‹ Étude ethnographique des éléments qui constituent la population du Canada [microforme]Chapitre 67 sur 163 · CHAPITRE sain, ortes de î LA RIVE NORD · texte numérisé non relu

CHAPITRE sain, ortes de î LA RIVE NORD

ncs des Ha

t. Ces 1 ;. Sotarnx.— Division : Vallée de l'Ottawa.—Vallée du St. Maurice.— La vallée da Bague; pe 1e nay et le lac St. J' ean.—Lé Labrador et l'Ile d'A nticosti.

* Sur la rive nord du St. Laurent, nous cemprendrons 4 | weions, savoir : La Vallée de l'Ottawa, la Vallée du St. Mau- | rice ; la Vallée du Saguenay et le lac St. Jean ; le Labrador et l'Ile d’Anticosti. | LA 0 Vallée de l’Ottmva. — La rivière Ottawa se jette dans le 8t, Laurent, à quelques milles de Montréal, et est le plus fort tributaire de ce fleuve. Il reçoit lui-même un grand nombre dè | rivières, dont l’une, “ la Gatineau, ” ne compte pas moins de 600 | kilomètres, tandis que les autres ont une longueur minimum de | 200 kilomètres. RE * Le pays arrosé par l'Ottawa et ses tributaires de la rive nord porte le nom de région de l'Outaouais. Celle-ci comprend né douzaine de comtés, mais la vallée. de l’Ottawa proprement dite n'em. comprend que deux : celui de Pontiac et celui de : Ces deux comtés sont traversés par là chaîne des Laurentides. Celle-ci, quoique moins accidentée que dans le bas du fleuve St. Laurent, comprend néanmoins une succession ininter- : mpue de montagnes, et un réseau de lacs et de rivières dont les rives sont. composées d’un sol généralement léger et trèspropre à la culture, nue | Le climat y est.de 1 à 2 degrés plus froid qu’à Québec, mais il n’empêche . nullement les céréales, fruits et légumes

population française comptait 8356 algja

d'arriver à une parfaite maturité, l'été y étant beaucoup plus chaud qu'à Québec. 5 ;

€ Le mouvement de la a dans ces deux comtés mérité à être remarqué. Il y a une vingtaine d'années environ, k : nts de moins que h population des autres origines. En 20 anis lle a. plus que doublé “:

et surpasse. de 1603 habitants celle des Sutres origines. Void |

du reste un tableau exact a en fait foi. *- À

Na - Autres origines.

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Ce résultat est l’œuvre du plus intrépide colonisateur des :

temps modernes. Nous avons nommé Monsieur le curé Labelle, .! une des figures les plus originales du Canada, aujourd’hui on k: rencontre à Québec à la tête de 1000 pèlerins ; demain il “està | plus de 600 kilomètres de cette ville, pénétrant au sein de h | forêt, remontant les cours d'eau et ‘traversant les lacs en canot

d'écorce que sa seule personne suffit à remplir. Il parcourt le

pays en tous sens pour apporter aux colons quelque bonne À nouvelle, quelque secours, quelque encouragement. Et, à peine | arrivé, il repart. 48 heures après, on le retrouve au pe de Québec, sa soutanè ‘crevant sous “k poids des pierres miué- | rales qu'il à massées dans ses pérégrinations. Ministres, de | putés, chefs de bureau, ingénieurs dès mines, il n'oublie per- | sonne, Tautôt c'est un chemin de fer qu’il Lau faut, tantôt une |

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* mute, tantôt un pont. Bref, il ne repart jamais sans avoir. obtegu quelque nouvelle faveur pour 8es colons. :

Grâce donc à son activité dévorante et à sa foi en l'avenir

de la française, un cordon de colonies françaises ehtourera

|: bientôt le nord de la province d’Ontario. Et ce sergnt autant de .

L. centres d'où partiront des contingents. destinés à grossir les diffé- -æents groupes de Canadiens-Français dissemipés dans la pense

. d'Ontario.

© Ce n’est pas À du reste le geul avantage de l'œuvre & de.

Ù au Labelle. Au point de vue politique aussi bien qu’au point . ‘de vue économique, elle est éminemment patriotique et d'une : portée immense. Elle prépare une route, dont le chemin de fer : du pacifique sera le trottoir, et par laquelle lé‘trop plein de la Û | population canadienne-française de la province de Québec se ‘déversera dans les immenses territoires du nord-ouèst canadien. . Pavée de Canadiens-Français elle sera le trait “d'union entre à -œux-ci. et Îeurs frères des bords de la rivière Rouge: Ja # force et Yinfluence des Canadiens-Français en sera As à ; d'autant,

à L'accomplissement de cette œuvre n’ést qu’une affaire de

ÿ temps. ‘Mais les Canadiens-Français ne doivent pas d’endormir | gur les positions acquises. Ils sont nés pour la lutte, c’est là : leur élément. Et, dans l'espoir que ces quelques lignes tom-

bérent un jour sous les yeux des Canadiens-Français errant aux

| Etats-Unis, nous leur disons dé ne pas rester sourd à AApReuS dlairon sonné par l’apôtre de la colonisation. '

Ce mouvement de la colonisation est d'autant plus favorisé

que la vallée de l'Ottawa offre. de grands avantages aux colons. | Ainsi que nous l'avons déjà dit, le sol y est très-fertile, et le

. climat excellent. De plus les moyens de communication y sont

nombretx surtout par eau ; et l'Ottawa %t le chemin de fer du pacifique assurènt un marché continuel et tout-à-fait proche,

$ Lorsque le chemin de fer du nilale sera terminé, tout le ; l commerce de l’ouest suivra cette li; gue, et augmentera l'impor. ; tance de la vallée" de' ‘l'Ottawa.

Un autre avaritage est également offert aux colons de cette vallée. La région de l'Outaouais est une région essentiellement

forestière et minière. De telle sorte que le colon trouve facile. : : des Canadie ment de l'emploi pendant l'hiver soit dans les chantiers, soit 1 Fdécennales : ; dans les mines, soit dans les scieries des environs d'Ottawa qui : faciles.

sont les plus considérables du monde. :

La vallée de l'Ottawa a/été arpentée et divisée en lots de kr ferme. Le gouvernement y possède 1,358,500 acres qu'il cède 1 4 + '

‘à raison de 30 cents l’acre. * oitoent Vallée du Saint-Maurice.—La rivière St-Maufice prend sa K Cauplaic . source à la hauteur des terres, à environ 1500 pieds au-dessus | 3 PR «777 du niveau de la mer, traverse les Laurentides, du nord au sud, ! | SeMaurico RE

; et se, jette dans le Saint-Laurent aux Trois-Rivières. Parfois la a ” rivière s’élargit et forme d'immenses nappes d’eau sur lesquelles MO +. L'étend

“+ naviguent des bateaux à vapeur; parfois elle se’ retrécit sou- |” mille

va daifiement et se précipite au milieu des rochers et à travers les : carrés é forêts, formänt ainsi une série de chûtes’et de rapides qui font à terres ru de la vallée du St-Maurice une des ou les plus pittoresques ; Le clim duCanada | x é:

St Laurent,

Le $t-Maurice récuié x un a nombre de tribôtaisée, dont le plus petit n'a pas moins de 70 à 80 kilomètres de long, et est la grande artère par laquelle s'écoulent tous les bois csipés dans

. cette région.

Pendant longtemps cette vallée a été considérée comme le ; domaine exclusif des commerçants de’ ne des amateurs de à

. du % chasse et: de pêche. Mais des explorations sérieuses ont rébélé ne, nn depuis la présence de plateaux et de vallées fertiles, Le trop out le » “pléin de la population da bàs St-Maurice a remonté aussitôt-le impor. !” StMaurice et ses tributaires, s’établissant sur tous les points : RO

.#t aujourd'hui on rencontre plusieurs paroisses prospères à plus e cctte «M de 100 milles de l'embouchure du St-Maurice, | s none ; Nouÿ donnons ci-dessous un tableau qui montre les progrès facile. : M. des Canadiens-Français pendant les trois dernières périodes ÿ rs, soit M : décennales alors que les voies de éommunication ont été plus : wa qui MR utiles. :

“ns ' À RARE Franguis. | Autfes origiues, ice M | 18614 21371 | 1881 liaçs | 1871 | 1831 LÀ M Poe) 18 685 | 14 671 | 05 ver l2 603.4 926! 2 052 - 1 endsa À Clunpluin...…. | 19 667 Ver 500 | 23 103 | © 311] 461! 851 D COTON 14.603 | 14 782 | 17.085 | 287| dual 408 4 “dessus Prois-Rivières. . . 536! 7687 | 8 537 682! 727! 759. É ù sud, A Séhaurico.. 109197 10 666 | 12 591 |‘ 191] 369! 305 fois la {60 153,61. 406 | 87 282 l'a 1oil à 786| 4 463 | quelles it sou- | vers les 4 ui font | resques À 8, dont À et est PE LE ) "A ë ns ntagne ‘s'abaissent alors jusqu’à la hauteur des tertes et

d'iminenses plateaux .

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qu'à La Tuque: À partir de ce point, on remonte la rivière en * bâtean à vapeur pendant 60 à 70-milles. Ce chemin de fx 4 ‘sera relié tôt où tard à celui du lac St. Jean et ouvrira alors une 1 ‘ère de prospérité. nouvélle pour cotte région. Celle-ci étant res | ouverte; de superbés forêts et renfermant plusieurs mines impor. tantes, le colon y trouvera en hiver les mêmes avantages que À

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dans la vallée de l'Ottawa.” , | \

La vallée du Saguenay pt le Lac St-Jean, — La vallée du ; Saguenay fut la première région qu’explorèrent les Français 4 à leur arrivée au Canada. La première exploration remonte a" 4 d'année 1543. |, ; He :

Ce territoire forma commé uh petit royaume . auquel les | produits de la chasse et de la pêche donnèrent une très-grande } valeur: Aussi le roi de France se le réserva. Il le donnait à 1 ferme et chaque bail était renouvelé au.bout de 21ans. Le premier baïl qui parait avoir été fait date de 1658. : En 1677, le conseil du roi ordonha que ce territoire fut exploré avec soit‘ f et qu'il en fut dressé une carte exacte. Cette earte complétés | en 1733 permet de constater que la vallée du Saguenay était! alors mieux connue que l'intérieur du pays entre Québec & ;; : Montréal. “ “ir < GA

sources du pays, et ce ne } ais, qui avait fait la traite dans cette région pendänt plus de 20 | : «'üns, révéla à ses compatriotes la richesse du sol qui recouvraitla"à

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‘vallée du Saguenay et celle du lng.8t. Jean. . Ge fut à Mons |

"ec soin mplétée ‘4 ay était | 1ébec et 2

| P. Taché que revint l'honneur d'avoir le premier fait bon-

naître: les ressources de cette fertile contrée. … | et Quelques années plus tard, l’Assemblée Législative siégeant

Québee.en ordonna une. exploration officielle, * Mais, si com-* :

s.t'si favorables que fussent les rapports des explorateurs;

première ‘tentative de colonisation n'eut lieu qu'en, 1837,

e-ci et celles qui suivirent n’eurent aucun succès à.ca ‘du manque d'organisation des colons et de pe qusr faite par la compagnie de la baie-d'Hudson qui conserva son” bail jusqu’en 863. On peut dire que de cette époque seulement date la. véritable colonisation de cette partie de la province. .

Nous avons vu que l'apparition de la mouche hessoise sur rive sud du:St. Laurent avait obligé un grand nombre de

tültivateurs à aller chercher sur d’autres terres des moyens

existende. Quelques-uns se dirigèrent vers le Saguenay, et

fmmèrent le noyau de la population qui l’habite aujourd’hui ; cr les succès qu’ils obtinrent attirèrent bien vite frères, parents

amis, Do telle sorte qu'il n'y a plus aujourd'hui de place

érantageuse ‘pour les nouveaux colons dans la vallés du Day. .} x Wu nr

\\ Celle-ci cependant’ne forme pas tout le royaume du Sa.

guenay, elle n’en.est qu’une partie, la plus pittoresque, il est/

Yhi, mais non ls plus fertile. Si on remonte, en effet, la rivière may, On trouve à soixante milles de la baie des Ha! Ha!

lus de la navigation sur cette rivière, une vallée immense.

Je sol et 16 climat sont des plus propices à la culture de

Wutes les céréales ot de toutes. les variétés de légumes, C'est ] ilée du Lac St. Jean, . )

alta ss »,—Le dc St, Jean, appelé per les In denis om ou, “lac plat”, est le réservoir FA plusiauts

EN Dons grandes rivières, dont quelques-unes prennent leur source sur les hauteurs qui séparent le territoire de la baie d'Hudson de | eelui de la province de Québec. Il est situé au 48me degré À 32 37” de latitude nord, et entre le 71me et 72me degrés de | longitude ouest. superficie est d'environ 510 milles cars 1 etrss circonférence de plus de cent milles. Ilse trouve à cent À mille au nord de Québec et à 125 milles de l'embouchure du Sagan" À RE La forme du lacest presque ovale, sa largeur variant de’ | .‘18à 30 milles, Sa profondeur est. très-variable. Vers le milieu, : en effet, on n6 trouve le fond qu’à 60 pieds, tandis qu'à quelques À milles plus loin on passerait à peine en chaloupe. Les bords . sont excessivement plats et ce n'est qu'à deux milles du rivage 1 qu’on trouve une profondeur d'eau variant entre deux et nouf | brasses. Au moindre vent les eaux s'agitent et féchauffent. À Lorsque le vent souffle avec violence les vagues s'élèvent à une 4 hauteur étonnante et sont plus terribles que celles de l'océan. Aussi la navigation en / canot d'écorce, la seule possible sur œ 4 lac,est extrêmement dangereuse. | Le trop plein des eaux du lac St. J ean'n’a qu’une issué:, | f Je Saguenay. Elle est même insuffisante au printemps, lorsque 1 “trouvent pr les tributaires du lac lui apportent toutes les eaux provenant À # ob plus facil dés pluies et de la fonte des neiges. Le niveau du lac sélète ME ee ‘alors en quelques jours de 20 à. 30 pieds et envahit les bases | tetes. dela rive nord. Re 24°) ‘On pêche dans le laë plusieurs sortes de ‘poissons, tels que | le doré, la carpe, la truite, le poisson blanc, le brochet et le ! warianish, espèce dé saumon de taillé moyenne. 4 Quoique ‘les géologues ne soient pas eñcoré d'accord sur la! formation de cetté contrée, on peut affirmer qué le lac St. Jen

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est tout ce qui reste d’une mer intérieure qui recouvrait les jlaines fertiles dont nous allons parler.

Climat, sol et productions, — Quoique la vallée du lae St. Jean se trouve en ligne droite à 30 lieues au nord de Québec, elle est de toutes les parties do la province celle qui uit du climat le moins sévère. - La chatne des Laurentides, en et, la-prôtége à l'Est et au Nord contre les vents froids du golfe St-Laurent ; autsi le printemps y commence deux et ême trois semaines plus tôt qu’à Québec. Les observations météorologiques permettent également de constater que latem- . pérôture y est plus réglée que dans le reste de la province.

Ces conditions climatériques jointes à la fertilité du sol font cle la vallée du Lac St. Jean une bois exceptionnellement favorable à la cojonation:

: Quant à la nature ‘du terrain, nous donnerons ici l'opinion géclogué Sir Wim. Logan, une autorité en ces matières : “Nulle part, dit-il, on ne saurait trouver un sol d’alluvion d’une aussi grande épaisseur, un fond d'argile sous lequel on rénout une couche; de pierre calcaire. Les argiles

inéraleinent recouvertes de sable et de gravier se

nait: presque partout ; êt il n'y a point de sol plus friable, ‘et plus facilé à ameublir et à égoutter.”

Les. progrès de la colonisation servent souvent à indiquer Adi de fertilité dans contrée ; mais nous ne saurions consi- :

de la richesse du sol qui la recouvre. nl nous sers ‘facile d'en expliquer les raisons.

: Nous donnons d’abord quelques tablegüx qui indiquent l vement de la colonisation, en y comprenant le haut dela

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Etendue et condition des Exploitations.

Terres je pées. ones.

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