‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 8 sur 100 · II. AUTEnR DE LIPITRE · texte numérisé non relu

II. AUTEnR DE LIPITRE

Quel est le Jaques dont Tépître porte le nom?

Peu de questions critiques ont été aussi fréquemment et aussi longuement discutées. Nous ne nous y arrêterons pas long-temps, parce que le résultat définitif reste douteux. Beaucoup de critiques déclarent maintenant la question à peu près indéterminée, et, ce semble, avec raison. — D'ailleurs les élémens de cette discus-

(*) Je regrette de ne pouvoir encore joindre à ce catalogue ,,1'Histoire de la théologie chrétienne au siècle apostolique", dont Mr. le Professeur Rkuss fait espérer la publication pour 1851.

À cette mention de l'oeuvre importante d'un maître de la science, qu'il me soit permis de joindre Tannonce d'un modeste travail rédigé par un élève, mais par un élève distingué. Mr. le Pasteur E. Arnaud fils, de Bourdeaux (Drdme) , va publier ou publie en ce moment des Recherches critiques sur l'épître de Judes, avec Introduction et commentaire. Les questions relatives à la personne de St. Jaques y sont traitées avec conscience et détail.

Cet ouvrage était dans l'origine un mémoire couronné par la Compagnie des Pasteurs de Genève.

PROLEGOUEIHES. Xlli

sion se retrouvent partout. Presque tous les ouvrages contemporains que je viens de citer les renferment plus ou moins.

Je me borne à résumer comme suit ce qui dans cette question est certain, ce qui reste douteux, et, dans le douteux, ce qu'on peut regarder comme probable.

1. n est certain que le Jaques dont Tépître porte le nom est celui qui, dans la première Eglise, était dit le Juste et frère du Seigneur. Il fut le chef, et, comme on le disait alors, VEvêque de TËglise de Jérusalem et par cela même des Judaïsans ; il suffrit le martyre vers Tan 10 de Néron, 64 de Tère chrétienne. C'est celui qui figure dans les Actes et les Epltres de St. Paul comme un personnage éminent, exerçant une g^rande influence, et d'un esprit doux et conciliant. Comp. Act. XII, 17; XV, 13; XXI, 18; 1 Cor. XV, 7; Gai. I, 19; II, 9; 12. Cela ne peut être nié, en face de la tradition unanime, comme du contenu de l'épître.

Il est encore certain que ce Jaques, qualifié d'apôtre par l'usage, et, à ce qu'il semble, par Paul (Gai. I, 19), n'est pas le même que Jaques, fils de Zébédée et frère de Jean. Cet apôtreci, nommé d'ordinaire Jaques le Majeur, avait subi le martyre (Act. XII, 2) environ 10 ans après l'Ascension, et bien avant les faits où nous voyons flgurer le Jaques de l'Eglise de Jérusalem.

2. Jaques le Juste, autre que Jaques le Majeur, quelle position occupe-t-il dans les Evangiles, et quels rapports soutenaitil avec J. C?

C'est ce qui reste douteux.

Suivant les uns il était le même que l'apôtre Jaques le Mineur, fils d'Alphée ou de Cléopas, et cousin germain de J. C. (Voy. Matt. X, 3; XXVU, 56; Marc III, 18; XVI, 1; Luc VI, 15; XXiy, 10.) — Suivant les autres il n'était point fils d'Alphée; il ne faisait point partie du collège des 12 apôtres. Il était, non cousin germain, mais légalement frère de J. C, ou comme fils d'un premier mariage de Joseph, ou comme fils puîné de Marie. — Nous voyons en effet Matt. XIII, 55, que Jésus a plusieurs frères. (Comp. Matt. XII, 46; Marc III, 31; Jean II, 12; VII, 5; Act. I, 14.) L'un d'eux se nommait Jaques. Ces frères étaient incrédules, mais ils arrivèrent à la foi, et, après l'Ascension, ils font partie de la première Eglise.

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