THÉRAPEUTIQUE. — EFFETS PHYSIOLOGIQUES
Sans vouloir empiéter dans le domaine de la médecine, nous ne pouvons nous dispenser de donner quelques idées générales sur le mode d’administration, les cas où il convient de faire usage de ce purgalif et les effets physiologiques produits par sa médicalion.
N'ayant pas qualité pour exprimer à ce sujet des idées personpelles, nous invoquerons l’aulorité des maîtres de la science, el nous mentionnerons les opinions émises par certains d’entre eux.
Le jalap appartient à la classe des purgatifs drastiques, (douoruos efficace, formè de dpa j'agis, j’opère) qui déterminent un effet général el une dérivation promple.
M. Bouchardat fait remarquer que les purgatifs fournis par la famille des convoivulacées sont très-remarquables ; le jalap en particulier, administré en temps utile et d’une manière convenable, est un purgatif sûr et énergique, qui convient surtout aux tempérament mous et lymphatiques, précieux pour les enfants pour qui l’absence de mauvais goût le fait employer avec succès. Il purge bien, sans grand dégoût, sans causer d'irritation locale intense, sans qu’on ait à redouter autant d’accidents que lorsqu'on a recours aux purgalifs des cuphorbiacées ou des cucurbitacées, lesquels amènent parfois, à leur suite, des troubles graves dans l'appareil digestif,
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Bouchardat recommande l'emploi du jalap, toutes les fois qu'il s’agit de modifier la nutrition dans un assez grand nombre de maladies chroniques stationnaires ; il ordonne dans ce cas associé à lascilleet à la digitale ; il le conseille également lorsqu'on veut produire sur les intestins une révulsion soutenue, mais le proscrit absolument dans les maladies aiguèes.
M. Jaccoud dit: «ll est contre-indiqué quand il existe des maladies inflammatoires, dans lous les élats congeslifs du rectum ou des organes pelviens, et Loutes les fois qu’il y a landance aux métrorrhagies. »
Il le prescrit seul ou associé à d’autres substances dans la constipation, laménorrhée, les affections cérébrales où cardiaques, pour ramener un flux hémorrhoïdal continu.
M. Loiseleur Deslongchampset, avec lui, denombreux auteurs, le recommandent dans lPhydropisie, où il convient particulièrement, d’après lui, «pour provoquer un ébranlement dans tout le système abdominal, ranimer l'activité des vaisseaux lymphatiques et procurer l'absorption et l'évacuation des fluides infiltrés dans le tissu cellulaire et dans la cavité da bas-ventre.» I dit aussi qu'il n'a eu qu’à se louer de son emploi dans les affections comateuses, l’apoplexie, la paralysie, en réveillant la sensibilité générale, par son action stimulante sur les intestins.
On l’a employé avec succès dans les maladies vermineuses ; ce serait même un excellent vermifuge, d’après l'opinion de Van-Swielen qui rapporte, à l’appui de sa thèse, l'exemple d’une femme qui, faprès avoir fait usage des vermifuges les plus employés, et toujours sans succès, rendit un tænia de 7 iuètres, après l'absorption de ? gr. de jalap.
Pour noës résumer, nous dirons que le jalap convient, dans le plus grand nombre de cas, toutes les fois que se présente Vindication de purger; il ne faudrait pas cependant tomber daus les mêmes errements que Paullin, lequel considérait le
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jalap comme une panacée universelle. Cette purgalion présente l'avantage de pouvoir être continuée sans accidents notables.
Précautions à prendre dans l'emploi de lu résine. — La résine de jalap concentrant en elle-même toute la verlu purgalive, est douée d’une force irritante, d’une faculté purgative plus considérable que les autres modes pharmaceutiques ; aussi, exige-t-elle de la part du médecin une grande circonspection, parceque, employée mal à propos, ou chez des personnes d’un tempérament trop irritable, elle provoque quelquefois des nausées insupporlables, des efforts continuels pour vomir, des tranchées cruelles, des superpurgations suivies d’une prostralion extrême.
Les moyens les plus propres à prévenir ces inconvénients, provenant le plus souvent de ce que l’action de la résine se concentre sur un seul point, sont de la mélanger le plus exactement possible, soit avec l'huile d'amandes douces, soit avec un jaune d'œuf, soit avec la gomme arabique ou adragante, soit encore avec le sucre, et d’en composer des potions dans lesquelles on fait entrer des eaux aromatiques.
Modes d'administration et doses. — Les doses de la poudre de jalap sont de 0,50 à 4 gr. ; on la prescrit en pilules, ou bien on la fait prendre avec du miel, des confitures ou dans du bouillon aux herbes.
La résine est employée comme purgative aux doses de 0,20 à 0,50, comme excitante à 0,10 ou 0,20 centigrammes; on la prescrit en pilules, dont l’excipient est le sucre ou une émulsion faile soit avec 2 ou 3 amandes mondées, soil avec un jaune d'œuf. Mialhe a conseillé de l’incorporer au savon.
On associe souvent le jalap avec le calomel, qui augmente son action purgalive.
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La dose du jalap doit être relative à l’âge, au sexe, au tempérament et à la nature de la maladie.
En résumé, à petile dose, ce purgatif agit dans le plus grand nombre de cas, sans produire ni de coliques, ni de phénomène notable; mais à haute dose, il peul déterminer des vomissements, des coliques violentes, des inflammations de la muqueuse inteslinale. Qu'il nous soit permis d'exprimer l’idée que le jalap devrait toujours être préféré à la scammonée, pour qui les médecins montrent plus d'enthousiasme. A l’appui de notre thèse, nous dirons que la scammonée, telle qu’elle se trouve dans le commerce, est très-variable dans sa composition et par cela même dans sa vertu purgative, tandis que la résine jouit d’une composition el d’une activité constantes; avec d'autant plus deraison, que l’on emploie indifféremment la scammonée brute ou la rèsine de scarmmonée, sans tenir compte des différences notables existant entre ces deux médicaments.