‹ Étude Électro-physiologique du mode d'action de la Diathermie Sa vérification dans la Diathermie abdominaleChapitre 22 sur 29 · SAM, C · texte numérisé non relu

SAM, C

tance alors que le précédent diminuait avec le carré

de celle-ci.

B. — Un champ électrique parallèle au champ de l’électron est par conséquent perpendiculaire au plan formé par les champs électriques et magnétiques de l’électron en mouvement uniforme.

Ce n’est pas tout, ces deux champs loin comme les précédents d’être fixes dans l’espace s’y déplacent avec la vitesse de la lumière, ils constituent le champ de rayonnement élecitro-magnétique créé par le courant et c’est justement ce champ qu’émet les anténnes de T.S.F.

C’est aussi ce champ et non pas le mouvement des électrons (c’est-à-dire le courant) qui à une fréquence beaucoup plus élevée constitue la chaleur rayonnante (intra-rouge médical), la lumière, l’ultraviolet, les rayons X, les rayons Gamma et probable-

ment les rayonnements cosmiques.

Mais dans ce domaine des vibrations électromagnétiques extrêmement rapides les phénomènes se compliquent et il faut admettre que l'émission se fait d’une manière discontinue et pour l’expliquer

faire appel à la théorie des quantas.

Etant donné l’action sur l'organisme de ces radiations action patente et non contestée il paraît logique et naturel à première vue de supposer qu’une radiation beaucoup plus longue puisse avoir une action thérapeuthique qui pour différente (ainsi que l’infra-rouge diffère des ultra-violets qui eux-

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même différent des rayons X) n’en différeraient pas moins.

L'action physiologique prouvée, la question se poserait alors de savoir quelle part reviendrait dans ces radiations à l’action propre du courant de haute fréquence.

Or, l'effet le plus clair de l’onde électro magnétique sur le corps humain est de produire des courants induits au travers de celui-ci. C’est l’auto-conduction de D’Arsonval et il faut remarquer que dans cette application l'intensité du champ magnétique est formidable tout étant prévue pour sa concentration.

Dans leur ensemble les actions physiologiques observées au cours de ces applications sont tellement comparables à celles constatées dans l'emploi de là haute fréquence directe que l’on a dans la pratique abandonné peu à peu cette modalité de traitement qui est un peu plus compliquée (grand solénoïde).

Ce qui ressort alors nettement en tout état de cause c'est que toute l’action constatée peut aussi bien être rattachée au courant induit qu’au champ électro-magnétique qui crée ce courant puisque l’un est inséparable de l’autre et l’on se rend compte qu'il est impossible dé trancher la question d’une manière absolue et définitive.

Mais ce qui pour nous paraît une certitude c'est qu'il n'existe pas d’action due au champ électromagnétique que l’on ne puisse attribuer au courant

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et dans ces conditions il nous semble probable que l'action du champ soit toujours due au courant qui l’engendre.

D'ailleurs on a pu avec des appareils à ondes relativement courtes (expérience de Baudoin et Gondet) obtenir le passage du courant de haute fréquence et ses effets habituels au travers de l’organisme au moÿen d’électrodes placées à une certaine distance du sujet (passage par champ électrostatique variable comme dans le lit condensateur).

On a beaucoup discuté ce sujet en Amérique où il ya des partisans de la thèse de l’ébranlement cellulaire et des adversaires aussi convaincus les uns que les autres. Pour nous étant donné ce que nous venons de dire nous sommes peu enclins à croire à la première théorie et sommês très frappés du fait que la résonnance cellulaire ne serait capable de se produire que pour une longueur d'onde caractéristique et unique et non pour n'importe quel courant de haute fréquence.

Il est donc vraisemblable que le circuit du malade est apériodique car l’action thérapeutique de la haute fréquence semble très peu variable pour de grandes variations de la fréquence.

Un argument reste en faveur de l’action du champ produit par le courant c’est celui de l’action des radiations ultra-violettes et X. Il nous semble vraisemblable qu’elles ne doivent commencer justement qu’au moment où le mouvement vibratoire devient

si rapide qu'ainsi que nous l’avons signalé précé-

TG

demment ils deviennent nécessaires dans l’explication physique des phénomènes de faire appel à la théorie des quantas.

lest d’ailleurs logique de penser que comme pour l’action de tout mouvement périodique celles-ci ne doivent exister qu’à partir d’une fréquence déterminée et ne persister que jusqu'à.une certaine fréquence limite à ce moment une autre action très différente peut en général se manifester à son tour.

C'est pourquoi à titre d'exemple typique il est vraisemblable que le rayonnement cosmique que l’on considère actuellement comme de la famille des rayons Gamma du radium (mais en beaucoup plus pénétrants, ils traverseraient des épaisseurs de plombs formidables) ne semble avoir aucune action sur notre orgâänisme.

Nous pensons qu’en tous cas l'hypothèse de l’action propre de ses rayonnements ne doit être admise que si des expériences bien démonstratives semblent létablir et si d'autre part aucune autre cause ne peut plus simplement en fournir l'explication.

Nous ne croyons pas qu'actuellement il en soit

ainsi pour le rayonnement électro-magnétique.

Parallèles physiologiques entre les appareils à lampe et les appareils à éclateurs

On a voulu à l’apparition des appareils à lampes, supposer que ceux-ci resteraient bientôt seuls utilisés et que le vieux dispositif à éclateurs de D’Arsonval après de si beaux états de service allait connaître l'abandon. Il n’en a rien été ; mais depuisles communications dans les Sociétés scientifiques, surtout celles des chirurgiens à propos des radios bistouris, ont tenté d’opposer les deux générateurs.

Nous ne les suivrons pas dans cette tentative et nous nous contenterons d'établir un parallèle physiologique entre eux, qui correspondra au parallèle que nous avons établi au point de vue électrique et qui en sera la déduction lozique.

Nous avons vu que la durée du passage d’un train d'ondes d’un appareil à éclateurs était dans les meilleures conditions possibles environ cent fois plus courte que la durée d’oscillations (1/2 période) d’un appareil à lampes. Dans ces conditions la simple logique doit faire penser que pour quel’échauffement moyen soit le même il faut que l'intensité

qui passa dans un appareil à éclateurs soit beau-

coup plus élevée que celle d’un appareil à lampes puisque la durée du passage est plus courte.

Des mesures très précises (effectuées au moyen de l’oscillographe cathodique dont nous parlerons au chapitre des mesures) ont montré qu'il en était bien ainsi, L’intensité instantanée dans un appareil à éclateurs atteint au moins 50 fois celle d’un appa:reil à lampes. La brusquerie du dégagement de cha. leur au sein des tissus est donc 50 fois plus grande. Il s'ensuit que les phénomènes de conduction calorifique au sein des tissus se trouvent modifiés par cette brusquerie et cette localisation de l’échauffement.

D'autre part, l'effet de massages doit se trouver plus marqué avec les appareils à éclateurs. En effet, le passage d’un train d'ondes, agit nous l'avans vu, sur les ions de la solution de sérum sanguin. La secousse de déplacement de ceux-ci dépend directement du champ électrique appliqué, mesuré en volts par cm. et le choc des ions contre les mollécules mobiles se trouve directement proportionnel à cette tension.

L'action anesthésique due aux interruptions d’un courant auquel est soumis le nerf doit être proportionnel à l'intensité de ce courant. Or, chaque train d'ondes d’un appareil à éclateurs dure tellement peu de temps qu'on peut le considérer comme un trait unique et le silence très long entre deuxtrains d'ondes successives correspond très sensiblement à l'interruption obtenue sur le courant continu par

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l'appareil de Leduc. C’est pourquoi on est en droit de supposer que l’action anesthésique du courant doit être beaucoup plus considérable avec les appareils à éclateurs qu'avec ceux à lampes dont la courbe de production s'éloigne beaucoup de celle du courant interrompu préconisé par Leduc pour provoquer l'anesthésie.

L'expérience clinique vient confirmer d’une manière éclatante cette hypothèse. C’est ainsi que la plupart des communications faites à propos de la comparaison des appareils à éclateurs et à lampes signalent les heureux effets calmants obtenus au moyen soit des appareils à éclateurs soit même du vieux dispositif de D’Arsonval alors que les appareils à lampes n'arrivent jamais à produire aussi bien. |

Dans l’arthrite rhumatismale, dans les calcifications de la bourse sous acromiale, Vignal a signalé les excellents résultats sédatifs qu'il avait obtenus

dans la haute fréquence au moyen d'appareils à écla-

teurs, résultats qu'il n'avait pu obtenir au moyen,

d'ondes entretenues.

L’eflet faradique que présente malheureusement assez souvent ces appareils vient contrarier souvent plus ou moins cet admirable effet sédatif. Par contre, il y a des effets propres qui viennent s'ajouter. C’est ainsi qu'au moyen de lPappareil à effet faradique variable mis à notre disposition à la Pitié par la Maison Walter, nous avons pu constater

cette règle à peu près absolue à savoir : que l’appa-

a) Re

reil étant poussé au maximum d'intensité les malades n'accusaient une forte sensation calorifique qu'autant que l’on mettait en train le dispositif dé faradisation et proportionnellement à l'intensité de cette dernière.

Le fait a été signalé à la Société Française d’Electrologie par notre Maître le D' Delherm lors de la présentation de l’appareiïllage. Il n’y avait trouvé à cette époque aucune explication.

Depuis les expériences que nous avons entreprises nous ont donné l'explication du phénomène.

Les appareils à éclateurs sont fort éloignés de fournir une onde pure, mais donnent au contraire autour d’une onde fondamentale un « bouquet » d'harmoniques dont l'intensité est loin d’être négligeable. Pour de faibles intensités seule londe fondamentale compte, mais dès que celle-ci devient notable les harmoniques entrent en jeu. Or leur longueur d'onde est telle qu’ils sont capables de provoquer des phénomènes sensitifs d’abord, puis des phéaomènes excito-moteurs, parmi.ceux-ci l’excitation des vaso-moteurs est indéniable elle s’effectue dans le sens d’une vaso-constriction qui s'oppose dans une certaine mesure à la lutte contre l'hyperthermie et limite de ce fait la tolérance de l'application. En même temps la vaso constriction tend à produire de l’anesthésie ou à renforcer celle déjà produite par le courant.

En dehors des différences de tension et de la discontinuité de production du courant, la plus

importante différence entre les deux appareils, est certainement cette existence, dans les appareils à éclateurs, d'ondes capables d'amener des actions vaso-motrices.

Elles sont capables d'amener chez les atoniques de forts bons résultats mais peuvent être aussi l’origine d’intolérances chez les hyper-exoitables nerveux, chez les algiques (sciatique et névralgie) ainsi que chez les grands spasmodiques.

Si l’on a bien compris la grande différence du mode d’action des deux appareils on choisira facilement celui qui convient le mieux à un cas déterminé, et pour finir sur un exemple typique, nous indiquerons que c’est l'appareil à lampe qui conviendra à un constipé spasmodique avec coliques, alors qu’il serait presque sans action chez un constipé par atonie ou l’appareil à éclateur sera suscep-

tible d'amener la guérison.

Des mesures.

Nous avons cru bon de préciser ici la portée des mesures que l’on peut faire en haute fréquence et quel est l’appareillage qu'elles nécessitent.

Tous les appareils possèdent actuellement un milliampéremètre thermique qui indique l'intensité du courant circulant au travers du malade. On a attiré l'attention sur la valeur extrêmement relative de ces mesures, à la Société d’Electrologie à la suite de travaux du Professeur d’Arsonval(l) et d’un article dans la Presse médicale qui concluait que les courants de haute-fréquence n’obéissent pas à la loi de Joule (2). Cette affirmation en elle-même est fausse ; tous les courants électriques qu'ils soient continus ou alternatifs, obéissent à cette loi mais il ne faut pas l'appliquer à des courants plus ou moins déphasés ainsi que le savent depuis longtemps les ingénieurs s’occupant des courants alternatifs dans l’industrie.

Les expériences du professeur d’Arsonval n'avaient d'autre but que de vérifier cette proposition et il

avait suggéré à la fin de sa communication que cette

1. Compte rendu Académie des Sciences, t. 185 (p. 324). 2. Presse médicale, 8 février 1928, p. 163.

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