‹ Étude expérimentale de la sensibilisation de l'organisme à l'inhalation de poussières de cyanamide caliqueChapitre 28 sur 33 · LT A · texte numérisé non relu

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temps que nous faisons un graphique de la courbe

respiratoire.

On injecte à des lapins 0 gr. 20 de cyanamide par voie sous-cutanée. Sur un lot d'animaux, les repères précités restent inchangés, tandis que sur un autre lot on observe un abaissement médiocre de la température (de 0°4 à 1°2).

Si l’on se contente de faire une injection de cyanamide à doses plus faibles : 0 gr. 10 par exemple, la température, le pouls et la respiration ne sont modifiés chez aucun animal.

En opposition avec ceci, on fait l’expérience suivante : on donne 0 gr. 20 de cyanamide par kilôg. et on administre ensuite de l’alcool per os (1/2 heure ou 3/4 d'heure après la cyanamide). On observe alors des abaïssements considérables de tempéra-

ture, 4° dans certains cas et dans un cas 7°.

Au point de vue expérimental, on peut également signaler que certains auteurs: Kœlsch en particulier, a pu reproduire chez l'animal une hyperhémie de la tête qu’il a rapprochée naturellement des troubles vaso-moteurs de la face observés dans les usines à cyanamide chez les individus qui prennent de l'alcool.

Rene ES

, III. — Essai d'interprétation

Ayant fait ces expériences sur les modifications vasculaires et thermiques consécutives à l’administration combinée de la cyanamide et de l'alcool, Hesse propose l'explication suivante :

« La cyanamide agirait sur un animal soumis à l’intoxication alcoolique en augmentant la quantité d'alcool fixée par le cerveau. »

Plusieurs expériences faites de la façon suivante le démontrent :

On injecte à des lapins 0 gr. 20 de cyanamide par kilog et une heure plus tard on leur administre 2 gr. d'alcool éthylique à 96° par kilog. L’animal est ensuite sacrifié lorsque l’abaissement de température est suffisamment net. On procède alors à un dosage de la quantité d’alcool contenue dans la moëlle épinière et dans le cerveau.

« Ces recherches, écrit Hesse, montrent d’une façon objective, que l’on trouve plus d'alcool dans le cerveau des animaux traités par la cyanamide, que dans le cerveau ‘des animaux témoins, ce qui peut expliquer chez les premiers la grosse chute de la température. Cependant, d’autres facteurs doi-

RM NO

vent entrer en jeu, car l4 différence entre les doses d'alcool trouvées chez l'animal cyanamidé et chez l'animal témoin n’est pas aussi grande qu’elle devrait l'être si elle était seule à agir dans la détermination de l’abaissement thermique. »

Des expériences similaires ont été faites extracorpus par le même auteur. Il faisait agir sur le cerveau coupé en tranches, d’une part, un mélange de cyanamide et d'alcool, d’autre part, une solution d'alcool dans du liquide de Ringer. Au bout de quelques heures, il procédait à des dosages des quantités d’alcool fixées par le tissu cérébral. Aucune différence n’a été noté. Mais ceci ne serait pas un argument contre la théorie précédente, puisque les cellules vivantes ont des propriétés que n’ont plus les cellules mortes.

Nous soulignons au passage, l'intérêt que présentent pour nous ces conclusions. Elles fournissent un essai d’explication, mais ne résolvent pas complètement le problème soulevé. Sans doute, les tissus nerveux de l'animal cyanamidé fixent plus d'alcool que ceux d’un témoin et il est vraisemblable qu’on peut voir là une des causes déterminantes de la chute brutale de la température chez l'animal traité à la fois par le cyanamide et l’alcool. D’autres facteurs doivent entrer en jeu, dit l’auteur, car la différence

DC

est minime entre les doses d’alcool trouvées dans les deux cas. Il est bien évident que ce seul facteur n'explique pas les troubles morbides observés chez un ouvrier travaillant dans Ia cyanamide et se livrant à l'absorption de 30 centilitres de vin rouge — ou chez cet étudiant dont parle Hesse et qui ayant ingéré le matin 150 milligr. de cyanamide, fut pris de violents malaises le soir après l'absorption d’un seul verre de bière.

Au moment où ces individus accusaient leurs malaises, leur substance cérébrale devait contenir bien peu d’alcoo!, même si elle en renfermait un peu plus que les tissus nerveux d’un individu qui n'aurait pas été soumis à l’action de la cyanamide. Et d’ailleurs, si la cyanamide n’agissait qu’en permettant une fixation plus grande de l'alcool sur les centres nerveux, les troubles morbides observés chez l’homme devraient être ceux de l’ivresse. Or, l'observation du Professeur Langlois montre qu’ils

sont tout à fait différents.

Donc l’action sensibilisante de la cyanamide aux effets de l’alcool est très complexe et n’est encore qu'imparfaitement élucidée. Si notre travail n’a pas permis de résoudre le problème que nous avions

soulevé, du moins était-il légitimé et montre-t-il

qu’il faut rechercher le mécanisme de cette sensibilisation en dehors du système parasympathique.

Pour terminer cette étude analytique du travail de Hesse, nous signalerons ses expériences sur les effets combinés de la « cyanamide et de l’atropine ».

L'auteur écrit : « Si l’on injecte 50 milligr. de cyanamide par voie intraveineuse à un lapin, le vague conserve son excitabilité normale et répond normalement à l’excitation électrique, après l’action de l’atropine injectée aux doses de 1/2 et même de 2 milligr. »

En d’autres termes, le vague ne peut plus être paralysé. Trois observations, citées avec le protocole expérimental et les temps opératoires en témoignent formellement.

Comme nous avions l'intention d'utiliser l’atropine pour inhiber le nerf vague chez nos chiens traités par la cyanamide, nous avons tenu à vérifier nous-même si la séule inhalation de cyanamide, tout comine l'injection intraveineuse de ce corps, était capable d'empêcher l’action de l’atropine.

Nous exposons ci-dessous les résultats d’une de nos expériences :

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EXPÉRIENCE VIII Chien de 9 kg.

10 heures, anesthésie avec 1 gr. de chloralose. Prise. du’ R.O;C. | Section du pneumogastrique.

A l’aide du chariot de Dubois-Raymond, on mesure alors l’excitabilité électrique liminaire et l’on fait sur le bout périphérique du pneumogastrique des excitations de plus en plus fortes en rapprochant progressivement le chariot de 15 cm. à 10 cm.

Les réponses à ces excitations sont enregistrées sur un graphique à laide du kymographe de

Ludwig.

10 h. 45, le chien, toujours anesthésié, est mis dans la cuve à cyanamide. ; Il y reste 3 heures consécutives.

13 h. 45, on détermine à nouveau l’excitabilité électrique qui semble légèrement plus faible.

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