‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 11 sur 115 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

OBSERVATIONS DE GUÉR1SONS PAR LE ROB BOYVEAU, RECUEILLIES PAR LE DOCTEUR GIRAUDEAU DE SAINT -GERVAIS, EN 1856.

1°M. M..., âgé de quarante- quatre ans, contracta, en 1845, un écoulement, à la suite de relations avec une femme qui se disait saine. Il eut recours aux capsules de Mothes, et aux injections astringentes. Ce traitement diminua seulement l'intensité de l'écoulement. Le malade avait conservé un suintement qu'aucun moyen n'était parvenu à tarir.

Je lui conseillai l'emploi du Rob de Boyveau-Lafïecteur. Deux bouteilles suffirent pour la guérison, et depuis jhuit mois rien n'a reparu.

2° Une dame, incommodée d'un écoulement leucorrhéique, communiqua à M. X... une véritable blennorrliagie. Elle affirma toutefois que la santé de son mari n'avait pas souffert la moindre atteinte. Ce fait, qui est très-fréquent dans la pratique, déconcerte au plus haut degré les personnes du monde, dont les opinions sont complètement erronées à cet égard. Les deux malades se traitèrent par le copahu et le cubèbe sans obtenir le moindre succès.

Une seule bouteille a suffi pour la dame; tandis que l'homme fut obligé de consommer trois bouteilles; l'emploi de quelques bougies, selon ma méthode , devint indispensable pour prévenir un rétrécissement du canal qui menaçait de se former.

5° Deux jeunes gens communiquèrent avec la même fille, dans une des maisons de tolérance de la rue de Richelieu. L'un contracta

un écoulement, l'autre un chancre. Ils vinrent me consulter le 1er octobre 1846, c'est-à-dire au début de leur maladie. Trois bouteilles de Rob ont suffi à leur guérison.

4° Un élève de l'école Polytechnique portait un ulcère au gland]: un phimosis s'était déclaré consécutivement. Il eut recours à un praticien en réputation, et Yiodure de potassium fut administré. Ce médicament fatigua beaucoup le malade, et ne détermina aucune amélioration. Je reçus -ce jeune homme à ma consultation le 45 octobre 4846, et le 45 novembre il était complètement guéri à l'aide de quatre bouteilles de Rob.!

5° Le général X... avait été traité au moyen del'iodure de potassium à la suite de plusieurs gonorrhées. Différents sels mercuriels lurent associés à ce traitement, auquel on assignait une grande valeur. En effet il s'agissait de combattre une grave complication de symptômes. La figure était couverte de dartres (on plutôt de syphilides);il y avait douleur générale et intense dans le trajet de tous les membres : une migraine fréquente paralysait les actes de l'intelligence. En outre on avait constaté un rétrécissement du canal et des symptômes d'impuissance la plus complète.

Étant appelé à reconnaître l'état du général X..., je m'empressai de le soumettre à l'emploi du Rob. En trois mois la guérison fut effectuée : douze bouteilles de Rob devinrent nécessaires.

6° Une petite fille, âgée de sept ans, offrait des signes caractéristiques de la constitution scrofuleuse : engorgement des glandes du cou, teinte mate de la peau, regard éteint, auréole bleuâtre au-dessous des paupières inférieures, etc. La santé de la mère était parfaite ; mais le père avoua que dix-huit mois avant son mariage, il avait été atteint d'une gonorrhée, et que, sauf quelques modifications, la maladie s'était constamment maintenue.

Le mode de traitement devenant ici exceptionnel, je soumis l'enfant au Rob, pendant trois saisons de suite ; depuis le mois de mars jusqu'au mois d'août. Après ce laps de temps, il y avait guérison solide : le tempérament maladif ne laissait plus une seule de ses traces.

7° La baronne de..., âgée de vingt-deux ans, fut, à l'issue de son mariage, excessivement incommodée de Hueurs blanches, de démangeaisons acres aux parties et à l'anus. Cependant son mari croyait. avoir toutes les garanties voulues sur sa santé au moment de son union. Ayant contracté une gonorrhée deux ans auparavant, il s'était traité par les capsules de Mothes et celles de Raquin. Sa sécurité se trouvait fondée sur ce que rien n'avait reparu au moment de son mariage. Or, l'exaltation inséparable du rapprochement entre jeunes époux raviva le germe d'une maladie toujours existante : elle se re-

produisit cette fois sous forme de chancres volants. Quatre bouteilles deRob pour le mari, et deux pour la femme, suffirent pour une guérison complète qui ne s'est pas démentie.

8° Madame de..., femme d'un consul étranger, était affectée d'une ulcération aphtheuse suspecte de l'arrière-gorge, et de granulations du col de la matrice, par suite des écarts de son mari. La maladie étant jugée des plus graves, on tenta remploi de la décoction rapprochée de salsepareille, d'après la méthode de Sainte-Marie ; l'iodure de potassium, l'iodure de mercure, furent ensuite administrés pour réparer l'insuccès de la salsepareille. Enfin on pratiqua la cautérisation du col de l'utérus. On était arrivé à proposer l'excision des amygdales, lorsque la malade se présenta à ma consultation. Le traitement, qui exigea deux mois de temps, se composa seulement de huit bouteilles de Rob de Boyveau.

9° M. ..., chef de bureau d'une administration publique, âgé de vingt-neuf ans, était depuis trois ans dans un état de morosité voisine de l'hypochondrie, que molivait son état actuel. Un suintement habituel de l'urètre se liait avec une affection catarrhale de la vessie : l'impuissance avait complété cette affligeante position, après l'abus du copahu. Douze bouteilles de Rob ont été employées dans ce cas remarquable. Le malade s'est marié, et son premier enfant atteste la santé irréprochable dont jouit maintenant le père.

10° Madame X... m'a offert une des observations les plus concluantes que je puisse rapprocher du fait précédent.

Elle avait constamment les yeux rouges, et cette couleur hâve de la peau que donne la maigreur. Un flux leucorrhéique absorbait sts forces et annulait toute énergie morale. A peine son mari parvenait-il, comme époux, à lui faire partager ses désirs ; cet homme d'ailleurs, doué d'un tempérament ardent, s'irritait de la stérilité de sa femme. Six bouteilles de Rob ont suffi pour ramener à l'état normal des organes, qui heureusement n'étaient qu'entravés dans leurs fonctions. Madame X... est accouchée au bout de dix mois d'un enfant bien portant et très-vigoureux.

11° M. ,.., âgé de dix-sept ans, encore au collège, eut le malheur de céder à de funestes conseils, en s' exposant avec une fille publique ; un chancre et un bubon furent la conséquence de ce fait. Le jeune homme m'ayant consulté immédiatement, quatre bouteilles de Rob, et un régime sévère, guérirent complètement la maladie prise à son début.

42° Un ouvrier ébéniste se trouvait atteint d'une phlhisie au deuxième degré, résultant d'une saturation mercurielle. Le malade me fut vivement recommandé, et j'entrepris la guérison, qui eut lieu

au bout de quatre mois, après l'emploi de quinze bouteilles de Rob. Je ferai observer, à ce sujet, que de nombreuses observations ont démontré constamment la puissance du Rob, dans le cas de phthisie produite par l'emploi abusif ou intempestif des préparations mercurielles.

Observations communiquées par M. D'Etilly, médecin à Paris, sur l'emploi du Rob

de Boy veau.

Première observation. M. L..., armateur, après un voyage au long cours, vint me trouver le 10 avril 1845. Il était âgé de quarante-cinq ans, et se trouvait, pour la première fois, atteint d'une affection syphilitique; ce qui produisait sur lui une affection morale des plus pénibles ; il motiva ainsi sa démarche auprès de moi.

A. une époque où la maladie vénérienne ne lui était connue que de nom, le fait suivant devint un de ses souvenirs ineffaçables. En 1824, le docteurDupont avait guéri M. T., négociant à M., ainsi que sa femme, tous deux atteints d'une affection syphilitique. M. L. se rappelait seulement qu'on désignait les symptômes saillants de cette affection, sous le nom de scorbut, et de dartres pustuleuses vénériennes. Ce qui l'avait surtout frappé, c'était le nom du remède ; celui du Rob de Boyveau-Laffecteur, dont le mari prit douze bouteilles et la femme neuf : ces personnes, ajouta-t-il, étaient des amis de sa famille : je reviens maintenant au malade, objet de ma consultation.

Il portait à la partie inférieure du gland, près du frein de la verge, une ulcération assez étendue, et fournissant un pus sanieux. Les forces digestives s'accomplissaient imparfaitement, et une maigreur remarquable datait surtout depuis trois mois. Après avoir rassuré le malade, et de plus félicité sur le bonheur de ses souvenirs, je lui fis prendre sept bouteilles de Rob de Boyveau, qui le guérirent radicalement.

Deuxième observation. — M. V..., enseigne de vaisseau, âgé de trente-deux ans, se présenta à ma consultation, avec tous les symptômes d'une ophthalmie chronique; la maladie datait de deux ans. Les paupières avaient été le siège primitif de l'inflammation ; puis le globe de l'œil s'était trouvé intéressé. Jusque-là M. V... croyait à un mal d'yeux ordinaire; mais la vision devenant moins nette, l'affection présentait enfin les caractères les plus alarmants. M. V... redoutait déjà que la cécité ne vînt détruire toutes les espérances attachées à une carrière brillante. J'examinai minutieusement l'état des yeux, et je reconnus une ophthalmie syphilitique. J'appris que le traitement avait eu pour base les préparations mercurielles, qui sont presque exclusivement employées à bord.

M. V.., n'ayant qu'un congé très-limité, me supplia de modifier aussi

promptement que possible la gravité de son état, afin, disait-il, qu'il pût au moins goûter un peu de repos moral. Je le soumis au Rob de Boyveau; trois semaines après il y avait un amendement très-appréciable dans l'ensemble des symptômes.

M. V... fut obligé de partir, et six mois après il me fit savoir qu'il était parfaitement guéri, grâce au traitement exécuté dans toute sa rigueur. Dix-sept bouteilles de Rob de Boyveau furent consommées.

Troisième observation. — Un ouvrier mineur vint réclamer mes soins pour une syphilis chronique qui datait de quinze mois. Cet homme me présenta une lettre du médecin chargé du service de santé de lamine où il travaillait. Voici le sommaire de ce qui s'était passé.

Au début, chancre de la verge bientôt suivi d'un énorme bubon à droite. L'abcès parcourt toutes ses périodes, et est ouvert. On administre la liqueur de Yan-Swieten, comme base du traitement, puis les bains de pieds mercuriels selon la méthode italienne. Les accidents primitifs se dissipent complètement; mais, quinze jours après leur disparition, la peau se couvre de pustules, et d'abord au front (corona Veneris); enfin presque tout le corps est envahi par l'éruption. De plus, les gencives deviennent molles et fongueuses; il y a commencement de salivation. Ce qui captive principalement l'observateur, quel qu'il soit, est la maigreur effrayante du malade, son teint blafard à teinte verdâtre ; la décoloration propre au faciès des mineurs se combine ici avec celle de l'état maladif. On donne de nouveau le mercure, et les désordres s'accroissent. C'est en désespoir de cause qu'on engage le malade à tenter une cure par le Rob de Boyveau-Laffecteur.

Je fus obligé de commencer par les doses les plus minimes, attendu le délabrement des voies digestives. Néanmoins le traitement apporta un changement si inattendu dans l'état général, qu'en six semaines je pus élever les doses jusqu'à huit cuillerées par jour, avec des intermittences, il est vrai. Cinq mois de temps et dix-huit bouteilles de Rob de Boyveau complétèrent la cure , une des plus remarquables qu'un praticien ait à enregistrer.

Ces observations ont été communiquées à M. Giraudeau de Saint- Gervais le 1er décembre 1846.

Dangers du mercure, de l'iode, du copahu et des injections.

De toutes les maladies auxquelles l'homme est sujet, aucune ne mérite davantage de fixer l'attention des médecins et des gens du monde que la maladie syphilitique. Cette maladie flétrit l'existence de l'homme. Abandonnée à elle-même, elle a une durée illimitée, les symptômes s'aggravent, la santé se détériore, et des infirmités pires que la mort peuvent en être les tristes conséquences.

En examinant la thérapeutique de cette maladie, on voit qu'une foule de méthodes et de médicaments divers ont tour à tour été prônés et mis en u^age par des médecins, des guérisseurs et des charlatans de toute espèce, qui sont sans aucune connaissance ni titre légal dans la société.

Au milieu de la fluctuation des opinions diverses qui se sont tour à tour englouties dans le fleuve de l'oubli, le mercure a longtemps survécu et a été considéré comme l'antidote par excellence, depuis Bérenger de Carpi. Mais que d'accidents n'a-t-il pas produits! La guerre la plus terrible n'a peut-être jamais été aussi meurtrière; déjà, au seizième siècle, un célèbre médecin, Ulric Hutten , qui avait subi dans l'espace de neuf ans onze traitements mercuriels sans avoir pu guérir radicalement, prétend qu'à cette époque à peine si l'on voyait guérir un malade sur cent.

En province et à l'étranger les substances mercurielles forment encore la base de tous les traitements antisyphilitiques ; et si à Paris on a essayé l'iodure de potassium et d'autres méthodes, elles sont aussi dangereuses et peuvent avoir des conséquences encore plus graves. En effet, la mode, dont le royaume n'a pas de limites, a fait adopter des théories qui servent merveilleusement les passions de la jeunesse, mais dont les effets désastreux se révèlent chaque jour. On a voulu faire en théorie deux classes distinctes de maladies, et l'on a dit :

Les écoulements ne sont pas syphilitiques; traitons-les par le copahu ou les injections, et tout sera fini. Quant aux ulcères, il faut aussi les guérir au plus vite, il faut les répercuter, les faire disparaître par la pierre infernale, car c'est une affection locale. Le virus est une vieille chimère, et il ne faut plus s'en effrayer.

Ces théories contentent sans doute la jeunesse inexpérimentée, mais lui préparent des regrets éternels. Qu'on interroge tous les malades d'un certain âge atteints de maladies constitutionnelles et invétérées, et tous viendront témoigner contre ces théories nouvelles, et diront que les mauvais traitements de leur jeunesse sont la cause de leurs souffrances et de leurs tourments. En résumé, ce qu'il importe de savoir, c'est qu'il y a identité de nature entre les symptômes ; et comme notre croyance ne suffit pas , nous allons nous appuyer sur les autorités les plus irrécusables.

On a longtemps regardé comme une affection de la même nature les divers états morbides qui constituent la syphilis proprement dite. Parmi le grand nombre d'auteurs qui admettent la même propriété d'infection dans les divers accidents produits par cette maladie, Bell et Bosquillon, son traducteur, méritent particulièrement d'être cités.

Je crois aussi important de rapporter quelques passages du Compendium sur le même sujet.

Hufeland croit à l'identité, parce que le même virus produit tous les symptômes. Swédiaur a prétendu, à l'exemple de Hunter, que, bien qu'il ne soit pas très-fréquent de voir des écoulements produire la syphilis, il n'est cependant pas rare, surtout dans les grandes villes, de les voir suivis des symptômes de cette maladie. M. Lagneau conclut des faits nombreux qu'il a rassemblés depuis près de trente ans : « que le virus blennorrhagique peut, étant appliqué sur une surface « muqueuse saine, produire des pustules humides, ou tout autre signe « primitif d'infection, et que, par contre, la suppuration provenant « de ces derniers accidents, qu'ils soient primitifs ou consécutifs, est <( capable de produire des écoulements. » (Dictionnaire de Médecine.) Glossius et Wathely sont du même avis.

Tous les malades atteints d'écoulements sont ordinairement trèspressés pour que le médecin les fasse cesser au plus vite ; ce désir est naturel, mais le médecin sage doit les avertir du danger qui existe à les supprimer brusquement, et les soumettre à un traitement dépuratif pour les préserver de tout accident consécutif; et de tous les remèdes, le plus puissant, c'est sans contredit le Rob antisyphilitique de Boyveau-Laffecteur, qui, non-seùlement guérit le principe des écoulements, mais encore remédie aux accidents causés par le baume de copahu, qui laisse souvent des traces profondes de son administration.

On a remarqué que l'usage du copahu occasionne quelquefois une éruption semblable à la rougeole, ce qui arrive particulièrement chez les individus dont les organes digestifs sont irrités, et ce doit être une raison de ne faire usage de ce médicament que lorsque le tube intestinal est sain. Souvent aussi il détermine des gastrites, des rétentions d'urine, des diarrhées interminables et un affaiblissement général de la constitution. Aussi n'est-il pas rare de voir l'impuissance partielle ou complète être presque toujours la suite de l'emploi du baume de copahu ou des injections. L'intelligence la plus ordinaire peut comprendre que puisque tous les écoulements se communiquent par la moindre parcelle, il est fort imprudent de répercuter de pareils mucus, et que, si on les pallie, la contagion s'exerce sur l'individu luimême. Il est donc de la plus haute importance de toujours avoir recours au Rob de Boyveau-Laffecteur pour la moindre affection contagieuse de quelque nature qu'elle soit. Disons un mot maintenant des conséquences produites par les traitements palliatifs sur la santé des enfants.

De même que les parents peuvent transmettre à leurs enfants leur

ressemblance et leur aptitude intellectuelle, de même aussi ils peuvent leur communiquer une disposition aux maladies auxquelles ils sont sujets.

De toutes les affections connues, la syphilis est celle qui a le plus de tendance à se transmettre par hérédité et à se manifester immédiatement ou peu de temps après la naissance ; ce qui crée, pour les enfants qui en sont affectés, un état chétif et misérable qui en fait périr le plus grand nombre, et ne laisse à ceux qui survivent qu'une constitution délicate et faible qui les prédispose à transmettre à leur progéniture la maladie qu'ils avaient eux-mêmes apportée en naissant , ou tout au moins quelques-unes des affections dégénérées de ce principe, telles que les scrofules, les dartres, la goutte, etc.

Avant de parler des dangers du mercure, disons un mot sur l'engouement qui existe généralement pour l'emploi de l'iode et de l'iodure de potassium. Cet agent métallique a été préconisé d'abord pour la guérison des goitres, et effectivement il agit violemment sur toutes les glandes, et il produit l'étisie, le marasme, un amaigrissement général et une débilité dans tout le système nerveux, en desséchant les glandes qui sécrètent tous les fluides ; et le meilleur remède à opposer aux accidents produits par l'iode, c'est le Rob de Boyveau-Laffecteur.

M. Esquirol , dans sa Statistique des causes productives de Valiénation mentale , prouve qu'il y a cent cinq cas de folie par hérédité, huit occasionnés par la syphilis et quatorze par remploi du mercure. M. Capuron dit que la syphilis mai guérie produit souvent la fongosité et le cancer des narines, la carie des os du palais, des os propres du nez, des maux de tête violents, le tremblement, la convulsion des membres, la paralysie, l'insomnie, l'affection hypochondriaque, mélancolique ou hystérique.

«La folie, dit Foderé, peut être produite par l'abus du mercure dans le traitement des maladies. M. Double a vu deux cas de cette espèce, qu'il a guéris. »

Dans le Journal de Paris du 16 janvier 1789, on trouve une lettre adressée aux rédacteurs par M. Gilbert, professeur à l'école vétérinaire, dans laquelle il est dit :

« Sur vingt personnes que l'aliénation d'esprit conduit à Gharenton , le père Edme a remarqué qu'il y en avait dix-neuf au moins qui avaient été soumises à des traitements mercuriels , et que le désordre est d'autant plus grand que les traitements ont été plus longs et plus souvent répétés. »

A l'époque où il était généralement admis qu'on ne pouvait guérir sans mercure, déjà des observateurs de premier ordre avaient reconnu

qu'il échouait souvent contre ce genre de maladies. « Ceux qui affirment que le mercure guérit toutes les maladies vénériennes se trompent ou veulent tromper, dit Van Swieten , car il en est dans lesquelles il est sans efficacité, quelle que soit la manière dont on remploie, et souvent même il peut occasionner les accidents les plus graves dans une infinité de cas. »

Louis convient aussi que le mercure ne guérit pas toujours ; que souvent, au contraire, Jes symptômes augmentent, ou qu'il survient de nouveaux accidents dans les cas même où le traitement semble avoir été dirigé avec le plus de prudence.

Malgré une longue expérience, toujours couronnée de succès, il est donc utile de ramener l'attention publique à l'idée que le Rob antisyphilitique de Boyveau-Laffecteur est une des plus heureuses découvertes dont la médecine puisse s'honorer. C'est à cette multitude de malades guéris radicalement , c'est aux hommes de l'art vieillis dans une routine meurtrière, et que les cures étonnantes opérées sous leurs yeux par ce remède ont amenas à un mode de traitement moins dangereux et plus certain, qu'il convient d'en appeler. De pareils suffrages ne peuvent être suspects, ils parlent d'eux-mêmes, avec éloquence, et ils étoufferont toujours les vains efforts de la calomnie ou de la malveillance , et conserveront à ce spécifique la confiance qu'il mérite et qu'il a obtenue.

Il est évidemment prouvé, depuis nombre d'années, que le Rob guérit tous les maux syphilitiques; que, loin d'affaiblir l'économie animale , comme le font toutes les préparations mercurielles, il augmente au contraire son activité. Si on le considère sous le rapport de sa sûreté, elle est démontrée par les suffrages de la Société de Médecine, par les succès qui ont constamment suivi son emploi; enfin, sa composition végétale ne peut être mise en doute, après les épreuves par lesquelles il a passé lors de sa découverte, et dont le résultat a été publié par les chimistes les plus distingués.

La nutrition chez l'homme est le résultat de V assimilation vitale : l'on entend par là que toutes les choses qui nourrissent doivent avoir été douées de la vie , soit végétale , soit animale. Voilà pourquoi le corps humain est réfractaire aux substances minérales , qui ne sauraient, dans aucun cas, être alibiles, c'est-à-dire renfermer un élément nutritif quel qu'il soit.

Ainsi, les diverses préparations à base d'iode , telles que celle d'iodure de potassium; celles résultant de la combinaison de l'or, de l'antimoine, de l'arsenic, du mercure , etc. , agissent sur l'homme par des réactions particulières, en dehors de l'acte nutritif, et toujours en faisant éprouver à l'organisme une secousse plus ou moins violente,

plus ou moins funeste. On aura une idée arrêtée sur le mode d'action des substances minérales, par le seul exemple de l'iode. Celte substance a la propriété d'atrophier, en d'autres termes, de dessécher les glandes du sein , particulièrement les testicules, les ovaires, etc. L'iode amène conséquemment la maigreur générale, la stérilité chez les femmes, et l'impuissance chez les hommes.

En portant l'examen plus loin , on saura que le copahu est souvent désastreux par ses effets. Son emploi a presque toujours pour dénoûment l'apparition des symptômes généraux de la syphilis constitutionnelle : celle-ci se révèle encore dans ce cas par des taches cuivrées (syphilides), des douleurs dans les membres, etc.

On comprendra maintenant que, quelque soit le mode d'introduction dans l'économie des substances minérales , leurs effets restent les mêmes.

Dans les traitements par les injections, on peut sans doute faire disparaître, souvent assez promptement , quelques symptômes vénériens ; mais il n'y a, en réalité, qu'une véritable répercussion du virus syphilitique, et rien n'est neutralisé. La maladie est seulement palliée, masquée, en un mot blanchie , pour employer l'expression vulgaire , d'ailleurs très-pittoresque. On doit donc s'attendre, tôt ou tard, à voir naître des symptômes consécutifs, et c'est à partir de cette époque que commence la syphilis chronique ou constitutionnelle, avec ses formes variées et parfois si bizarres. Nous ne passerons pas sous silence , au sujet des injections, que les gastrites, les gastralgies (affections nerveuses de l'estomac), les rétrécissements de l'urètre, les cystites , sont les terminaisons ordinaires de ce genre de traitement. La cautérisation par la pierre infernale, l'alun, ou tout autre caustique, agit toujours en vertu de l'action répercussive ; ce que démontrent certains symptômes redoutables, tels que les engorgements du testicule, des glandes de l'aine, des aisselles, et les diverses affections de la gorge.

Enfin , les symptômes secondaires et tertiaires de la syphilis doivent être rapportés à l'emploi des agents dont nous venons de parler.

Ces explications étant données seront accessibles à toutes les intelligences. On concevra parfaitement que le Rob de Boyveau-Laffecteur est un remède assimilable, c'est-à-dire analogue aux substances nutritives ; que , dès lors , il sera évidemment porté dans la circulation, là où réside le virus syphilitique. Or, les propriétés curalives du Rob étant maintenant en dehors de toutes discussions ou opinions systématiques , on aura , à cet égard , l'ensemble des garanties acquises pour obtenir une guérisen solide et entièrement exempte de récidives.

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