V) L’ABSENCE DANS LE CADRE DE L'EPILEPSIE
Ce serait une erreur de ne considérer l’absence qu’en elle-même. Pour bien la comprendre, il faut la replacer dans le cadre des syndromes épileptiques, dont elle n’est qu’une manifestation. Mais elle en est certainement la manifestation la plus pure aussi bien du point de vue clinique que du point de vue électrique.
I est classique d’admettre que les syndromes épileptiques sont caractérisés surtout par la crise de
(4) MARCHAND : Maladies mentales, p. 360 et suivantes.
RS
grand mal, qui est connue depuis la plus haute antiquité. Longtemps elle a été considérée comme constituant toute l’épilepsie.
Puis l’évolution des connaissances à ce sujet a permis d’individualiser à côté d’elle un certain nombre de manifestations décrites sous le nom de petit maï. Dans ce groupe la place principale revient à Fabsence. Puis vient le vertige qui est un accident un peu plus important et qui représente un accès en miniature.
Les équivalents mentaux de l’épilepsie peuvent se manifester sous des formes variées : crises de délire haliucinatoire, confusion mentale, accès d’excitatior maniaque aiguë avec fureur.
Il existe des cas où l’épilepsie se traduit par des raptus impulsifs au cours desquels les malades frappent, détruisent, incendient, etc., en pleine inconscience, quelquefois cependant avec Conscience et douleur morale.
L’épilepsie peut encore se manifester par des crises de somnambulisme, d’automatisme ambulatoire, des fugues au cours desquelles le malade agit et parle dans un état second dont au réveil il ne conservera aucun souvenir.
Enfin, nous pouvons considérer comme équivalent l’épilepsie procursive dans laquelle le malade marche devant lui, inconscient, court, franchit des obstacles, etc. Dans certains cas, l’épilepsie procursive se rapproche beaucoup de Pabsence avec actes automatiques et peut être confondue avec elle.
À l’opposé de cette activité désordonnée, le malade
peut présenter des crises de narcolepsie de durée variable.
Les équivalents sensitifs et viscéraux s’écartent ercore davantage des manifestations typiques de lépilepsie avec lesquelles leur alternance exceptionnelle a permis d'établir une relation. Ce sont certaines formes de migraine, d’angine de poitrine, certains tics douloureux de la face.
Chez beaucoup de malades, nous observons la co existence de grand mal et de petit mal, les grandes crises alternant plus ou moins régulièrement avec les absences ou les vertiges. Chez d’autres on peut ne trouver que les grandes crises seules, ou les absences
et les vertiges à l’état isolé.
Les équivalents mentaux alternent le plus souveni avec les crises convulsives, les absences ou les vertiges. Ils existent parfois à l’état isolé et sont alors d’un diagnostic délicat.
De ce bref aperçu sur les syndromes épileptiques. nous pouvons conclure que l’absence n’en est qu’une manifestation ; si elle n’est pas la manifestation la plus dramatique, elle est certainement la plus typique.