtout le système folliculaire ; la fièvre typhoïde et la pneumonie frappent principalement les cellules des voies lymphatique; l’érysipèle, lorsque le streptocoque est très virulent, peut s'accompagner de nécrose totale du ganglion.
Les microorganismes sont rares dans les ol et cet organe semble pour eux un milieu de développement moins favorable que la rate. D'ordinaire on n’en voit pas sur les coupes de l'organe et il faut recourir àla méthode des cultures pour déceler leur présence. Lorsque l’envahissement se produit, il se fait surtout dans les voies lymphatiques, tandis que le système folliculaire est respecté.
L'étude anatomopathologique n’a montré que la lésion du ganglion ; pour étudier son mode de réaction, c'est-à-dire le processus actif qu’il oppose à l'infection, il faut recourir à la méthode expérimentale, et sacrifiant les animaux aux divers stades de la maladie, saisir sur le vif l’évolution du processus.
La congestion est le premier phénomène observé; elle s'accompagne le plus souvent d'une diapédèse de leucocytes polynucléaires. Ceux-ci peuvent arriver d'autre part au ganglion par les vaisseaux lymphatiques afférents et pénétrer ainsi dans les sinus. Cette congestion et cet apport des polynucléaires sont des phénomènes passagers qui disparaissent après la phase aiguë de l'infection.
Le système folliculaire réagit aussi d’une façon précoce ; les follicules augmentent de volume, la karyokinèse y est extrè-
SHARE à
mement active. L'intégrité du système folliculaire persiste jusqu'à une période avancée de l'infection.
Le réticulum des voies lymphatiques entre très vite en réaction, ses cellules se gonflent, se desquament et manifestent des propriétés phagocytaires; un peu plus tard, le réticulum des cordons et de la nappe réticulée subit la même évolution.
Ces phénomènes de réaction existent à un très haut degré dans le ganglion correspondant au point d inoculation, et à un degré atténué dans tous les ganglions de l'organisme.
Les toxines microbiennes provoquent une réaction analogue, à condition toutefois qu’elles n'aient pas une activité excessive ou que l'organisme soit suffisamment résistant; dans le cas contraire, la phase de réaction ganglionnaire est nulle, la phase d’altération débute immédiatement. |
Pendant toute la période de réaction, le ganglion offre un mauvais terrain de culture aux microbes. Ceux-ci ne pénètrent qu'accidentellement et en petit nombre dans les voies lymphatiques où ils sont rapidement détruits. Dans quelques cas, l'obstacle opposé parle ganglion peut être franchi par le microbe qui envahit alors la circulation générale. Dans le cas où le microbe pénètre dans le ganglion, sa virulence y subit une atténuation.
Le ganglion lymphatique joue dans l’économie un rôle complexe ; cependant il présente surtout deux fonctions principales. Par son système folliculaire, à l'état normal, il concourt-à fabriquer les leucocytes qui circulent dans l’économie. Cette fonction, bien loin de s’atténuer, s’exagère au contraire au début de l'infection et persiste plus ou moins longtemps, selon la nature et la virulence du microbe envahisseur, et selon le degré de résistance de l'individu (âge, étatantérieur du ganglion, état réfractaire de l'organisme). Elle concourt à assurer la lcucocytose que l’on voit au début de la plupart des maladies générales.
Par son système des voies lymphatiques, à l'état normal, le ganglion fait comme la police de la circulation lymphatique.
Cette fonction prend une activité extraordinaire dans les infections : les cellules endothéliales et conjonctives, transformées en
phagocytes, achèvent l’englobement des bactéries qui ont.
échappé à l’action des leucocytes au point d’inoculation, et débarrassent la Iymphe des débris cellulaires et pigmentaires.
Vu : 0) Le doyen, P. BROUARDEL.
Vu :
Le président de thèse, , LANDOUZY.
Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :
Le vice-recteur de l’Académie de Paris,