VOLTAIRE AU BOI DE PRUSSE
Sire,
Je ressemble à présent aux pèlerins de la Mecque, qui tournent leurs yeux vers cette ville après l'avoir quittée : je tourne les miens vers votre cour; mon cœur, pénétré des bontés de Votre Majesté, ne connaît que la douleur de ne pouvoir vivre auprès d'elle... Mon attaebement est égal à mes regrets; et si d'autres devoirs m'entraînent, ils n'effaceront jamais de mon cœur les sentiments que je dois à ce prince qui pense et qui parle en homme, qui fuit cette fausse gravité sous laquelle se cachent toujours la petitesse et l'ignorance; qui se communique avec liberté, parce qu'il ne craint point d'être pénétré ; qui veut toujours s'instruire, et qui peut instruire les plus éclairés.
Je serai toute ma vie, avec le plus profond respect et la plus vive reconnaissance, etc.
L>u stvle cpUtolaire.