‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 89 sur 146 · Comportement des larves en terrains inondés · texte numérisé non relu

Comportement des larves en terrains inondés

Ainsi que ZOLOTAREVSKY l'avait montré, c’est bien par des ne verticaux que les larves réagissent à l’arrivée de la crue.

La caractéristique essentielle du comportement des Hat au-dessus de l’eau est leur grande immobilité ; ceci est particulièrement facile à vérifier dans les stations où la végétation n’est pas extrêmement dense (lorsqu'il n’y a pas plus d’une cinquantaine de feuilles émergeant sur 1 m°? du plan d’eau). Les feuilles portant des larves présentent généralement des encoches nutritiales

(a) Voir note (a) page 68.

qui, en raison de leur grande surface, correspondent à l'alimentation de la larve pendant plusieurs jours, cependant que les feuilles voisines ne sont pas attaquées. Une observation permet de préciser qu’une larve a vécu au moins un stade complet sur la même feuille : il s’agit d’une larve femelle du stade IV qui était sur le point de muer lorsqu'elle fut capturée, tandis que, sur la feuille de Riz qui la portait, se trouvait l’exuvie d’une femelle du stade III. L’appartenance de l’exuvie TIT à la larve IV est bien probable, car aucune autre larve n’a été vue dans un rayon de plusieurs mètres.

Sauf dans le cas de végétation très dense, le saut d’ une larve correspond chaque fois ou presque à une chute dans l’eau. La larve de Locusla migratoria semble en effet particulièrement maladroite auprès de celle de la plupart des autres espèces d’Acridiens. À volume égal, les larves d’autres espèces sautent beaucoup plus loin et sont susceptibles de’s’agripper à un nouveau support (Eyprepocnemis plorans CHARP. est une espèce particulièrement agile). Une fois tombée à l’eau, la larve de Locusta ne paraît pas déployer une grande activité dans la recherche d’un nouveau support, elle se laisse le plus souvent dériver à la surface par le vent (phot. 33). Dans quelques observations, le réflexe du saut est remplacé chez Locusta par celui de l’immersion : la larve descend, en reculant, sur la tige et s’immobilise lorsque son abdomen est immergé ; la partie supérieure de la tête et du pronotum demeure généralement au-dessus de l’eau (voir phot. 34). L'immersion totale à quelques céntimètres de profondeur n’a pu être constatée chez Locusla migratoria, alors qu’elles se produit très fréquemment chez la larve de Hieroglyphus daganensis Krauss : cette espèce s'enfonce jusqu’à 5 cm. au-dessous de la surface et peut y demeurer immobile pendant plusieurs minutes (6 minutes dans une observation) ; la larve est enrobée d’une volumineuse gaine d'air ; chez Locusla, les téguments ne sont pas non plus mouillés par l’eau, mais la gaine d’air qui entoure l’abdomen des individus partiellement immergés est moins volumineuse que chez Hieroglyphus (la cause de ces différences devrait être recherchée par la comparaison de la pilosité abdominale de ces deux espèces).

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