LES TOMBEAUX AÉRIENS
par DELILLE.
Dirai-je des Natchez la tristesse touchante ? Combien de leur douleur l'heureux instinct m'enchante Là, d'un fils qui n'est plus, la tendre mère en deuil
Des vers mis
A des rameaux voisins vient pendre le cercueil. Eh ! quel soin pouvait mieux consoler sa jeune ombre ! en prose. Au lieu d'être enfermé dans la demeure sombre ,
Suspendu sur la terre et regardant les cieux, Quoique mort, des vivants il attire les yeux. lÀ , souvent sous le fils, vient reposer le père ; Là, ses sœurs en pleurant accompagnent leur mère , L'oiseau vient y chanter, l'arbre y verse des pleurs , Lui prête son abri , l'embaume de ses ileurs : Des premiers feux du jour sa tombe se colore; Les doux zéphyrs du soir, le doux vent de l'aurore Balancent mollement ce précieux fardeau ; Et sa tombe riante est encore un berceau :
De l'amour maternel illusion touchante.