‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 26 sur 115 · IV · texte numérisé non relu

IV

Les éruptions, quelles qu'elles soient, chez les enfans du premier âge, sont très difficiles à apprécier, puisque les malades ne sauraient être interrogés ; le caractère de leurs affections est souvent équivoque. Afin de ne pas se méprendre sur leur nature , il faut donc chercher à obtenir une chose assez rare, c'est à dire une description exacte et complète.

Ce qui est nécessaire pour éclairer le jugement du médecin devient indispensable pour les gens du monde. Sans les moyens que j'indique, une mère chercherait en vain dans mon ouvrage quelle est la maladie de son enfant, et les remèdes qui lui conviennent.

Je me suis appliqué à bien distinguer les affections cutanées les unes des autres, à prescrire le traitement qu'elles réclament, à indiquer enfin, d'une manière détaillée, les soins hygiéniques à l'aide desquels on peut empêcher leur développement et prévenir leur retour.

Les malades que j'ai traités appartiennent à toutes les classes de la société. Le caractère et la marche de leurs maladies doivent présenter parfois des différences avec ce qui s'observe pour des affections semblables, mais traitées dans les hôpitaux : là, tous les malades sont soumis aux mêmes influences morales , ce qui modifie l'état de maladie.

Une section de ce traité est consacrée à l'étude des maladies lymphatiques. J'y présente des considérations qui tendent à éclairer l'étiologie de l'hydropisie , des scrofules, et à faire apprécier les rapports qui existent entre les fonctions de la peau et celles du système lymphatique. Je m'attache à démontrer que c'est dans ce dernier système que réside l'aptitude au développement de la plupart des maladies chroniques. J'expose les raisonnemens et les résultats de l'expérience qui peuvent éclairer le traitement. J'insiste sur la nécessité d'entretenir à l'état normal les fonctions du système capillaire et lymphatique ; ce qui comprend les moyens de conserver la santé , et de remplir les indications thérapeutiques pour les maladies chroniques en général , et celles de la peau en particulier. Enfin je présente à l'appui de mes principes des observations, dont quelques unes exciteront sans doute ce vif intérêt qui s'attache toujours aux maladies rares.

La méthode que j'ai adoptée, pour la thérapeutique des maladies de la peau , consiste dans l'accord du traitement général et du traitement local. J'ai fait ainsi ressortir la mutuelle dépendance de ces deux choses : ce qui conduit à démontrer qu'on ne doit jamais se borner aux médications externes.

Les avantages obtenus par le régime sont, dans mon ouvrage,

l'objet de préceptes soigneusement indiqués. Tout ce qui appartient aux lois de l'hygiène forme un point de doctrine dont j'ai reproduit l'expression chaque fois que mon sujet l'a exigé.

Il est une partie de mon travail à laquelle je devais donner loule l'importance qu'elle comporte, c'est à dire celle qui traite de remploi des agens thérapeutiques. Je devais donner des règles précises sur la nature des médicamens, soit à l'état simple, soit à l'état composé. Or, l'expérience ayant été mon seul guide , j'ose revendiquer, pour ce que j'ai dit sur ce sujet, le degré de certitude qui appartient à mon expérience.

Cependant, malgré tout le soin apporté dans la partie thérapeutique, j'ai compris que le discernement du lecteur, quelque exercé qu'il fût, pouvait encore faillir si je ne lui donnais un guide fidèle. En conséquence, j'ai composé un formulaire dans lequel se trouvent les formules le plus généralement accréditées par les médecins de tous les pays, principalement celles qui sont en usage à l'hôpital Saint-Louis et dans les autres hôpitaux de Paris.

S vi.

Les nombreuses consultations qui me sont journellement adressées, m'ont fait connaître les graves inconvéniens qui résultent de renseignemens souvent obscurs et incomplets.

Je dois démontrer, dans l'intérêt des malades, combien il importe de les éclairer à ce sujet.

Une consultation écrite peut être conçue de manière à présenter des questions insolubles, malgré toute la sagacité possible. Dans cette position , le médecin , environné de doutes , se trouve réduit à ne donner que des conseils souvent illusoires. Cependant la maladie s'aggrave au milieu d'une fatale sécurité , et elle peut devenir mortelle faute d'avoir été combattue en temps opportun.

Dans le but de prévenir les inconvéniens que je viens d'indiquer, j'ai composé un tableau où l'on trouve la série des questions auxquelles doit nécessairement répondre le malade qui consulte un médecin, quel qu'il soit. Tous les livres de médecine qui doivent avoir des lecteurs parmi les gens du monde, devraient contenir un semblable tableau. Je ferai ici une remarque essentielle : en admettant, à juste titre, que cet ouvrage peut être lu par toute personne instruite, je ne prétends pas par là avoir écrit un livre de médecine populaire. C'est précisément parce qu'il s'agit de médecine que le plus solide jugement peut encore s'égarer, en dépit de la clarté et de la précision d'un texte. Le tableau dont je viens de parler sera donc d'une assez grande importance : il a été principalement composé en faveur des personnes qui, à la lecture d'un livre de médecine, croient voir pour elles une maladie dans chacun des fantômes évoqués par leur imagination alors seule malade.

Chaque ouvrage porte son cachet particulier. Si je ne m'abuse, il sera facile de reconnaître quel est le signe distinetif de celui-ci. Le

nombre considérable des malades que j'ai traités m'a fourni tant de données pratiques, qu'il ne m'était plus permis de mettre une seule idée spéculative à la place des faits qui me dominaient. J'ai écrit, je puis le dire, en quelque sorte sous la dictée de l'expérimentation, et non d'après le sentiment d'autrui. J'ai sans doute vérifié soigneusement les opinions des auteurs, et, quel que soit mon jugement à cet égard , je rends hommage à qui il appartient par le talent ou la renommée.

Mais, comme médecin et comme philosophe, étant responsable de mes écrits , j'offre pour garant ce que je tiens uniquement de l'expérience : or c'est ainsi que, dans toutes les sciences , on peut juger sans appel l'homme qui se présente au tribunal de l'opinion publique.

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