Prédatisme
Les prédateurs des œufs de Locusia dans la zone d’inondation du Niger sont encore à peu près inconnus puisque seulement deux larves de Coléoptères indéterminées ont été trouvées (cf. p. 77).
Les prédateurs des larves ne sont pas mieux connus : quelques larves du dernier stade ont. été observées dans le jabot d’une Outarde ; la capture, par les Poissons, des larves F, ;;, tombées à l’eau accidentellement, a été signalée à titre de curiosité (cf. p. 155).
Les Oiseaux, tels que Merops nubicus, prédateurs actifs des ailés, ont été l’objet d’ observations suivies. Il a été montré comment leur rôle est subordonné à la présence concomitante de facteurs de perturbation capables de provoquer l’envol des insectes (passage de l'observateur, troupeaux, feux de brousse) (cf. pp. 73, 92, 104).
L'influence des Oiseaux prédateurs sur l'effectif des populations des différentes générations n’a pu être chiffrée, mais les faits observés nous autorisent à dire que c’est vis-à-vis des ailés F, que les Mérops exercent le prédatisme le plus actif, ceci à la faveur des feux de brousse.
dr Compétition.
Le facteur compétition est considéré ici dans le sens de la concurrence causée aux Locusta par les espèces animales qui rendent leurs stations inhabitables ou tout au moins, non propices à leur maintien. Ainsi les troupeaux qui, par piétinement, détruisent la végétation particulière que l’on rencontre au bord des mares en saison sèche, nuisent considérablement aux larves de Locusta qui fréquentent précisément ces stations. Il y a non seulement destruction de la rare nourriture de bonne qualité qui soit disponible à cette époque, mais surtout transformation complète des conditions microclimatiques qui étaient créées par cette végétation particulière.
L'action de l’homme qui allume les feux de brousse s’exerce dans le même sens et ne laisse aux ailés épargnés par le feu et les Oiseaux prédateurs que des ilots non brûlés qui jouent, pour l'espèce, le rôle de stations refuges.