‹ Étude Expérimentale de Quelques Poisons Constitutifs du Bacille DiphtériqueChapitre 6 sur 35 · ES (ER · texte numérisé non relu

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des lésions constantes. Sous la peau, c’étaient des lésions nécrotiques et fibrino-plastiques telles qu'il les assimilait absolument à des fausses-membranes. Dans le poumon, c’étaient des broncho-pneumonies typiques avec exsudation fibrineuse. Il avait ainsi du même coup isolé les lipoïdes diphtériques et décrit deux des principales lésions qu'ils sont susceptibles de déterminer.

Aussi ne saurait-on pas assez s'étonner que les travaux ultérieurs sur le bacille diphtérique ou ses toxines ne fassent même pas mention de ses recherches.

En 1909 et 1911, M. Cruveilhier relata ses recherches sur une endotoxine extraite du bacille diphtérique suivant la méthode de Besredka (trituration en présence de NaCÏ). Mais c'était en somme sous une autre forme, la reprise des expériences de Bandi et Gagnoni, dont nous avons parlé.

En février 1911, enfin, MM. Nicolle et Loiseau firent paraître dans les Annales de l'Institut Pasteur un important travail sur : « Les facteurs de toxicité des bactéries ». Après avoir étudié entre autres les lésions locales secondaires aux injections de bacilles diphtériques, de toxicité différentes, et classifié ces lésions, en fonction du sérum antitoxique, ils constatent que Île sérum antidiphtérique médicinal, n’a aucune action sur les lésions localement provoquées par les bacilles. Plus encore, il aggraverait ces lésions. Ils montrent enfin, expérience cruciale, que si un cobaye ayant préalablement recu, dans les veines de préférence, du sérum antidiphtérique frais, est inoculé dans les veines aussi le lendemain avec des bacilles vivants, même atoxiques,

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il présente des accidents très graves, caractéristiques. De ce fait, et de l’aggravation des lésions locales par

le sérum antitoxique par eux constatée, ils concluent à

l'action albuminolytique, bactériolytique du sérum.

Pour eux en effet, ce sont là des accidents relevant de la « substance fondamentale » du bacille. Cette « substance fondamentale » ne serait autre que des albuminoïdes du bacille; de sorte que, étant admis le pouvoir lytique du sérum « médicinal », ce sérum en serait le véritable « réactif ».

Nous montrerons plus tard comment ces idées et expériences peuvent, à notre sens, prêter à critique. Nous dirons cependant dès maintenant que la conception de « l'endotoxine » substance « albuminoïde » est trop simple. Les poisons constitutifs du bacille diphtérique sont non pas un, mais rAulliples, dont les principaux nous paraissent devoir être : des globulines, des lipoïdes, des protéides.

Ces réserves faites, d'ailleurs, nous admettons pleinement la conclusion générale de MM. Nicolle et Loiseau :

«Parmi les facteurs de toxicité du bacille diphtérique, l'un constant est représenté par la substance fondamentale (poisons constitutifs), — l'autre inconstant, par la toxine soluble ».

Nous voyons done que la notion des poisons constitulifs du bacille diphtérique est assez volontiers admise aujourd’hui.

La nature de ces poisons n’est par contre que bien peu connue. Sans doute, Wassermann avec l’éthyl-diamine, Whitmann avec le chloroforme, avaient bien pu: dis-

soudre partie des lipoïdes. Les liquides de Kossel et de Bandi en contenaient sans doute aussi avec des protéides et des globulines. Mais il est évident que ces recherches, pour intéressantes qu'elles soient, élaient très incomplètes.

Seul, M. Auclair a vraiment commencé l'analyse du bacikle diphtérique en isolant el étudiant ses poisons adipo-cireux.

À notre connaissance, par contre, personne encore n'a vraiment isolé les substances protoplasmiques.

Dans ce'travail, nous rapporterons les résultats de nos recherches, sur les lipoides et sur les substances protéiques du bacille diphtérique.

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