‹ Étude Expérimentale de Quelques Poisons Constitutifs du Bacille DiphtériqueChapitre 4 sur 35 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les travaux de Roux et Yersin, de Behring et Kitasato, de Brieger et Frænkel, pour ne citer que les

plus mémorables, ayant mis en lumière d'’irréfutable ‘facon « la toxine diphtérique » et son rôle primordial

dans le délerminisme des accidents diphtériques, joints à la notion que le bacille diphtériqué n ‘émigre pas hors de son point de pénétration et de pullulation, ont longtemps rejeté complètement dans l'ombre le bacille diphtérique lui-même, producteur de cette toxine, et c'est maintenant encore en la définition de MM. Roux et Yersin que l’on caractérise essentiellement la diphtérie « intoxication causée par un poison très actif formé par le microbe dans le lieu restreint où il se développe ». Cependant MM. Roux et Yersin avaient constaté que la fausse membrane manque constamment chez les animaux inoculés avec la seule toxine soluble. Aussi un doute restait-il quant à la production des accidents

locaux.

Mais depuis, ? MM. Roger et Bayeux has la trachée. Coppez, Morax et Elmiassan sur l'œil, ont indiqué la production possible de fausses membranes avec la seule toxine soluble. | |

Aussi MM. Morax et BJRMSSEOR ont- L pu écrire que

ru

Rey

« toutes les lésions locales qu'on observe dans la diphtérie, peuvent être attribuées à la seule action de la toxine » (soluble).

Puisque lésions locales et lésions générales peuvent ètre reproduites avec la toxine soluble, le bacille apparait en lui-même bien négligeable.

Cependant il s’en faut qu'on ait toujours souscrit à cette opinion.

Dès 1892, à une époque où l’on cherchait l'origine de la « toxiné soluble », Gamaléïa émettait l'idée que la toxine naissait par solution des corps toxiques des bacilles par une sorte d'autolyse ou de lixiviation. Kôssel, en 1896, traitant de grandes quantités de bacilles tués par le chloroforme, au moyen d’une solution de soude caustique à 1 p. 100, en retira une substance très toxique, colorant le liquide en jaune clair, réagissant peu au Biuret, ne réagissant pas au R. de Millon: D'où il concluait que la toxine diphtérique résulte de l’autolyse des corps bacillaires.

Brieger et Baer, les premiers en 1896, montrèrent qu'après élimination de toute trace de « toxine soluble » par lavage des corps bacillaires avec une solution concentrée de chlorhydrate d'ammoniaque, ils contiennent encore une substance loxique nécrosante, thermostabile et non neutralisée par l’antitoxine.

En 1899, Mya se basant sur la clinique émit l'hypothèse que la période aiguë passée, il demeure dans les lissus des « résidus toxiniques », susceptibles dans la suite de léser les nerfs et de déterminer dés paralysies tardives.

LACOLEE

En 1902-1903, Bandi en [talie, Wassermann, Lipsteïn en Allemagne, Martin en France tentèrent de préparer des sérums antimicrobiens où mieux bivalents, bactéricides et antitoxiques. Wassermann rapporta en même temps les résultats par lui obtenus dans la recherche de « l’endotoxine ». Il appliqua au bacille diphtérique la méthode d'Aronson. Ayant tué des bacilles diphtériques en les maintenant à 60° pendant 24 heures, Wassermann les dessèche, les triture dans un mortier d'agate, et les traite pendant 24 heures par de l’éthyldiamine à 0,1 p. 100, à raison de 1 gramme de poudre bactérienne pour 20 centimètres cubes de solution (dans un agitateur mécanique). Il filtre alors ou décante après centrifugation. Le liquide obtenu est clair et jaune. Si l’on ajoute de l'acide acétique, on obtiert un précipité. Wassermann expérimenta cette substance en nature ou mieux mélangée à du sérum antitoxique. Dans le premier cas, 1 à 2 centimètres cubes injectés au lapin ou au cochon d’Inde amenaient la mort rapide par intoxicalion, mais il y avait combinaison des deux, toxines.

Dans le second cas (toxine soluble neutralisée), l’injection répétée de 2 à 3 centimètres cubes dans les veines du lapin, amenail un amaigrissement très marqué. Le sérum des animaux injectés contenait des précipitines.

Bandi et Gagnoni plus tard (1905), dans une communication sur la vaccination antidiphtérique chez l’homme, montrèrent qu'on peut obtenir le passage d'une partie

de l’endotoxine du bacille de Loeffler par un simple

Page 1