‹ Etude expérimentale, clinique et thérapeutique sur le pyramidonChapitre 14 sur 14 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Le pyramidon est un phényldiméthylamidopyrazolone, et partant un succédané de l’antipyrine. Il mérite à.ce titre d’entrer dans la pratique médicale.

II. — On ne peut, même après , les nombreuses expériences faites sur les animaux, préciser exactement le degré de toxicité chez l’homme.

III. — Mais d’après ce que l’on sait sur le chien et sur le cobaye, il est permis de supposer qu’une dose massive de 8 ou 10 grammes de cette substance pourrait être suivie des plus graves accidents.

IV. — Le pyramidon est un médicament qui s’élimine vite, et comme tel doit être administré à petites doses et fréquemment répétées. Il paraît au bout d’environ vingt minutes dans les urines, et on ne le retrouve plus deux heures et demie après.

V. — Nous n’avons jamais observé, chez une vingtaine de malades traités par le pyramidon, le plus léger acci-

dent, le moindre inconvénient. On peut facilement donner d’emblée une dose de 1 gramme (à prendre en une ou plusieurs fois) ; les doses thérapeutiques varient entre 0 gr. 50 et 1 gr. 50 ou 2 grammes.

VI. — Chez un tabétique, nous donnâmes sans le moindre signe d’intolérance jusqu’à 3 grammes.

VII. — Chez les nerveux, nous croyons que la dose la plus rationnelle est de 0 gr. 25 répétée quatre à cinq fois par jour, si c’était nécessaire.

VIII. — En employant comparativement le pyramidon à la dose de 0 gr. 25 et l’antipyrine à la dose de

I gramme, l’effet produit était le même, et le malade disait (dans les cas rapportés) toujours préférer le pyramidon.

IX. — Le pyramidon ne produit pas ou beaucoup moins de fatigue d’estomac que l’antipyrine, il rie nous a jamais donné d’accidents congestifs, tuméfaction des lèvres, fièvre.

X. — Nous nous sommes servi du pyramidon dans deux cas de fièvre typhoïde. Il nous a rendu de grands services, il a abaissé la température sans .présenter d’inconvénients.

XI. — Le cœur n’est nullement influencé, de même que le pouls, et la tension artérielle n’est pas modifiée.

II ne paraît donc pas contre-indiqué chez les cardiaques.

-yjp —Les urines diminuent un peu dans la plupart des cas (moins toutefois que par l’antipyrine). Sans aller jusqu’à dire que le pyramidon ferme le rein, on pourrait l'employer dans les polyuries de diverses natures.

Telles sont les conclusions que nous pouvons formuler à cette heure. Elles manquent peut-être de précision.Elles résultent de l’obsèrvation d’une trentaine de malades. Nous regrettons de n’avoir pu continuer cette série d’observations d’essais cliniques et physiologiques, la petite quantité de pyramidon. que M. le professeur Filehne de Breslau avait envoyée à Lyon ayant été vite épuisée.

Quoi qu’il en soit le pyramidon est un remède d’avenir, et nous pensons que le pyramidon paraît un médicament analgésique d’une valeur certaine et qu’il mérite d’être sérieusement étudié

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