‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 114 sur 115 · COMPTES-RENDUS · texte numérisé non relu

COMPTES-RENDUS

Plusieurs journaux de médecine ayant rendu compte de l'ouvrage du docteur Giraudeau de Saint-Gervais, nous nous bornerons à citer les réflexions suivantes que nous leurs empruntons.

Extrait de l'Esculape, journal médico-chirurgical, du 11 août 1839.

Voici en quels termes un de ses plus spirituels rédacteurs a rendu compte d'un ouvrage récemment publié par M. Giraudeau de Saint-Gervais : « Cet auteur, dit M. Carron . a voulu faire une fin , et pour cela il a fait un ouvrage ; il a voulu une auréole scientifique et s'est écrié ;Anch'io son Pittore. Le Traité des maladies syphilitiques, ou Études comparées des principales méthodes de traiter les maladies vénériennes , contient un grand nombre de recherches intéressantes sur l'origine de la syphilis, que l'auteur prouve n'être pas d'une origine aussi moderne que l'on est généralement disposé à le croire.

« M. Giraudeau de Saint-Gervais étudie ensuite les différentes manières dont se transmet la syphilis. Sans contredit, la voie des organes génitaux est la plus fréquente ; mais l'on voit malheureusement trop souvent qu'elle se contracte par Palaitement ; l'on a vu des familles entières infectées de syphilis par l'arrivée d'un seul nourrisson. Un procès encore pendant au tribunal de Versailles met de nouveau cette triste vérité en relief. Abordant ensuite l'étiologie des symptômes primitifs et secondaires de l'infection , l'auteur les décrit avec une grande exactitude et surtout une grande lucidité. Cette partie du livre est remarquablement faite , et partout on rencontre le praticien observateur. S'il en était autrement, il aurait fallu que l'auteur eût une organisation bien vicieuse pour ne pas mettre à profit la grande quantité de faits qui ont passé sous ses yeux. Aussi cette partie du livre a-t-elle frappé ceux qui ont été chargés avant moi de l'analyser ; déjà le spirituel rédacteur de la Gazette des Médecins praticiens avait écrit à l'auteur les paroles suivantes : « Quiconque lira ce chapitre vous trouvera bien coupa- » ble , Monsieur, d'avoir cherché en dehors de la science une réputation » qu'il vous était si facile d'obtenir par elle. Le procès que vous faites au » mercure est dans toutes ses formes; rien n'y manque : raisonnement, » expérience, observation , etc. » En lisant le livre de M. Giraudeau, l'on s'aperçoit aussi qu'il est plutôt fait pour les gens du monde que pour les médecins : les articles Génération, Fécondation , Onanisme, Prostitution , sont autant de hors-d'œuvres appétissans , destinés à faire passer le cortège peu agréable de tous les maux qui résultent de la mise en œuvre des articles susmentionnés. Ce livre rendra plus d'un service au public , car il sera facilement compris , « grâce à la pureté du style, la précision » du langage , l'aménité des formes et la parfaite convenance des discus- » sions. » En somme , cet ouvrage restera dans la science ; c'est une nouvelle pierre ajoutée au grand édifice thérapeutique des affections syphilitiques. Puisse M. Giraudeau se contenter de cet honneur et se renfermer dans cette seule voie de célébrité !

» Cakbon du V illards , professeur d'ophthalmologie. »

Gazette des Hôpitaux du 13 octobre 1838.

M. Giraudeau a vu sans contredit un très grand nombre de malades : il a pu étudier la syphilis sous toutes ses formes , en suivre les métamorphoses , apprécier les résultats des divers traitemens , tenir notes des récidives. Les opinions de l'auteur sont bien tranchées. Partisan , sinon exclusif, du moins très ardent, du traitement par les sudorifiques et les laxatifs , qu'il appelle méthode dépurative, il admet l'emploi fréquent de la diète, des délayans et des émissions sanguines, et rejette absolument l'usage du mercure. Il croit du reste à la contagion héréditaire, médiate ou immédiate de la syphilis, à l'existence dn virus.

DU TRAITÉ DES MALADIES SYPHILITIQUES 67 î

Passant ensuite à l'examen de la thérapeutique, l'auteur s'attache h faire ressortir les inconvéniens de l'emploi du mercure , ot, parmi tous les moyens mis en usage, donne, comme de raison, la préférence au traitement végétal dont il trace avec minutie les règles.

Après quelques propositions aphoristiques , qu'il nomme Conclusions thérapeutiques , et qui , il faut en convenir, ont un cachet pratique bien marqué, l'auteur a eu l'heureuse idée de joindre à son livre une Nolice historique sur la prostitution et sur son état actuel à Paris.

En résumé, nous regardons ce Traité comme un ouvrage qui peut être consulté avec fruit par les praticiens; ils y trouveront des recherches nombreuses, un assez grand nombre d'observations curieuses et une; couleur pratique évidente,

Nous ne pouvons qu'engager M. Giraudeau à persister dans la route nouvelle où il s'engage : c'est un moyen de se réconcilier avec les hommes de l'art et de jeter un voile sur le passé.

Extrait de ta Gazette de santé, Hygie, du 25 octobre 1838.

Le travail du docteur Giraudeau se distingue par le laconisme et la précision du langage, et principalement par les égards qu'il observe envers les auteurs dont il discute les opinions.

L'opinion de l'auteur, sur le principe et la nature delà syphilis, se fonde sur l'analyse et la discussion de propositions diverses émises par les praticiens. Partisan de la contagion , il admet l'existence des rirus, et soutient , par des argumens solides , les vues qu'il émet à ce sujet. M. Giraudeau réfute la définition du virus syphilitique admise par MM. Delpech, Marc et Nacquart. Il attribue la génération des virus en général à certaines combinaisons chimiques qui ne lui paraissent pas incompatibles avec les phénomènes de la vie.

L'ouvrage que j'examine contient un chapitre sur la génération, qui , je l'avoue, ne m'y semble placé que comme un attrait offert à la curiosité des lecteurs qui sont étrangers à la médecine ; il en est de même vraisemblablement d'une Notice historique sur la prostitution, qui le termine ; toutefois ces deux parties, traitées par M. Giraudeau d'une manière sérieuse , approfondie et dans un but d'utilité , renferment des considérations qui méritent d'être examinées. Les préceptes d'hygiène qui en sont déduits et qui sont l'objet des chapitres sur la génération et l'onanisme , ont un degré d'utilité particulier. L'auteur s'est attaché à traiter des flueurs blanches avec une certaine étendue , et les aperçus qu'il présente sur ces maladies sont généralement dignes d'attention. « Il est d'autant plus nécessaire, dit-il, de traiter des flueurs blanches dans les livres consacrés à l'étude des maladies syphilitiques , qu'il est souvent très difficile de distinguer chez les femmes lorsque l'écoulement est dû à la contagion ou à une cause étrangère. Si, comme je l'ai dit ailleurs , la méprise aujourd'hui ne peut pas être très préjudiciable par suite du traitement presque identique qui convient dans les deux maladies et dont le mercure doit être à jamais exclu, il est néanmoins de la plus grande importance de pouvoir fixer son opinion sur ce point, dans le cas où la moralité et le bonheur des fa mille s peuvent en dépendre, » Ces réflexions sont assurément fort judicieuses.

Le Traité du docteur Giraudeau est terminé par un formulaire qui contient cent quarante-trois formules, qui sont celles qui ont eu le plus de crédit, ou qui sont encore aujourd'hui recommandées par les meilleurs praticiens.

En résumé, c'est un ouvi'age qui peut prendre place dans la bibliothèque des praticiens, à côté des meilleurs auteurs qui ont écrit sur les maladies syphilitiques.

J.-L. Micnu, docteur-HIédecin.

Extrait de la Gazette des Médecins praticiens, du 30 mars 1839.

Rapport analytique, sous forme de lettre, adressé au docteur Giraudeau de Saint-Gervais par le rédacteur en chef : « Monsieur, un mérite m'a d'abord frappé dans votre ouvrage : c'est la pureté du style , la précision du langage , l'aménité des formes, la parfaite convenance de vos discussions. Vous vous, occupez d'abord du principe et de la nature de la syphilis ; ce chapitre est fort bien fait ; il annonce une grande étendue de connaissances, un jugement sain , des appréciations justes et une érudition de bon aloi. Quiconque lira ce chapitre vous trouvera bien coupable, Monsieur, d'avoir cherché en dehors de la science une réputation qu'il vous était si facile d'obtenir par elle Après avoir parlé de la génération, quelques observations curieuses seront lues avec intérêt dans le chapitre consacré aux différentes manières dont la maladie peut se communiquer. L'étude des symptômes est faite avec ?oin et sous un point de vue essentiellement pratique. La partie la plus intéressante de votre ouvrage est sans contredit la partie thérapeutique : le procès que vous faites au mercure est dans toutes les formes ; rien n'y manque : raisonnement, expériences, observations, etc., etc. Somme toute, j'ai lu votre Traité avec plaisir et intérêt ; c'est un des ouvrages les plus complets et les plus pratiques que nous ayons sur la matière, et sa lecture doit être profitable. Je ne puis que vous engager, Monsieur, à marcher toujours dans une voie franchement scientifique. Ajmédée Latour , d. m. p.

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