‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 110 sur 152 · APPAREIL CHAUVEAU POMPE A MERCURE · texte numérisé non relu

APPAREIL CHAUVEAU POMPE A MERCURE

F1G. 192. — Appareil pour l'extraction des gaz du sang.

P, pompe à mercure d'Alvergnat. — H, cuve à mercure profonde, dans laquelle on fait plonger l'extrémité ouverte du tube de verre droit, A.— Fc, premier renflement ampullaire du tube A, dans lequel arrive le sang et où on le soumet à l’action de l'eau chaude, que l'on verse dans le man-

chon, B, — G, deuxième renflement ampullaire, où la vapeur d’eau est soumise à une première condensation, par l'action du froid dégagé par la glace, dont on remplit le manchon. — C, tube de caoutchouc, faisant

communiquer l'ouverture supérieure du tube A OC, avec la deuxième ampoule réfrigérante, R, dont on voit le tube de sortie communiquer directement avec la pompe à mercure.

tubes, et, sous l'influence du vide qui s'établit, on voit le mercure s'élever progressivement, dans la branche A B, et atteindre, lorsque ce vide est sur le point d’être complet, une hauteur égale à la pression barométrique du moment. :

Quand les aspirations de la pompe n’amènent plus rien et que le vide semble aussi parfait que possible, on peut procéder à l'introduction du sang.

Comme d'habitude, celui-ci est recueil dans le vaisseau, à l’aide de la seringue, à piston en hélice, de P. Bert. La quantité à analyser étant prise, on plonge la canule de la seringue, sous le mercure de la cuve H; on engage l'extrémité de cette canule, toujours sous le mercure, dans l'ouverture du tube À, et on chasse le sang. Celui-ci s'élève dans le tube, on le voit monter à travers le mercure, et aboutir enfin, à la partie supérieure de la colonne, dans le premier renflement ampullaire Fc. Arrivant dans le vide, il se met immédiatement à bowillonner, mais on aide, à la dissociation des gaz, en versant de l’eau bouillante, dans le manchon qui entoure le renflement où est contenu le sang. Les gaz se dégagent ; 1ls sont appelés du côté de la pompe par la manœuvre de celle-ci et, ayant été desséchés, dans le réfrigérant G et le réfrigérant R, ils sont dirigés, grâce au robinet à trois voies, et recueillis dans un tube gradué, placé sur le calice supérieur de la pompe.

Quand on a extrait la totalité des gaz, et que ceux-ci ont été transportés au laboratoire d'analyse, on laisse l'air pénétrer dans les tubes et, dégageant l'extrémité A du mercure où elle plonge, on laisse le sang s’écouler

au dehors et on lave l'intérieur de l'appareil, par un courant d'eau qu'on fait entrer par le tube de dégagement, qui aboutit dans le calice de la pompe d’'Alvergnat.

À l’aide de ce procédé, les ligatures n’ont pas besoin d’être défaites; l'instrument reste intact, toujours prêt à fonctionner, car, une fois nettoyé, par le passage de l’eau et d’un écouvillon en crin, qu’on engage dans le tube A B, il peut immédiatement être préparé, pour servir à une deuxième analyse. Tel est l'appareil et tel est le manuel opératoire auxquels nous avons eu exactement recours, pour obtenir les résultats que nous allons maintenant faire connaître.

À, Analyse des gaz d'expiration. Late

EXPÉRIENCE CXXXIV (15 mars 1893).

Chien braque de 16 kilogrammes. Température rectale, 38°9. Le sujet est calme ; 18 mouvements respiratoires par minute. Après avoir recueilli les gaz d'expiration, on fait une injection hypodermique de chlorhydrate de morphine ; 2 centigrammes par kilogramme.

Le chien s'endort facilement, sans accélération respiratoire.

Après une heure et demie de bon sommeil, la température rectale est tombée à 36°1. On fait une deuxième Prise de gaz. On compte 12 respirations par minute.

Température du laboratoire, 14 degrés. |

” Les gaz sont analysés sur le merèure, avec la potasse èt l'acide

pyrogallique ; ils contiennent, pour 100 centimètres cubes-:°*

Jo

Après 1 h. 1/2 de sommeil

Avant morphinisation morphinique.

COUPE IL RETEeS COR JS PERTE 6S CR NRREMEUPRO Ne (e) ‘ 17,17 CO? CO?

EXPÉRIENCE CXXXV (17 mars 1893).

Chien mouton d’assez forte taille, impressionnable. Température rectale, 39°1,

L'animal s’est vivement défendu pendant la trachéotomie. On a dû le laisser reposer pour obtenir du calme. Sa respiration est irrégulière et plaintive. Au moment où on récolte les gaz, on compte 29 mouvements.

Injection hypodermique de chlorydrate de morphine; 1 centigramme par kilogramme. Au début, la respiration s’accélère, devient polypnéique. Elle n’est redevenue calme et ne s’est ralentie, qu'après une heure. Le sommeil obtenu est alors classique, avec hyperexcitabilité. Une heure et quart après, la température rectale est tombée à 36°8, et, au moment où sn recueille les gaz, on compte 16 respirations par minute.

Température du laboratoire, 15 degrés. Les gaz analysés donnent, pour 100 centimètres cubes :

Après un sommeil de deux heures

Avant morphinisation. ‘ provoqué par la morphine. COMENT CIC 84 CO. 5c.c"5:

HU ROMSERCEC, 02 O4 H118ee: 52 CO? CO?

Fo 0,96 0 = 1,00

EXPÉRIENCE CXXXVI (31 décembre 1897).

Chien de chasse, 17 kilogrammes. Température rectale : 38°8.

Après une prise de gaz d'expiration, on fait une injection hypodermique de morphine, de 2 centigrammes par kilogramme.

Le sommeil obtenu est profond, parfaitement calmeet classique

Deux heures après la morphinisation, on prend la température rectale, qui est tombée à 35°7, et on recueille les gaz de la respiration,

L'analyse de ces gaz donne. pour 100 centimètres cubes :

Avant morphinisation. Après morphinisation,

CO? AMD CNCS 10 CO?, , 2cc.53

O6 ee ir ON LB CC" 07 CO? GO? es mie == O, 89 TOOL = | ,91

EXPÉRIENCE CXXXVII (4 janvier 1898),

Chien de chasse, épagneul, jeune et plein de vigueur ; nerveux et impressionnable, Température rectale, 38°2, La trachéotomie provoque des mouvements de défense assez violents; l'animal est très agité. On est dans l'obligation de le laisser reposer. Malgré cela, sa respiration reste accélérée, On compte 80 mouvements par minute, au moment où on récolte les gaz.

On pratique une injection hypodermique de chlorhydrate de morphine; 2 centigrammes par kilogramme.

Le médicament a produit un calme parfait ; le chien s’est endormi lourdement et est resté plongé dans un sommeil profond, sanshyperexcitabilité trop grande, pendant deux heures et demie.

La température est descendue à 34°3 ; la respiration est lente, 10 mouvements par minute, au moment où je fais la deuxième prise de gaz.

L'analyse a donné :

Avant morphinisation. Après morphinisation.

CO, 4 bic.csor COR 4 ceia7

DA MEburre:c:5g (6 LPC CROP CO? CO?

oder 0,79 Ode 0,90

. EXPÉRIENCE CXXXVIII (4 janvier 1808).

,. Ghien de race commune, pesant 12 kilogrammes. Température rectale, 38°3, Suivant le procéde habituel, on récolte les gaz de la respiration ; pendant ce temps, l'animal est parfaitement calme et respire 20 fois par minute,

On lui injecte du chlorhydrate de morphine; 1 centigramme par kilogramme, sous la peau.

Le sommeil morphinique, très calme au début, a été un peu agité pendant la deuxième heure. Par moments, la respiration devenait irrégulière et plaintive, sans que pour cela le sujet semble devoir se réveiller.

Deux heures après la médicamentation, au moment où on récolte les gaz, on compte 35 respirations saccadées, avec des intermittences ; la température rectale est à 36°4.

L'analyse des gaz recueillis donne, pour 100 centimètres cubes:

Avant morphinisation. Après morphinisation. : COUP EC:c: 73 GO re. an CC APT C: ce 064 0:71, -.urS cc "94 CO? 6 CO?

Di des

..B. Analyse des gaz du sang.

: EXPÉRIENCE CXXXIX (20 mars 1893).

Chien vigoureux, 15 kilogrammes; T. — 38°9. Immobilisation sur la table de contention. On découvre la Jugulaire et, avec la seringue de P. Bert, on puise, dans cette veine, 25 centimètres cubes de sang qu'on dilue dans 25 centimètres cubes d’eau.

Ce sang, introduit dans le vide et chauffé, dégage ses gaz qu'on recueille et met de côté. Fa

L'animal est ensuite endormi, par une injection hypodermique de morphine, 1 centigramme par kilogramme. Le sommeil a été classique; on a laissé l'animal dans le plus grand calme, pendant une heure et demie, après quoi, on a fait une nouvelle prise de sang, dans la jugulaire. La température était tombée à 36°3.

Les gaz extraits des deux prises dé sang sont analysés, au même moment, et fournissent les proportions suivantes d'oxygène et d'acide carbonique, pour 100 volumes de sang :

Après une heure et demie

Avant morphinisation. de sommeil morphinique.

COPMLEAGTE CS COS pu.»

O0, LEUTEES Gers Omer ete CO? GO?

DNA SN

EXPÉRIENCE CXL (22 mars 1893).

Chien, race commune, 14 kilogrammes, Température rectale avant immobilisation, 39°1. On aspire, avec la seringue de Bert, 25 centimètres cubes de sang, dans l'artère carotide. Ce sang est dilué dans 25 centimètres cubes d’eau bouillie et refroidie sous l'huile, Les gaz extraits et mis de côté, l'animal reçoit, sous la peau, 14 centigrammes de chlorhydrate de morphine.

Il est endormi dans d'excellentes conditions et, après une heure et demie de sommeil, on fait une deuxième prise de sang carotidien, dont on extrait les gaz. Température rectale, 36°7.

L'analyse des gaz des deux prises a donné, en oxygène el acide carbonique, pour 100 volumes de sang carotidien :

Après une heure et demie

Avant morphinisation de sommeil morphinique.

CO ME To cc.S COMME Sc IcCre ON Mer ec. 2 D 0 GC 07 COS COR re

"0 = 1,92 1 O re) or ji

EXPÉRIENCE CXLI (3 juillet 1897).

Chien d'arrêt, 16 kilogrammes. Très calme, n'ayant pas eu le moindre mouvement de défense pendant l'opération. Li IST

On puise xs PE cubes de sang, dans la jugulaire, et

on extrait les gaz sur la pompe.

On fait ensuite une injection oder ie de chlorhydrate de morphine ; 2 centigrammes par kilogramme.

Deux heures après, le sommeil étant profond, nouvelle prise de 25 centimètres cubes de sang veineux. T.— 395°4.

Les gaz, extraits des deux prises de sang, sont analysés en même temps et fournissent les chiffres suivants, pour 100 voumes de sang :

Deux heures après

Avant morphinisation. l'administration de morphine. CO: 5247 c.c. 6 C0: 75e Bree:6 OR 20:cc.4 0... rc ac CO* Co?

0 — 2,33 ” 0 un 2,76

EXPÉRIENCE CXLII (28 octobre 1897).

Chien épagneul, 15 kilogrammes. T. — 38°9. On fait une prise de sang de 25 centimètres cubes, dans la veine jugulaire, et on en extrait les gaz.

Injection hypodermique de chlorhydrate de morphine; 1 centigramme par kilogramme. Sommeil profond, Après deux heures, l'animal est absolument sous l'influence du morphinisme. T. — 36°1. On le remet sur la table et on refait une nouvelle prise de sang, dans la veine jugulaire.

Les gaz extraits des deux prises, soumis à l'analyse, donnent les résultats suivants :

— brr —

Après deux heures

Avant morphinisation: : de sommeil morphinique. CO?. . 45c:.c.2 CO?,. , 54c.c.o OL 24 c'e. 4 OL AS Ces CO. --CO° 0 — 1,85 oO — 2:87

EXPÉRIENCE CXLIIT (2 novembre 1897).

Gros ‘chien, pesant 21 kilogrammes, Température rectale, 38°7. Avec-la seringue de Bert, on aspire 25,centimètres cubes de sang, dans la jugulaire, et on en extrait les gaz.

Injection hypodermique de morphine ; 2 centigrammes par kilogramme; sommeil lourd et assez calme. Deux heures et demie après, on note 36°8 de température et on fait la deuxième prise de sang,

Le résultat des deux analyses a donné :

Deux heures et demie après une injection hypodermique

Avant morphinisation. de morphine.

COS 760.6 CO. "48 cc.

Orrretabecz OL racer CO? CO?

EXPÉRIENCE CXLIV (4 novembre 1897).

Chien barbet, forte taille, 24 kilogrammes. T. — 38°9.

On extrait les gaz de 25 centimètres cubes de sang veineux, pris dans la jugulaire.

Injection de chlorhydrate de morphine ;, 2 centigrammes par kilogramme. Sommeil profond. Deux heures après, la température rectale est tombée à 35°7. On procède à une nouvelle extraction des gaz du sang de la jugulaire.

L'analyse des deux prises donne, en oxygène et anhydride

carbonique, pour 100 volumes de sang :

Deux heures après une injection

Avant CR 5 hypodermique de morphine.

CO?, - ;; 49 e.c'g: GO7. 1610.77, OPA S CC O1 HE T0 CC en CO? CO?

EXPÉRIENCE CXLV (15 décembre 1897).

‘Chien de chasse, 18 kilogrammes. T. — 38°7. On extrait les gaz de 25 centimètres cubes de sang artériel, pris dans la carotide.

és Injection hypodermique de chlorhydrate de morphine ; 2 centigrammes par kilogramme. L'animal s’est endormi très simplement et très profondément. Deux heures après, il est absolument sous l'influence du médicament ; il n’a plus que 34°1 de température rectale. On extrait de nouveau les gaz de 25 centimètres cubes de sang carotidien,

L'analyse des deux prises a donné, en oxygène et anhydride carbonique, pour 100 vol, de sang :

Après morphinisation;

Avant morphinisation. en phase de sommeil.

CO) Tac CO®, | 47cc.6 OP bance: 0 pe ancre CO? CO?

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