‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 88 sur 147 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

— C*ett mon ftli adoptif.

— PoBrquei as-tu adopté un fils, puisque tu as des filles à toif

— Je Tai adopté quand je n'avais pas eneore de famille.

— Ah ! ah ! ... Eh bien, ne te f&che pas, maitre; tu as assumé une grande responsabilité! Ce mauvais sujet de Térence est d'une insolenoe et d'une méchanceté sans pareilles. Te rappelles-tu que nous nous sommes arrêtés à Grand-Mitichakh, pour faire reposer les chevaux ?

Vous êtes allés prendre le thé, et moi, je suis entré boire une goutte au cabaret.

Sais-tu ce que ce roussaud a fait en mon absence ? 11 a débridé les chevaux. Heureusement que je me suis dépêché, car il serait arrivé un malheur. J'avais d^exeellents chevaux, et ils auraient tout brisé ! Je me suis mis à le gronder ; alors le dréle m'a jeté une pierre à la figure, et m'a presque crevé un œil.

— Oui, dit le marchand avec un soupir; Dieu m'a puni de mes péchés.

— Eh ! maître l Est-ce qu'il est ton parent? Chasse-le.

— Non, mon ami; n le lK>n Dieu Dé m'a pas encore abandonné, moi, pécheur maudit, je ne puis pas laisser sans soins cet orplielia. Je dois supporter les chagrins quil me cause : que faire, mon cher !

que 1a volonté de Dieu s'accomplisse; si seulement le Seigneur avait pitié de ma femme et de mes enfants!

— Ne crains rien, maitre, interrompit le postillon, peut-être que tout ira bien. Le Seigneur est miséricordieux. Maintenant le chemin

est comme un miroir; faut-il te faire le plaisir d*aller plus vite?

—Voyous, mon cher! Si tu arrives à Moscou pour la messe, je te donnerai un rouble de pourboire.

-^ Merci, maître! Ton équipage est-il solide? reprit le postillon. Ohé !

les amis! Tiens-toi bien, Thadée

Abramovitche, poursuivit le postitlott eu tirant son fouet de sa cein ture. Allons, paresseux, gare les coups!

« Hé ! Serko, tu u'ava nces pas !.. :

As-tu mal aux pieds? » Notre vif (k)stillou siffla, cria, et l'équipage roula rapidement sur le large 4^emin. Plusieurs villages, entre autres Alexievsky, avec sa maison inipériale et ses étangs unis comme glace, passèrent rapidement devant les voyageurs, et les cloches des matines ne s'étaient pas encol*e fait entendre, lorsque le postillon, retenant avec peine son attelage, s'arrêta À la barrière de Troitsky. Un vieil invalide s'approcha d'eux avec indifférence, et, apprenant que le marchand arrivait de l'heureuse ville dlaroslaw, ouvrit la barrière sans autres questions. « Tu es bien henreux, maitre! » dit le cocher, en fouettant ses chevaux. « A mon dernier voyage, on m'a retenu ici presque depuis midi jusqu'aux vêpres, et qne de questions ne m'a* t-on pas faites! »

— Voilà un transport qui vient à nous, dit le marchand ; on ne l'a pas du ^ottt arrêté.

— Oui, oui, poursuivit le cocher, quelle en est donc la cause?

— Il me semble, mon cher, qu'il n'y a personne pour garder noire bon Moscou.

Delà traduction.

DEUXIEAIE PARTIE.

- — Quediâ-tu , maître ! crois- tu

De la qu*il y ait peu de soldats ici ? II y a

traduction. ^^^^ quantité prodigieuse de gardes

de ville. Mais, vois-tu»c' est que cela

va mieux à Moscou.

— Dieu le veuille ! »fit le marchand avec un profond soupir.

. Le transport qui se dirigeait vers les voyageurs prit tout à coup et vivement sur le côté, et on entendit crier d'une voix rauque : « Garetoi , voici un équipage! » Une minute après, tout Je milieu de la roule était vide, et le naarchand aperçut devant soi un convoi si affreux, que son cœur se glaça d'effroi. Une longue file de chariots s^avançaient vers la barrière, chargés ^e cercueils; quelques-uns étaient si mal cloués, qu'ils semblaient, à chaque secousse , prêts à se disloquer ; d'autres étaient sans aucune espèce de couvercle, et les cadavres défigurés, à peine couverts de nattes, regardaient les passants. Les vivants qui entouraient ce cortège funèbre, parurent au voyageur plus affreux que les morts eux-mêmes , non parce qu'ils étaient vêtus comme des épouvautails, en blouses et en bonnets de coton, mais à cause de leurs visages ivres et défaits, de leur air féroce, de leurs rires sans raison à la vue des passants, qui se dépêchaient de se détourner; tout cela leur donnait l'aspect de véritables démons. Un peu plus loin, des soldats de la garnison marchaient le fusil au bras, avec un employé de police à cheval.

— mon Dieu ! dit le marchand; quelles gens est-ce là! . . . Ils n'ont pas une ligure humaine.

— Ne voistu pas, maître, qu'ils

sont aux firrs? interrompit le postillon. Ce sont des brigands.

— Des brigands? répéta le marchand d'une voix craintive.

— Eh ! oui. D'abord des employés de police conduisaient les morts hors de la ville; mais, comme il eu mourait trop, ce sont maintenant des détenus qui font ce ser-' vice.

— Hé ! maître î s'écria un des brigands; donne-nous quelque chose f Nous n'avons pas de quoi célébrer la mémoire des morts.

— Ne fais pas l'avare ! reprit un antre, peut-être que demain nous t'emmènerons aussi. »

Le marchand leur jeta une poignée de petite monnaie ; tous les brigands, tels que des chiens aifemes, se précipilèrent pour ramasset' ce cuivre; un seul d'entre eux, qui mesurait trois archines * , ne suivit pas leur exemple. Il resta immobile à sa place, et regarda attentivement le marchand.

— Eh! flandrin! qu'as- tu à regarder ainsi? s'écria un de ses camarades. Veux-tu goûter du fouet?

Marche !

-- Passons plus vite , mon cher, murmura le marchand : on ne peut regaràer ces gens snns effroi.

— Si tu passes deux jours ici, tu t'y habitueras, » murmura le postillon en fouettant ses chevaux.

Ils firent le chemin de la barrière à la tour de Soukhareff, sans rencontrer un passant. Un silence de mort, interrompu de temps en

• L'archine russe équivaut à euviviron 71 centimètres.

CHAPn^E TROISIÈME.

temps par à^ cris étoufféa qai sortaient des maisons; sur le parvis des rglises des troupes de mendiants gelésy des portes clouées, des fenêtres sans vitres, et presque à chaque pas des croix rouges sur les portes cochères. Au delà de la tour de SoukharefT, les voyageurs dépassèrent des passants isolément, puis des troupes d^hommes et de femmes, et lorsque près de la porte SaintpNicolas ils prirent à gauche, le long du mur de la ville, il leur fallut s'arrêter à chaque instant pour ne pas écraser le monde.

— Regarde donc, maître, comme tous les orthodoxes courent prier la sainte Mère de Dieu! Regarde, regarde! Là-bas , près de la porte de Sainte- Barbe! ... Ah! mon Dieu!

que de monde, comme cela fourmille!

— Qu'est-ce que c'est que cela?

dit le marchand, entendant des sons étouffés qui , semblables au roulement éloigné du tonnerre, sortaient de la foule innombrable du peuple; cela ne ressemble pas au bruit que font d'ordinaire les gens en parlant... Entends>tu comme on crie.'

— J'entends, Thadée Abramovitche. La dernière fois il n'y avait pas moins de monde, et l'on ne faisait pas tant de bruit. . . Ne sont-ce pas des ouvriers de fabrique?

— Que Dieu nous en préserve!

— Mais attends , maître , nous verrons mieux quand nous serons plus près.

Environ trois cents pas avant d'arriver à la porte Sainte -Barbe» les voyageurs furent obligés de s'arré ter. Tout l'espare compris entre le

mur de là ville * et l'église de la Toussaint était couvert de monde.

— Eh bien, il n'y a rien à faire, dit le marchand en descendant du chariot. Rebrousse chemin, peutêtre pourras-tu arriver à la porte Sainte -Barbe par celle de Saint- Élie, et moi j'irai tant bien que mal à pied chez moi. ><

Le postillon tourna ses chevaux et le marchand se mêla au peuple; tantôt s'avançant lentement» tantôt entraîné par la fouie rapide, i] se trouva en quelques minutes près de la porte Sainte-Barbe.

Le premier pbjet qui frappa ses yeux fut un h^mme de moyenne taille, debout sur un banc élevé, les cheveux en désordre, sa,le, déchiré; on eût dit un prisonnier échappé de son cachot; il criait de temps en temps d'une voix, enrouée et en traînant ses paroles : '> Donnez , orthodoxes, donnez pour un cierge à la sainte Vierge ! » On avait pljicé une échelle sous l'image de la Mère de Dieu, incrustée dans le mur de la tour, à deux sagènes ^ du sol; le peuple y montait sans cesse : les uns baisaient Timage, les autres lui offraientdes bougies; ceux qui étaient en bas s'accrochaient à ceux qui étaient en haut, les tiraient à eux , et tous tombaient ; on les foulait aux pieds, on les écrasait; les jurements, les cris, les plaintes des femmes, les gémissements des

< La partie de Moscou qui constituait autrefois toute la ville, la Cité, est encore de nos jours entourée d'un mur.

' Une sagène mesure trois archines.

Delà traduction.

DEUXIÈME PAATIE.

De la traduction.

moribonds, faisaient un hruit sem* Mable à celui d'une mer en cour^ roui. Le marchand prêta l'oreille aux coQTersations de quelques per* sonnes, et entendit le nom de Tar* chevêque Ambroise, et des allusions à un danger qui mcDa^it le vénérable pasteur. Il voulut savoir au juste de quoi il était question; il interrogea pluaeurs personnes; les réponses étant obscures ou ne eon<^ tenant que des menaces générales, il cessa d'y faire attention. Lorsque la foule commença à s'éclaircir, le miarchand avança denouveau. Ayant dépassé réglise de Saint-Georges -le- Victorieux, il se trouva sur une place vide: derrière lui bouillonnait la foule, devant lui la rue était déserte ; seulement, de distance en distance, des femmes de riches marchands, qui vivaient enfermées sans oser sortir, regardaient en cachette aux fenêtres. Tout à coup le marchand, qui allait à grands pas , s'arrêta ; il avait vu de loin le toit de sa maison; son cœur se serra, une sueur froide couvrit son pâle visage. Jusqu'à ce moment il n'était pas encore malheureux, il pouvait espérer, il pouvait se dire:

« J'ai une femme, j'ai des enfants. »

Mais maintenant... encore quelques pas, encore quelques secondes... et peut-être y a- 1 il longtemps qu'il est seul au monde ; misérable or^ phelin aux cheveux gris, peut-être cherchera t -il en vain une tombe sur laquelle il pourrait pleurer.

« Dieu de bonté, « murmura le pauvre vieillard, «je ne t'implore point pour moi ; mais, pour racheter leur vie , envoie-moi des maladies, des souffrances, fais -moi descendre vi-

vant dans la tombe, et je célébrerai ta miséricorde l M

An même instant, un jeune gar- ^n, les habits déchirés et la figure bouleversée, vint, en courant et ea regardant continuellement en arrière, se heurter contre, le marchand.

— Térence ! lui eriaeelui^, en le prenant par la main, est-ce toi ?

— Sans douter c'est moi, murmura, te garçon, essayant de se dégager.

— Mais, attends ! Où cours-lu ?. .

Eh bien I parle ! tout le monde se porte-t-il bien chez nous? Que fait ma femme?... Que font mes filles ?

— Qu'est-ce qui pourrait leur aiv river? dit le gïrçon en regardant avec impatiénoe devant lui.

— Elles sont donc en vie?

— Et qui le sait?

— Ne demenres-tu donc pas avec elles?

— Pas du tout! Je suis latigeé d'être battu.... Laisse -moi donc !

— Est-ce possible ! s'écria le marchand ; tu as quitté ma maison ?

Comment as-tu osé?

— Comme cela! dit le garçon em dégageant sa main, et en courant à toutes jambes vers la porte Sainte- Barbe.

— Il vit ! murmura le marchand, en suivant des yeux son enfant adoptif. Peut-être est-ce un ange qui a pris sa figure; ma femme, mes enfants...

Oh ! marchons , nurchons ! continua-t-il en pressant le pas; ce qui doit arriver, arrivera ; il faut en finir.

11 arrive devant sa maisén ; il regarde : les volets sont fermés, les

CHÀPFrR>: TROrSltME.

portes qui danoent sur la rue sont coddaHiiiées ; il se dirige vers la porte cochère. Juste Dien! elle est marquée d'une croix rouge f . . . .

Mais qu*entend-il... un chien a aboyé dans lacoar. Donc la maison A*e8t point entièrement abandonnée. Le marchand frappe ft la petite porte... pas de réponse; seulement le chien, sentant son maitre, aboie encore plus fort qu'auparavant.

Quelques minutes se passent....

Même silenoe de mort. Mais une fenêtre de la maison voisine s'ouvre doucement, et un homme à la figuré pâle et maladive dit au marchand :

— Ne frappe pas, mo<n cher; il n'y a personne dans cette maison.

— Personne? répéta le pauvre vieillard d'une voix entrecoupée, et ia maltresse de la maison ?

— EUe est morte avant-hier.

— Et ses filles?

— Hier on a conduit la dernière au cimetière.

— La dernière!., murmura le marchand. Il s'appuya au mur de sa maison. Le malheureux ne se souvenait que trop. 11 sentait, il cmaprenait qu'il n'avait plus ni femme ni enfants. Il y a un chagrin que , Dieu sait pourquoi , nous appelons chagrin : il n'aî et ne peut avoir de nom dans la langue des hommes. Ce sentiment ne dure point autant que le dernier soupir d'un mourant ; mais la moitié d'une vie de maladies continuelles, tout un siècle de souffrances corporelles, rien n'est comparable à cette mort momentanée de l'âme. Le vieillard abandonné gardait le silence, il n'y avait pas une larme

dans ses yeux , pas un soupir dans sa poitrine ; il regarda le ciel : le ciel était serein, clair, mais aussi muet, aussi morne que son àme.

Il lui sembla qu'une voix murmurait à son oreille : «Ne frappe point non i^us à cette autre porte , vieillard, car personne non plus ne te répoudra.» Le regard éteint du marchand s'arrêta sur l'entrée de Vèglise, devant laquelle il se trouvait.

Tout à coup ses yeux jetèrent des flammes. « Quoi ! » s'écria-t-il en grin^nt des dents, « ni mon repentir, ni ma fervente prière, ni mes larmes sanglantes, rien n'a donc pa te fléchirt » En ce moment quelqu'un sortit de l'église : on y chantait un Te Deum, et, par la porte entr'ouverte , on entendait de faibles voix chanter au chœur :

• Roi des cieux, vrai consolateur d'une âme pure ! » Les parolesdu désespoir s'évanouirent sur les lèvres du marchand ; une douce résignation descendit dans sou âme comme une pluie bienfaisante, des larmes s'échappèrent de ses yeux, et il s'humilia devant la puissance d'un Dieu vengeur.

Une ardente prière soulagea le cœur du malheureux. Il sentait toute la grandeur de sa perte -, il pouvait dire : « Mon àme est triste jusqu'à la mort.» Mais il ne murmurait déjà plus contre Celui qui donne et qui reprend. « Que ta sainte volonté soit faite.!» dit-il en fixant les yeux sur l'image du Sauveur, suspendue h l'entrée de l'église. Ton jugement s'est accompli sur moi, tu vois mes souffrances, Seigneur!... Seigneur! suis-je en paix avex toi?»

Delà traduction.

Delà traductiou.

Tout à coup une foule de monde déboucha de la porte Sainte- Barbe, et il enteiidil de nouveau le nom d'Ambroise. ^e mfirchand frissonna: il conmiença à craindre pour la sécurité du vénérable archevêque, qu*il cpnnais^it parfaitement.

, I/Qffliçtion dans le cœur, nous Rêvons mentionner ici \in événenient dont Thorreur ne nous permet pa9 de d^uvrir tous les détails.

Outre les calamités que Moscou supporta dans ce teipp^, il lui était réservé d^ajouter aussi une page lugubre à son histoire. Un crime affreux s'accomplit dans ses murs :

l'archevêque Ambroise tomba, comme on le sait, sous les couteaux d'une troupe d'abominables malfaiteurs. Jetons vite un voile sur cet événement sacrilège, que les anciens habitants de Moscou ne peuvent se rappeler sans frayeur, et disons seulement quelle part y prit nptre marchand des boutiques de meccerie, Thadée Abramovitche S^biriakoff.

S'étant assuré de la réalité du projet de ces malfaiteurs, ce malheureux résolut de délivrer Ambroise. Le lepdemain, 16 septembre, de gran4 m^tin, il galopa vers le couvent d§ Donsl^oé, où demeurait l'archevêque. Il rencontra auprès de la porte cochère de l'habitation un jeune novice et le frère servant d'Ambrpise, et insista auprès d'eux pour qu'ils persuadassent au digne pasteur du s'éloigner sans retard de Moscou, l/archevéque n'avait pas encore eu le temps de suivre ce conseil, que les assas-

sins étaient déjù à la porte du couvent, il chercha un asile dans l'église. Les malfaiteurs enfoncèrent la porte du temple , et Tenfant adoptif de Sibiriakoff, un serpent sous la forme humaine, le découvrant à la tribune, le montra aux fanatiques irrités. Les brigands firent descendre l'archevêque de la tribune. L'un d'eux, dans lequel Sibiriakoff reconnut l'ouvrier de fabrique qui quêtait à la porte Sainte-Barbe pour un cierge à la Mère de Dieu, se montrait plus acharné encore que tous les autres.

Après avoir épuisé tous les mots iniurieux, il tenait déjà son large couteau sur la poitrine de la victime. Sibiriakoff lui saisit le bras et arrêta le coup. « De quoi se mélet-ilp » mugirent les brigands qui l'entouraient; «tombez-lui dessus!»

— Ou'avejs-vous, mes frères.^»

s'écria le marchand, " ne suis-je pas des vôtres.' Est-ce bien de profaner ainsi le temple de Dieu? Condui sons-le hors du couvent, et là nous le questionnerons, nous verrons...»

— « C'est vrai , c'est vrai ! » s'écrièrent les brigands! « Il ne s'enfuira pas! » Sibiriakoff espérait avoir le temps de toucher la conscience de ces monstres; mais tous ses efforts furent inutiles. Ambroise périt. Les malfaiteurs n'échappèrent point au châtiment qu*i1s avaient mérité. Pierre Dimitriévitche Éropkine, alors seule autorité de Moscou, avait eu le temps de rassembler plusieurs compagnies du régiment de Vélikoloutsky, qui était cantonné à trente verstes de la ville, et, avec le secours de cette poignée de soldats , il dispersa lé

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