ÉTUDE DU MÉCANISME DE LA SENSIBILISATION A L'ALCOOL
Cyanamide et tonus neuro-végétatif
Ainsi, ces premières expériences montraient que
l’animal réagissait de la même façon que l’homme
à l’action du ,complexte (cyanamide + alcool). Elles avaient, en outre, permis d'établir qu’il existait dans la cyanamide un élément, l’azote, qui déterminait l’hypersensibilisation de l’organisme à l’action du poison alcool.
Mais, il restait à chercher son mode d’action :
Nous étions en présence des faits suivants, clini-
ques et expérimentaux :
a) Un individu normal tolère, sans aucuns troubles, l’ingestion quotidienne de quantités modérées
d’alcool. L FÉES
Ce même individu n’est pas incommodé par un travail journalier dans un milieu riche en cyanamide, à la condition de supprimer tout à fait l’alcoo!l de sa ration journalière. Maïs s’il ne se soumet pas à cette dernière obligation, l’action combinée de la cyanamide et de l’alcool détermine chez lui les troubles morbides signalés plus haut : troubles fugaces, car les effets nocifs de lalcool sur l'ouvriér diminuent à mesure qu’il s'éloigne du travail, la sensibilisation ne persistant guère au delà de la dix-huitième heure.
b) Au point de vue expérimental, nous prenons un chien normal. Nous lui faisons des injections intravgineuses d'alcool à 90° dilué au 1/10°, le soumettant ainsi à une intoxication alcoolique aiguë. Ces injections sont poursuivies jusqu’à ce que soit obtenu l’arrêt du cœur. On détermine alors par un simple calcul la ‘dose d’alcool absolu par kilo qui a été nécessaire pour luer cet animal.
Nous prenons ensuite d’autres chiéns; après les avoir soumis à des inhalations répétées de cyanamide, nous déterminons également hcez eux la dose mortelle d'alcool par kilog. Il se trouve qu’elle est beaucoup plus faible, l'animal ayant succombé plus rapidement sous l'effet d’injections d'alcool diluées
à STRESS
faites aux mêmes doses et dans les mêmes conditions.
Dans ces deux groupes de faits, il s’agit d’une résistance moindre à l’action toxique de l'alcool. absorbé à doses modérées ou administré à doses massives.
Or, les facteurs de résistance individuelle au poison alcool ont été bien étudiés par Vidacovitch dans sa thèse :
« Tonus neuro-végatatif et Psychoses alcooliques »
IL écrit :
« L’exploration systématique du tonus neurovégétatif chez les sujets présentant des accidents psychopathiques de l’alcoolisme permet -d’apporter les conclusions suivantes : Les sujets particu-. lièrement sensibles à l’alcool sont ceux qui sont généralement vegotoniques ou en période d’hypervagotonie. Chez la plupart des malades internés à plusieurs reprises pour accidents d’alcoolisme aigu ou süraigu, on peut mettre en évidence le déséquilibre du tonus neuro-végétatif s’accentuant le plus souvent par intermittences. Les périodes d’'hyper-
vagotonie précèdent l'apparition des accidents, »