‹ Étude ethnographique des éléments qui constituent la population du Canada [microforme]Chapitre 44 sur 163 · LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU CANADA · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU CANADA

OMMAIRF :—Prodigienx développement des Cavadicns- Français.— Leur esprit démocra.

tiq@à.— Leurs aspirations La relision et le clergé.-.La Langue. —l'e i'avoair dos Canadieus-Françair,— Conclusion,

Nous avons déjà retracé à grands traits la gloricus> bis. oire des Canadiens-l'rancais, Voyons maintenant ce qu'ils ont € commun avec nous; car, depuis plus d’un siècle, ils en ont té complétement séparés 5 €t, tandis que Voltaire sapait de son bre moqueur les bases de là vieille monarchie, ct que la révolu- s ion françaiso rajeunissait la France au souffle de la literté, les

anadiens-Français marchaient à la conquête de leur liberté sous h conduite de leur clergé.

: Imaginons un cours d'eau dn seîn duquel aurait surgi un ocher formidable, qui en aurait divisé les eaux en deux courants

distints suivant une direction différente. |A près avoirsserpenté travers des contrées diverses, les deux courants se rapprochent l'un de l'autre et se demandent si leurs eaux sont tellemen changées qu'ils ne puissent les confondre et poursuivre ensembl le même cours sans en troubler l'harmonie ct la pureté. Is même la race française, À la date de 1763, a été divisée èn deux Courants qui ont suivi une direction. différente. Le traité d 1763 a été pour ello le rocher formidable dont nous venons d parler, Depuis plusieurs années déj} ces deux courants sc son rencontrés ; ils ne sc perdent plus de vue et se demandent dans quelle mesure ils peuvent se mélanger pour la plus grande gloi de la race française. Evaminons donc ce que sont les Canadiens. Francais de nos jours, ct quelles sont leurs aspirations. 4 Les Canadiens-Français f rmént commé une grande famille Dans quelque partie ren qu'ils habitent nous les re. trouvons toujours avec les caractères distinctifs qui léur son propres. Il n’y a pas de peuple, croyons-nous, dont l'unité soi plus parfaite. | |

Comment pourrait-il d'ailleurs en ‘être autrement ? À l'époque du traité de Paris, le rombre des Canadiens-F r'ançais ne dépassait pas 70,000. Le recensément de 1881 en: accug

. 1,298,929 qu Canada seulement, car il Y ra environ, 400.00 qui vivent aux Etats-Unis. Tous descendent des 70,000 Fran. çais qui restèrent au Canada après Ja cession, N ‘aVons-noy donc pas raison do dire qu'ils sont tous membres d'une même famille ? : 1e ° |

Ce développement des Canadiens-Francais est un véritabk phénomène bien digne de fixer l'attention de ceux qui se préoe

. Cupent de leur avenir. Grâce à la simplicité de leurs mœunl et au clergé qui les Pousse au mariage de bonne heure, Jent prolificité n'a pas encore disparu, Ce qui frappe le plus, on eff

conservé.

l'est pas m et d'avoir «

3 avoiriserpenté } ls so rapprochen x sont tellemen arsuivre ensemb} t la püreté, D, divisée èn deux e. Le traité de nous Venons (é courants sc son demandent dans lus grande gloi nt les Canadiens rations. 4 e grande famille, nt nous les re.

fs qui léur son lont l'unité soit

autrement ? À adiens-Francai 881 en: accug nviron, 400,000 23 70,000 Fran.

N'avons-nou s d’une méw

est un véritab x qéi se pré 8 leurs mœur ne heure, Jen » plus, en efte

quand on entre dans une maison Canadicnne-française, À la ville comme à la campagne, c'est le nombre d'enfants de tout. âge et de tout sexe qui emplissent la maison de leur petite personne et Jui donnent un air de franche et saine gaîté. Les familles de douze ‘enfants y sont communes. On en Compte même un assez grand nombre qui atteignent vingt-quatre, et plusieurs.qui dépassent æ chiffre. Dans ce dernier Cas, c’est le curé de 1 prend soin du. vingt-cinquième enfant, le nourrit est pour ainsi dire son fils adoptif,

a paroisse, qui ct l'élève, Il

Il he faudrait certes Pas croire que ces derniers nés soient des enfants rachitiques, Ainsi l'hon. M. G. Ouinct, actucllemer.t surintendant de l'Instruction Publique de l Province de Québec, est le vingt-cinquièmie enfant de même ère ct de même 1ère. Jni-même est un homme très-robuste, ct Lossède.une nombreuso famille hon moins robuste. | |

Par lenr prodigieux développement, il cst aussi facile do voir que Ja mortalité n’est Pas considérable chez les Canadiens- Français, ct qu'ils: vivent jusqu’à un âge très-avancé, Ces deux faits indiquen! suffisamment au lecteur quelles sont leurs mœurs,

Ælevés au souvenir glorieux de leurs ancêtres, ils conservent

le forte sève de notre race rudement tremjée aux brises de l'hiver et dans les luttes pour leur existence et leur liberté,

Mais ce n’est pas I\' tout ce que le Canadien-Francais a conservé, S'il est fier de ses biceps et/de son cstomac, il ne est pas moins d’avoir conservé ses lois, sa religion et sa langue, et d'avoir conquis les droits de tout homme libre, noùs: dirons presque son indépendance. ma

|: Dansle chapttre relatif À a Province de Québec; nous |

aurons à parler: des lois qui régissent les Canadiens-Françaïs Nous méntionnerons ici toutefois l'abolition pacifique des. an-

le

— 128 — cn

ciennes. lois, fécdales. Tandis que la France n’a pu renverse, niême l'ancien système féodal que par la plus sanglante des brévolu Re ne ha tions, les Canadiens-Français s’en sont affranchis dans, la mesur qu'il leur a plu, etsans troubles d'aucune sorte. Il est vrai de dire que l'absence presque totale des descendants de l’ancienne noblesse française leur a rendu la tâche facile. Nous avons yy en effet, que les nobles, quelques-uns excepté, rontrèrent tous en France après la cession du Canada à l'Angleterre. Il n’y avai done parmi eux ni princes, ni marquis, et ce fut'avec l’assenti. ment unanime qu'ils modifièrent l’ancien régime féodal, établis.

propriétés retien dé

éme. Ce

sant ainsi d’une façon définitive que la naissance ne dontaïl)), Értrre 1 L - à : ) sriviké ST

lieu chez eux à,ancune-espèce de. priviléges. Nons ne voulonh us chier &

cependant pas insinuer qu’ils nourrissent de préjugés quelconques s forinent

* contre les personnes titrées. Iis.ont an contraire le plus grand, cux

respect pour elles ; inais €e respect est proportionné À la valeug de ceux qui portent ces titres, car ils considèrent que chacm est fils de ses œuvres êt que la vraie noblesse ne vient que du travail, quelle que soit la nature de celui-ci, pourvu que ce soi un travail honnôte, de l’intruction et de la bonne édacation,

mairie ou

fglise qui 1 olonie soit parents et :

a politique Les Canadiens- Français descendent tous de très-braves et très est'ce qu honnêtes gens. Cela leur suffit, a même di

Cependant, s’il n’y a pas au Canada d'aristocratie de naf "Le cle

sance, il y a celle du mérite, C’est ainsi que, tant dans les belleg lettres et les beaux-arts que dans la science, l'industrie ct I commerce, les Canadiens-Français comptent dans leurs rang bol

nombre de notabilités, dont nos compatriotes soupçonnent diffici lement la grande distinction,

du pays et :

La religion et le clergé. — Les Canadiens-Frangais son jette influer essentiellement catholiques-romains. S'il y a quelques protsher sage tants parmi eux, co sonÿ de rares exçeptions. Et nous devons À , la vérité de dire qu'ila Sont très:mal vus de leurs compatriote 'aurait eu «

a pu ,renversa de niême origine : mais catholiques, nte des brévolu orne harmonie avec les protestants

s dans. la mesur, jour. Les Canadiens- Ilest vrai de

ts de l’ancien Nous avons vy ntrèrent tous en e. Il n’y avait ‘avec l’assenti.

féodal, établis.

ice ne donuai ons ne voulons 768 quelconques > le plus grand iné à la valew nt que chacun vient que du rvu que ce soi nne éd'cation, raves et très

quoique ceux-ci viveht en. de toute autre origine que Français protestants sont cünsidérés pomme des transfugés et traités comme tels.

É c'Il n’ÿa pas au Canada de religion d'Etat ; par conséquent, ' s:de budget des eultes. Ce sont les Canadiens-Français qui, par leur générosité et des- taxes en nature prélevées sur leurs propriétés foncières, pourvoient à l'existence du clergé-et à l’enketien dé leurs églises. Le clergé canadien est très-riche par luiéme. Cependant les dons généreux ne lui font jamais défaut, les taxes en nature : ne ‘sont jamais discutées, car rien n’est plus cher aux Canadiens-Frañçais que leur église. Partout, où ls forment un groupe tant soit peu important, ils transportent vec eux l’organisation paroissiale. Avant de construire une mairie ou tout autre monument public, ils construisent une fglise qui leur sert de salle de réunions, en attendant que la petite bolonie soit devenue plus prospère. C’est là qu'ils rencontrent arents eb amis, qu'ils reçoivent des avis et des conseils; et, si B politiqte les divise souvent, le clergé les trouve toujours unis, est'ce qui constitue leur grande force, car ils reçoivent ainsi à même direction et sont reconfortés par les mêmes espérances. “Le clergé s’est toujours mis à la tête des grandes institutions du pays et à ainsi dirigé de tout temps les Canadiens-Français. ndustrie et lo oës le voyons encore aujourd’hui diriger l'éducation et la colo leurs rang; ion 11 à même, été un. temps où il jouait un très-grand gonnent dific RS] dans la politique, en. mettant son influence active et mil. Mate au service de certains candidats dans les élections. Mais -Fransais son Betis influence à-été déclarée indue par la Cour Suprême ; et elques protsher sages conseils, le Saint-Siége a empêché le clergé cans- . ous devons Mien de #6 ‘heurter ‘Contre ‘un écueil dont le’ contre coup compatrioté oui qu “'anto résuliat que de parter attointe à son influenoa $

ratie de naig dans les belle

spirituelle, libéraux et conservateurs étant: également resp tueux (des droits spirituels de l’église et du elergé. À qt se réduit, en effet, leur politique? A une simple quéstig d'administration et de mesures fiscales. Libéraux et conserr teurs ont les mêmes principes démocratiques; Il n'y à pan eux aucun prétendant qui aspire à fonder au Canada une dynasi quelconque. Les Canadiens se représenteraient. difficileme celui d’entr'eux qui aurait de telles aspirations, Les luttes po tiques sont très-vives, très acerbes même, et les personnalités. sont trop souvent maltraities d’une façon très-regrettable. M

la question religieuse n’est jamais mise en jeu. En un mot,

Canadiens-Français ont trouvé le moyen de concilier l'Eglise les institutions démocratiques à leur propre satisfaction ; et w pourquoi le clergé ne saurait s’immiscer dans le fonctionnens de celles-ci, tant que les droits légitimes de l'Eglise :ng serd pas méconnus, sans s’exposer à affaiblir la foi de ses fidèles

la bonne harmonie qui règne aujourd'hui, #

Ainsi libéraux et conservateurs canadiens-français 9 longtemps lutté pour leur religion qui est la base même de le société ; le clergé les a faits ce qu’ils sont aujoutd'hui., Il sen donc téméraire de s'attaquer à ces deux choses qu’ils considère comme sacrées : L'église et le clergé. |

Langue. — La langüe française; telle que nous la park actuellement en France, est la langue que parlent tous les Ca diens-Francçais sans exception. Un très-grand nombre d’entre parlent en même temps la langue anglaise, et c’est lA ce qi constitue un point de supériorité sur leurs compatriotes d'orig anglo-saxonne. Mais c'est surtout dans : les villes. qu'ils [ trouvent, car il y a des comtés entiers dont : les. babitants 1

“parlent absolument que notre langue,. De cette facilité à park également bien l'angl is et le français, il en résulte parfois 0

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En un mot, icilier l’Eglise faction ; et w fonctionneme

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ns-français même de le d'hui., Il ser v'ils considère

nous la parld ttous les Can mbre d’entre i c’est IA ce qi triotes d'origt iles. qu'ils { L) habitants 1 acilité à par

te nationale dés Cana

Fe 131 — ME a

ains anglicismes, auxquels du reste la Presse et les maisons d’é-

ducation fonb une guerre sans merci, soncieuses qu’ellés sont de conserver intactes la pureté et la beauté de notre langue.

Certes co ne fut pas là une de nos moindres et moins agréables surprises, lorsque nous arrivâmes au Canada pour la - * preiière fois. : Re ?

= A bord du paquebot qui faisait Ja. traversée de Liverpool à Québec, quelques Anglais s'étant informés de l’endroit où nous allions, et apprenant que nous nous rendions à Québec: “Ah! dirent-jls. Là vous trouverez des descendants des anciens “colons français. Ils sont peu nombreux du reste, et parlent si mal votre langue que vous les comprendrez À peine.”— Entré en rade de Québec, nous ne tardâmes pas à débarquer, et aussitôt un grand garçon de s'approcher de nous et de nous dire: “ Vous : [faut-il une voiture, monsieur ? ” Sur notre réponse affirmative : * Où sont vos bagages ?. .ete., poursuivit-il. À son allure tout-àfait française et à son accent nous crûmes avoir affaire à quelque cocher transplanté des bords de la Seine sur les rives du Saint Laurent, et nous lui demandâmes s’il y avait longtemps qu’il était au Canada. “Mais je suis Canadien-Français, ” nous répondit-il. —eh! et tous parlent comme’ vous ? ”« Certainement. Et nous sommes près de deux millions qui parlons de même.” Ce fut à, nous l'avouons sans fausse honte, notre première bonne leçon de géographie sur.le Canada. Les Canadiens. Français ‘voudiont bien nous pardonner notre ignorance. On ne nous en avait jamais tant appris sur leur compte,

Quelques jours après notre arrivée À Québec, nous assisions dans cette ville même à l'affirmation pacifique d’une jeune rationalité qui malgré tont est restée française, ©: Nous étions à la veille du 24 juin, qui est le jour de la iens-Français, Aussi loin que le regard

| Eee pouvait s’étendié sur la ville et les Bbonr-Gu no vayai qu drapeaux et oriflammes aux trois couleurs françai8es. Partouussions da

on n’entendait que vieilles chansons françaises pléines de charmdisine pou 4et de grâce naïve. De tous côtès enfin nous entendions parle : Qhatr notre langue agrémentée d’archaïsmes d’une saveur toute parti

dif er à cel culière. Sur toutes les places publiques se tenaient des réunion us reculé dans lesquelles des orateurs, faisant appel au patriotisme de oupes ca leurs compatriotes, les engageaient À célébrer dignement cettire. Part

fête nationale. Orateurs, jeunes comme vieux, car les Canadien rec la mêr Français sont de bonne heure habitués à porter la parole à

ss villes e public, s’exprimaient en bon français et avec une éloquence bia anier pet faite pour nous surprendre, | sgrés de’

Les circonstances prêtaient d’ailleurs à cette célébration um DoAT pour solennité spéciale. , Pour j Tous les Canadiens-Français avaient été convoqués poil emplés et

ce jour-là à une convention nationale destinée à resserrer le dès pag liens de la fraternité, à constater les progrès accomplis et à s'enlts conclua tendre sur les meilleurs moyens à prendre pour mener à bonné Lors de fin les aspirations de la race française sur le continent américai: M RÉ roi C'était comme la réunion intime de la grande famille canadionns pglais l'aco française. Durant les trois jours que dura cotte convention, dferni eux à: ne furent que réjouissances et réupions publiques dans les quelle" 2Yons vu les orateurs canadiens-français proclamaient hautement lutte les ati vrigine, leurs aspirations et leur profond amour pour la France! $ Det en: On trouverait difficilement cérémonie plus imposante que cettéiipie d'opposit gigantesque manifestation par laquelle un peuple affirme 9 En 1866 “nationalité et constate. avec un légitime orgueil :les progré de de Quéhe accomplis, Le souvenir ;ñe nous ‘en’ échappera pas, car nobtiiission du Ca patriotisme leur doit de bien douces satisfactions, Et ous nuit du Sai sommes. bien souvent demandé s'il était bien vrai que don thousiasm RE an Mie drapeau “Aops compri

n ne voyait qu eines de charn tendions parle ur toute parti nt des réunion patriotisme de gnement cette les Canadiens r la parole & éloquence bie

célébration uni

nvoqués pot \ resserrer le aplis et à s’en mener à bonnd ent américain le canadisnne convention, cë lans les quelle utement le ' our la France ante que cetti le affirme l':les progrif pas, car nofr Et nous ouf rai que Nouf

äites. Partou

ussions dahs une colonie englâise, si cèt amour et. cet enthouiastie pour notre chère France étaient bien-sincères, * Qhatre ‘ans'de séjoür dans ce béau Pays devaient nous pu pénétrer dans-les parties les ter et fréquenter les différents isséminés sur son immense terriire. Partout nous avons retiouvé la langue française parlée rec la même accent et la même pureté aussi bien par Yhommegs villes et les gens de professions que par le plus humble nnier perdu au fond' des bois ; partout et chez tous, à tous les egrés de l'échelle sociale, le même enthousiase et le même nour pour la France. :

: Pour juger jusqu’à quel point celui-ci est ardent, les emplés'et les preuves ne nous manquent point et rempliraient eñ déspages. Aussi n’en citérons-nous que quelques-uns des lus concluants. | | e Lors des guerres du Premier Empire, les journaux canadiens nçais prirent la défense de Napoléon Ier, lorsqu'ils virent les nglais l'acoabler sans merci ; en 1870, l'émotion fut grande krmi eux à la nouvelle de nos désastres ; plus récemment nous savons vu prendre la défense de la conduite de no troupes bre les attaques de la presse anglaisé, . En 1815, comme en T0 et en: 1883, ces sentiments: prenaient-ils leur origine par . ie d'opposition seulement ? Les faits suivants répondront, En 1866, une frégate française, La Capricieuse, entra en de de Québec. C'était le premier navire français qui, depuis la ssion du Canada, ent deployé les couleurs de la France sur les ux du Saint-Laurent. Nous n'essaierons pas de décrire nthousiasme qui. s'empara des Canadiens- Français à-la vue de tte drapeau. Ce fut comme l'explosion d’un patriotisme longmps comprimé, Séuls lés-officiers et:les matelots de La

Capricieuse! pourraient nous dire "1 mequeil chaleureux qui leur fut fait, Les colons même quittaient les profondeurs de la forêt pour venir contempler ces soldats qui leur parlniont de France, Tous auraient voulu verser quelques gouttes de lew sang pour témoigner de l'affection qu'ils avaient religieusement conservé pour leur anéienne' mère-patrie. Et c'est: ainsi que plusieurs Canadiens-Françaïs allèrent quelques années plus tant combattre au Mexique sous le drapean tricolore, et qu’à l'heurs qu’il est d’autres servent dans les rangs de notre armée active, b Plusieurs années s’écoulèrent sans qu'aucun autre navire! français remontât le Saint-Laurent, La guerre de 1870 éelata: Comme nous l'avons déjà dit, l'émotion fut grande parmi eux ; et ce fût un cruel déchirement, lorsque la trahison aidant, le sort des armes nous fut contraire. De grands discours patrio tiques furent prononcés sür les places publiques. Une liste d souscriptions ayant été ouverte en France, sous la direction dé M. Paul Dalloz, afin d'obtenir la prompte libération du territoire

les Canadiens-Françaïs envoyèreut leur obole: et, longtemy après que l'emprunt de M. Thiers eut été couvert, M. Pau Dalloz continuait à recevoir du Canada de nouvelles so criptions. | Entr'autres démonstrations, nous signalerons celle qui ft faite.au consulat français à Québec, et dont nous empruntons récit à un poëte EE

RU à tandis que la France, Jouant sur un seul dé sa dernière espérance,

Se roidissait ainsi contre le sort méchant,

Un poème naïf, douloureux et touchant

S'écrivait en son nom sur ün autre hémisphère ; Tandis que d’un œil see d’autres regarduiènt faire D’autres pour qui la France, ange compatissant,

eureux qui leur lours de la forêt pariniont de L gouttes de low ; religieusement c'est. ainsi que unées plus tari et qu'à l’heun armée active, in autre navire > 1870 églata. t grande parmi trahison aidant discours patrio .. Une liste dy la direction dd on du territoire!

et, : longtemps vert, M. Paul ouvelles s0 #

ns celle qui empruntons là

«Awsit cent fois donné le meilleur de son sang — Pat delà l'Atlantique, aux champs du nouveau monde Que le bleu Saint,Laurent arrose de son onde, l Des file de l'Armorique € dû vieux sol normand, =. ‘ Des Français, qu'un roi vi} avait vendus gaiment, : Une humble nation qu’encore à peine née, Sa mère avait un jour, hélas ! abandonnée, ::, Vers celle que chacun reniait, à son tour : \ rendit les bras avec unfindicible #mour !

La voix dn sang parlä ÿ la sainte idolâtrie, Que dans tout noble cœur Dieu mit pour la patrie, Se réveilla chez tous ; dans Ghacun des logis, Un flot de pleurs brûlants coula des yenx rougis ; Et, parmi les sanglots d’une douleur immense. Ua million de voix cria : Vive la France !... }

Sous les-murs de Québec, la ville aux vieilles tours, , Dans le creux du vallon que baignent les détours Du sinueuxänint-Charles aux rives historiques, Autou#@Wingt clochers se groupeñif vingt fabriques. C'ent le fauboÿrg Saint-Roëh, où vit en travaillant Une race d'élite au'cœur fort ét väillant.

Là surtout, ébranlant ces poitrines robustes, Où trouvént/tant d’écho toutes les causes justes, Retentit douloureux ce cri de désespoir :

La France va mourir !.... :

Ce fut navrant.

Un soir, Un de ces soirs brumeux et sombres de l'automne, . Où la bise aux créneaux chante plus monotone, De ces donjons, à l'heure où les sons familiers De la cloche partont ferment les ateliers, La haute citadelle, avec sa garde anglaise, * Entendit tout à coup tonner la Marseillaise, Mêlée au bruit strident du fifre et du tambour... Les voix mohtaientiau loin ; c'était le vieux faubourg Qui, grondant comme un’flot que l'ouragan refoule, pa

“0 ki

nu)

Pan tres

Gagnait la haute ville, et se ruait en foüle + Autour du consulat, où dela France en pleurs, Symbole vénéré, flottaient les tiois couleurs,

Celui qui conduisait la marche, un gars au torse D'Hercule antique, avait, sous ga rustique écorce, : Comme un li6n captif grandi sous Jes Yarreaux, «Je ne sais quel aspect farouche dehéros.”

C'était un forgeron à la rude encèlure, ” “

Un fort; et rien qu'À voir sa calme et fière allure, Et son regard honnête, et son grand front serein, On sentait battre 1à du cœur sous cet airain,

Il s’avança tout seul vers le fonctionnaire ; Et, d'ube voix tranquille où grondait Je tonnerre, Dit: || —Monsieur le Consul, on nous apprend là-bas Que la France trahie a besoin de soldats, On ne sait pas, chez nous, CE que c’est que la guerre $ Mais nous sommes d’an sang qu'on n’intimide guère, Et je me suis laissé dire que nos anciens Ont su ce que c'était que les canons prussiens., Du reste, pas besoin-d'êtte instruit, que jé sache, Pour se faire tuer ou brandir une hache; ©‘.

Et c’est la hache en main que nôus partirons toùs ; Car la France, monsieur... la France, Voyez-yous..… Il se tut ; an sanglot l'étreignait à la gorge: Puis, de son poing bruni par le feu de la forge, .Se frappant la poitrine, où son col éntr'ouvert D'un scapulaire neuf montrait le cordôn vert :

—Oui, monsieur le Consul, reprit-4l, nous ne sommes

Que cinq cents aujourd'hui ÿ Maié, tonnerre | des hommes,

Nous en-aurons, allez !.. Prenez toujôurs cinq cents, Et dix mille demain Vous répondront: Présènts | La France, nous voulons-épouser sa querelle ;

ps rade de Q im arine, I anada, d lesquels le pe iments, à aie DODS Lais désireg andeur ét © Qui ; :

mour et. ] oyauté en:

ss preuves ( de saurait: dc l'Angleterre,

| —137— d’alier combattre et de mourir pour elle,

J'en jure par lé Dieu que j'adore à genoux, L’oi ne trouvera pas de traîtres parmi nous !.….

y reste se perdit... car la foule én démence ois fois aux quatre vents cria : Vive la France!

a ils changé depuis ? certes non. Les ÿ ça j reçus hu Canada de la façon la plüs hospitalière ; i navires de guerre viennent mouiller en. rade de Québec, d'est à qui fêtera le plus les officiers de notre marine, De même, si quelque Français de distinction visite le Canada, des banquets sont organisés en son honneur, dans lesquels les Canadiens-Français expriment toujours les mêmes wtiments. Noùs avons Pu en apprécier la sincérité, et nous ne traignons pas de dire que plus que jamais les Canadiens-France is désirent 8e rapprocher de nous ef travailler avec nous à la randeur ét à l'expansion de la race et de la langue françaises,

F © Oui; mais, nous dira-t-on, comment concilient-ils leur ies pour la France avec leur

‘ins ie les: naiitiatons publiques. ou pré dont iF des officiers de l'armée française ou autres français de distinction, æ LEn de passage au Canada ont été l'objet, les -Canadiens-Frençais portés ont toujours expliqué cette situation avec la plus grande fran. D chise et la plus grande netteté. Et, dans la réponse que now di da allons fäire, nous prenons acte, de leurs déclarations, dont nous. A Ten avons pu apprécier l'exactitude et la sincérité. | pu

Pendent la guerre de l'Indépendance, les Canadiens n 2e Français refusèrent toutes les belles. promesses qui leur furent “ faites par. les Américains et combattirent les armées ‘de: Washington, l’allié de Lafayette. De longue date, ils savaient! - quel était leur ennemi le plus redoutable, des Anglais où des, Américains. De longue date, ils savaient que les colonies de Nouvelle-Angleterre avaient toujours fomenté la guërre contn| eux, et fait appel aux ares de la mère-patriere pour les anéan. ür. Ils n ‘ignoraient pas non plus les. sinistres paroles que Frank. lin prononçà, ét qui n’ont jamais été démenties : “ La paix, “disait Franklin,ne sera jamais assurée sur le continent ani:

S ricain, tänt qu'il y aura des représentants de la race française" Et voilà l’homme que, dans l'entraînement d’un enthousiasme irréfléchi, nous couvrions. de lauriers et immortalisions sur l: scène du Théâtre ‘Français. Franklin obtint te qu'il voulut &;

irgement & 2 gouverne st plus vrai ment de la :

ictimes, il | en montré server et à l’ harmonieux

: Lord D ique, lorsqu'

eur, le Mar ; nous fûmes sa dupe.. Les Canadiens-Français, montrèrent en! ui donnér w + cette occasion un patriotisme plus éclairé que le nôtre. oi ‘colonies

En 1812 Îes Amériéains essayèrent de s’ ernparer du Canadh:!

ne tronnge et ét, cette fois éncore, de furent les Canadiens-Français qui furent à

Plus ré . l'âme de la défense. 300 Canadiens-Français, sous la conduit} le l'esprit dé du valeureux de .Salaberry, infligèrent la plus- humiliante de À institué ut

défaites à un cotps de l'armée américaine fort de 12,000 homme,

Les Anglais cependant n'étaient pas, tendres pour eux « poursuivaient leur absorption par tous les moyens Les Cum

qaise, et dan ont égalente tion et au: pe:

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de distinction,

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ce française" enthousiasme isions sur k:

il voulut et, ontrèrent ea, tre.

Tr du Canada; is qui furent:

s la conduite!

imiliante des 000 hommes}

pour eux él Les Can,

—139— re s-Français pensèrent avec raison qu'il leur serait plus facile enir 8 bout d'un ennemi qui n'était pas constamment à

Depuis lors-es-Américains n'ont jamais renouvelé leurs entatives.; et par leur énergie indomptable, leur force d’expanion. ef leur résistance à l'absorption, les Canadiens-Français ont obtenu de l'Angleterre la reconnaissance de leurs droits. L'An prier Sonnaissait bien leurs sympâthies pour la rance, leur pudé"nouer avec elle des relations plus étroi S; mais, ne : t le détruire, elle a, en politique habile, judicieusement Rise que l'élément français favorisé et développé pourrait . irgement servir ses intérêts. Et que voyons-nous aujourd'hui ? 8 gouvernement anglais, revenant à des conceptions plus larges t plus vraies dé ses intérêts, favorise aujourd’hui le développe. . ment de la race française sur ce sol même qu'il a couvert de ictimes, il y a 50 ans à peine. Une lutte de deux siècles lui :

en a montré la vitalité ct le génie, aussi cherche-t-il à la pré-

erver et à l'utiliser pour établir sur le continent américain un

harmonieux équilibre des forces. : - … Lord Dufférin a été un des premiers à inaugurer cette poliique, lorsqu'il était gouverneur général du Canada. Son suce è ur, le Marquis de Lorne, pénétré des. mêmes idées, a tenu à üi donnér pne sanction en fondant dans Je Nord-Ouest canadien des colonies canadiennes-françaises qu’il a placées sous son patronage et à la réussite desquelles il prête tout son appui, Plus récemment encore, le Marquis de Lorné, s'inspirant de l'esprit de la donstitution et d'intérêts d’un ordre supérieur, Linstitué une Acaïlémie Royale, à l'instar de J'açadémie fran aise, et dans laquéllo l'élément français et’ l'élément auglais ont égalentent représentés, chacun d’eux veillant à la conserva.

Hion et ai perfectionneïnent de la langue maternelle.

—140— Rs Ne

| leur cara | Etats-Uni de la No

En miêmie temps que leurs droits naturels, l'Angletoire leur

a accordé les libertés les plus étendues, Leur drapeau, c’est le! drapeau tricolores; ils peuvent se livier à toutes sortes de ricains 8or démonstrations sympathiques à l'égard de ‘la France ; et kB :., liberté\dont ils jouissent est telle qu'en -1867, alors qüe le gou-MR Que :

| vémement anghig était en pleine paix avec le royaume d'Italie que ASE un régiment de zouaves pontificaux fut reéruté parmi les Cana. Phase diens-Français, fut organisé et put s’embarquer pour Rome sans MS N0ÙC re

aucune opposition de Ja part de l'Angleterre. ; 7e Celle-ci est donc là meilleure sauvegarde de leurs droits et. ons que ] de leurs libertés, Mais est-ce seulement à case de leur garantie Lan déni

contre les aitadues de leurs compatriotes d'origine anglo-saxonne fluence que les Canadiens-Français sont ainsi es loyaux sujets de Sa! Lu scie. “Majesté, la Reine Victoria ? Non. ' |

, . « Fe CA nos officiers

Aujourd’hui comme autrefois, les Canadiens-Français con. combattu. ] sidèrent les Américains comme les plus grands ennemis de leur. àyec peine ( nationalité, Ils savent qu'ils ne sont point aimés aux Etats-Unis D ni les q

qu’ils y sont considérés comme des parias et insaltés comme tels M, statue de La raison de cela est facile à comprendre, C’est qu'il ne veulent Moor être p point se laisser absorber par les yandkees, et que partout, ainsi Æonfants da qu’il nous a été donné de nous'en rendre compte dans plusieurs bier desqui Etats de l’Union américaine, dans chaque ville où les Canadiens: nous sémble Français sont un peu nombreux, ils ont un journal français, un! Rünées ne n institut canadien-français. . De même qu’au Canada, ils font Mettre lea p tantôt dans une ville, tantôt dans un autre, d'imposantes mani- portes s'ouvI festations auxquelles ils convient leurs frères des Etate- Unis 6 @ru'un nomb: du Canada. Dans ces réunions ils parlent en commun dé leurs! ns. Depuis aspirations et. s’entretiennent des progrès accomplis et de leur Mux Etats-U espérances ; ils ont une foi robuste dans leur avenir, et semblent @R un peu plu marcher à la conquête des: Etats de l'Union américaine: Nous if devonsdire, que, grâce à leur union et aux qualités ‘quis sont}

VRIOTéS Aux.

— 141 Le MEURT | leur caractère distinctif, les Canadiens-Français ont fait aux ‘gleterre leur} Etats-Unis des progrès étonnants et acquis dans certains Etgts apeau, c'est LE à la Nouvelle-Angleterre une influence tellé que les afné: tes sortes dl ;;cains sont aujourd’hui obligés d’en tenir compte. : « France ; et LR S'Hue 1. : AS À Que le lecteur nous permette ici une courte digrefsion : :

mare kd sou Que ‘ne, puissions-nous voir, comme les Canadiens-F inçais, -: pe #. tale, l'hostilité que les Américains des. Etats-Unis professent à | égard

rmi les Cana. Le à. ù ne ° |

Rome sans MRde notre race. © Nous avons combattu pour leur indépendance ;

Xe Rome su ous avons arrosé leur sol de uotre sahg. Cela seul suffit pour noùs faire oublier les paroles sinistres. Franklin, les félicita- ‘

joûs que le général Grant adressait à l’empereur: d'Allemagne lendemain de. nos désastres ; nous fermons les ‘yeux suà. l'influence allemande qui GE ymar ai centenaire de Yérktown

des officiers. allemands, qui n'avaient rien à: y faire, à côté de nos officiers et des descen ants de çeux qui avaient gratuitement Fe | Moonhattu pour l'Indépendance ; S&vona-nous- même/ que é’est di 2 1emis de leur avec peine et misère qu'au -pays des dollàré on est parvenu à x Etats-Unis unir los quelques milliers de francs nécessaires à l'érection de : comme tels M statue de la. liberté qte la France a offerté gux Etats-Unis

B ne veulent Mur être placée à l'entrée de la rade de N ew-York ? Toujours

partout, ainsi Monfiants dans la reconnaissarice des peuples pour le pl grand

leurs droits et} leur garantie nglo-saxonné!

sujets de Sa

Français con.

ns plusieurs bier desquels es avons généreusement versé notre sang, il 8 Canadiens: Mots semble -enco , tout comme si les leçons de ces dernières français, un! hünées ne nous avalent, point profité, que nous n'avons qu'à : ada, ils font Mititre lea pieds sur Je sol des Etats-Unis pour voir tontes les santes mani: portes s'ouvrir devant nous. C'est dans cet espoir sans doute itats: Unis et Qu'un nombre assez-considérable de Français s’y diri

aun dé leur us, Depuis le cominencement de ce siècle, l'émigratioh française s et de leurs is’ s'est élevé à 300,000, et en 1882 élle s’est élevée et semblent SR un peu plus/de 4,000. Quel est cependant le rôle des Français chine: Nou Enigiés aux États-Unis? qu'elle influence y exercent-ils,

qui, sol Va À à ; à

profitable à hotre race ? aucune. Ils n’y sont point ind, en dépit de toutes les protestations d’amitiés qui sont allées rejoindre les g souvenirs historiques, Et nüus n’y serons bien vus que le jour De où nous consentirons à devenir de “vrais yankeæs, parlerons la. Fu même langue qu'eux, et nous serons complètement assimilés nt leurs quälités et leurs défauts, Voilà pourquoi nous disons qu Heu

. émigration française aux Etats-Unis est perdue pour nous,

Les Canadiens-Français n'ignorent point ces sentiments dé Américaine. Ils peuvent s'en rendre compte à tout instant. Aus consitlèrent-ils une annexion aux Etats:Unis comme un de plus grands'malheurs qui puisse frapper leur nationalité. No pes qu’ils redôutent d’être absorÿés. Mais ils craignent ave raison que cette annexion ne retarde leur développement, 1 Sans

Pour toutes ces raisons nous voyons les Canadiens-Françai l'indéve fidèlement attachés à la couronne d’Angleterre: qu'ils considère a comme la meilleure sauvegarde de leur nationalité et de lu 4 libertés au dedans ét au dehors. Et cet attachement est t fire op ps que, commt-le disait un homme d'Etat. Canadien, ce sont ie © ments Canadiens-Français qui tireront le dernier coup de canon sur sente continent américain pour la défense de la domination’ anglais è jk der à 1 parce qu’en défendant la courorine d'Angleterre ils défendro U ee en même temps leurs droits et leurs privilèges. Lt a fit

Voilà comment ils peuvent être à la fois les sujets loyal Le les n

de la couronne d'Angleterre et nos amis de cœur qui pleurd Leur ayer de nos désastres, se réjouissent et s'énorgueillissent de nos glor mngs gros nos compatriotes et nos frères qui nous appellent pour SOU er brilla: une lutte pacifique et profitable aux destinées de notre ra du Confédé S'ils ne manifestent pas le plus petit désir de faire pat à qui là com . notre domaine colonial, c’est parce qu'ils” savent qu'il 1 *élianger œ “serait impossible de leur garantir des avantagès, et des libert D ont fa dont ils jouissent et : que nous n’avons pas nous-mêmes.

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‘Vavenir des Canadiens-Français. — L'avenir des

-Français est trop grandement lié à celui du Canada We ne paë rechercher l'avenir de celuicci. à

.Le Canada deviendra-til un r-t-il alors la constitution, qu utôt respectera-til ]

Il sérait téméraire

sur ces questions.

en souvent toutes

nous que le sort qui un ou l’autre de ces cas.

i Sans doute. le Canada, comme tout peuple bien né, aspire à

devenir uh Etat tout-à-fait indépendant. Mais est-il mûr pour

: l'Indépendance, et at-il même intérêt à en jocir avant longtemps encore ? Nous ne le croyons pas.

| développé pour cela ; et, dans la situation où il est actuellement, ce serait une trop lourdé. charge pour, Jui que d'entretenir des

Le Canada n’est pas assez

Le

| représentants à l'étranger, et une armée de terre et de mer pour . Veiller à la sécurité de sés intérêts.

| d'origine anglo-saxone les Canediens-Français ont intérêt à ne ‘ pas jouir de cette indépendance avant longtemps, puisque l'An- ‘gleterre leur permit'de se développer à leur aise et. d'acquérir

Plus que leurs compatriotes

par les voies pârlementaires toute l'influence” qu'ils pourront.

| Leur avenir dépend doné de leur développement. Plus leurs. Érngs grossiront, plus leur union, sera forte, et plus leur avenir

“sr brillant, plus grande sera l'influence qu'ils exerceront dans la Confédération Canadienne, et dans les différentes provinces qui là composent. L'Angleterre

a aussi tout intérêt À ne pas r cette politique et à faire toutes les concessions qui pour-

-Mient favoriser le. développement du Fays jusqu’au jour où

celui-ci mes fort. Ce jour-là sans doute l'indépehdance du!

sur le point de devenir un fait accompli. . ; Mais admettons. que le Canada devienne tôt où- tard un M mêmes dr pays indépendant, et forme une espèce de république fédérative M Gest 1 un Quel Sera alors le sort des Cats Fnet si lenr dévelop [ n’o pement n’est pas aussi considérable que celui de leurs compa-D d'Alleman triotes. En jetant un simple coup d'œil sur la constitution mÊMORS la langue : . du Canada, sur l'acte fédéraf qui en. est la base, on voit qu'il pied que | consacre d’une facon solennelle les droits des: Canadiens-Fran les Canadi çais. Ceux-ci en ayant payé la conquête de leur sang n’y renoy-f, ceront jamais, car il n’y a pas d’utilitaires parmi eux. Quiconqu Quelq donc y portetäit atteinte: pôrterait du même Coup attéinte l'édifice fédéral, et ferait fondre sûr le- Canada les calamités lu plus désastreuses. ue F

Canada sera.

ou du sor subsistera !

Elle sait d' ce aussi

d'une si gre avec Confiar profondes, e pensons ple Le lec!

Canadiens-} par eux d'u française es convaincre 1 considérer c els, et à ét de | ne veines, serait-elle la conséquence des dissensions et des Juttes qi ient sir -ensanglanteraient alors le Canada ? Les Canadiens d'origié@détroites re ‘anglo-saxonne n’ÿ verraient sans doute pas les mêmes inconré les Cariadien

nienta que les Canadiens-Français ; mais'nous aVons'toute rais

7 ne dépehdance du

“RE tôt où: tard un que fédérative

i lenr dévelop.

e leurs compa:

titution même!

, on. voit qu'il nadiens-Frand ang n’y renom x. Quiconque up atteinte | s calamités les

uis 16 ans, le plus régulièn l'entente, qui 8-Anglais, edf era bien lon 4 s-Anpglais ne!

les de la cons - que les uns ilités qui leu 16 d'avenir. | u Canada.

évonnaître le x. Etats-Uni s duttes qi ens d’o igin mes inconvéi s toute aiso è

Allemands établis aux Etat hlangvé allemande fut ens pied que la langue anglai les Canadiens-Français ne seront annexés que par la force des armes, ; À A

Quelques soïent les vains arrgements de h diplomatie où du sort des batailles, la nationalité Canadienne-française subsistera toujours : elle est aujourd’hui formée, et bien formée.

Elle sait d’où elle vient, où elle est et où elle Va. Avec une

race aussi” fidèle à son passé, douce d'une. si grande vitalité et

d'pné si grande force d'expansion, on peut regarder son avenir

avec Confiance. Elle a jeté sur le continent atnéricain des racines profondes, et rien ne pourra détruire sa fo} en l'avenir. Nous le :

pensons plein de promesses.

Le lecteur nous pardonnera cette longuë dissertation sur les

Canadiens-Français. Notre excuse sera d’avoir cherché à prouver

que possible ce que la Face, es conditions favorables, À

ce\

x \ \ condition tontefois que, renonçant à la ifaneste habitude de k blague envers les gens, leurs croyances et lhurs mœurs, ils n'in porteraient avec eux ni idées prétrophobes, ui idées socialiste Et nous ne craignons pas de dire que les F raihçais qui émign raien au Canada ne seraient nullement perdus \,pour nou qu’au contraire ils nous rendraient de plus grands ser\gices qu' restant en France, puisque les C nadiens-Français :qous conse1vé en même temps que leurs sympathies la clef d'urge pot par laquelle nous pouvons sans coup férir, sans auéun:sacrifu de sang et d'argent, de la façon la plus pacifique en un mo étendre.sur le continent américain l'influence de notre race d

À 1 de notre langue. :

Le Canada offre donc tous les avantages à une immigratin française. Toutefois les différentes provinces qui composent confédération canadienne ne lui offrent pas toutes les même chances de suchès. Aussi allons-nous exposer séparément le ressources de chacune d'elles en insistant tout particulièremen sur les provinces qui nous ont paru offrir le plus de chance di

succès à nos compatriotes.

Le Ca LE Québec ou A les provi

\ mœurs, Îls n'in ais qui émign

18 x, pour nou | ser\gices qu'e IGAÏS «ous 0 lef d'aide pot aucun: sacrifig e en un mo nofre race d 1e immigration i composent fi tes les même séparément lé rticulièremenf s de chance di

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