L2 INTRODUCTION
Après le traité du P' Rouvière sur « les lymphatiques de l’homme » il semblait qu'aucune notion nouvelle ne pourrait être ajoulée à ce chapitre de l’anatomie.
Cependant notre Maître, le Professeur Rouvière nous a conseillé de reprendre l'étude des vaisseaux efférents des chaînes ganglionnaires mésentérique supérieure, coronaire stomachique, hépatique et splénique parce que ceux-ci mérilaient une mise au point détaillée. Il nous a particulièrement engagé à vérifier :
— la constitution du tronc intestinal et la disposition des canaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs ;
—- les relations probables entre le système des vaisseaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs et celui des chaines coronaire stomachique, hépatique et splénique.
Les résultats de nos observations sur ces deux questions nous ont de plus conduit à donner quelques précisions sur l’origine du canal thoracique,
Nous avons entrepris ce travail sous la direction de M. le P' Rouvière, nous sommes heureux de lui dire en cette place combien ses conseils nous furent précieux, combien sa bienveillance quotidienne nous a procuré de joies, combien il a acquis, durant ces longs mois passés dans son laboratoire de la Faculté, notre gratitude et notre respectueuse affection,
LES ENSEIGNEMENTS CLASSIQUES CONCERNANT LE TRONC INTESTINAL ET LA CONSTITUTION DU CANAL THORACIQUE
Si les auteurs ont observé avec soin les origines du canal thoracique, ils ne semblent pas avoir poussé à fond l’étude de l'anatomie du tronc intestinal. Les notions qu’ils en fournissent restent succinctes. Nulle part nous ne trouvons une description même sommaire de ce conduit ; au contraire, le plus souvent, ce vaisseau lymphatique est seulement cité sous son vocable latin de « truncus intestinalis ». Il n'apparaît pas non plus que ce tronc soit compris de la même manière par tous, au moins en ce qui concerne son origine. Mais on lui reconnaît une existence fréquente sinon constante :
— aucun classique n’omet de le signaler parmi les affluents initiaux du canal thoracique ;
— on lui donne le nom de « tronc », comme on le donne aux collecteurs des chaînes lymphatiques lombaires droite et gauche,
Tronc intestinal
Historique.
Nous avons réuni etclassé, dans ce chapitre, les faits épars qui constituent jusqu'à maintenant tout ce que l’on sait du tronc intestinal,
La notion du tronc intestinal remonte à une époque assez lointaine.
Si MAscaGNi, autant que nous ayions pu nous en
, assurer en parcourant son volumineux traité, ne le mentionne pas, un grand nombre d'auteurs, avant el après lui, font état de vaisseaux et de troncs lymphatiques qui semblent bien lui correspondre.
HarLer n’en lient pas comple dans les origines du canal thoracique : « Le canal naît, d’après mes expériences, du tronc des lymphatiques lombaires ». Mais il parle déjà du ou des troncs terminaux des vaisseaux lactés.
CRUIKSHANK le signale dans son remarquable livre d’ «anatomie des vaisseaux absorbans du corps humain » sans lui donner un nom. « Le canal thoracique, dit-il, commence par l’union de trois troncs, un desquels est le tronc des absorbans de la jambe droite, le second est le tronc des absorbans de la jambe gauche, le troisième est communément le tronc des lactés ».
SaPPEY décrit trois ou quatre canaux lymphatiques d’origine mésentérique, ils forment l’une des racines du canal (horacique ou de la citerne de Pecquet quand elle existe. |
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On voit apparaître seulement de nos jours leterme de «€ tronc intestinal ».
Jossirow s'exprime ainsi : « Il faut considérer comme origine du canal thoracique, d’après les indications de la plupart des auteurs, le point de confluence de trois grands troncs lymphatiques, notamment du tronc lymphatique lombaire droit, du tronc lymphatique lombaire gauche et du tronc intestinal ».
Puis viennent les travaux de Barres, de PorriEer, de Rouviëre ; dans chacun d’eux la notion du tronc intestinal prend toute son ampleur. Il reste à dégager d’après les textes sa signification.
Siguification du tronc intestinal :
La définition du tronc intestinal devrait comprendre : deux termes anatomo-physiologiques également importants :
— d’une part, sa constitution el la provenance de la lymphe qu’il draine ;
— d’autre part, sa lerminaison dans un collecteur plus volumineux que lui-même.
a) La conception du territoire dont le tronc intestinal représente la voie efférente ultime n’est ni identique, ni. précisée dans la plupart des ouvrages que nous avons consullés.
— Les anciens analomistes, en décrivant les vaisseaux lactés fusionnés en un ou plusieurs troncs, SAPPEY en étudiant les lymphatiques du grêle, semblent n'avoir envisagé que le jéjunum et liléon,