AVANT-PROPOS
La rage a de tous temps préoccupé non seulement les savants, mais aussi la sociélé, justement effrayée par les ravages que fait celte maladie, par l'état terrible dans lequel se trouve le malheureux qui l’a contractée.
Aussi trouve-t-on des descriptions, des énumérations de traitement à travers toutes lesépoques; pendant la période gréco-romaine, chez les docteurs d'Alexandrie, chez les arabes, au Moyen-äge et pendant la Renaissance. Livré il y à cent ans évaluait à plus de trois cents le nombre des écrits sur cet intéressant sujet et depuis lors il en à paru un nombre peut-être encore plus considérable.
Si d'autre part nous nous adressons à la littérature, dans laquelle on trouve toujours un peu de l'état d'esprit des contemporains, nous voyons qu'à toutes les époques des poètes ont exprimé les sentiments que la crainte de cette maladie produisait. Homère ne ditil pas qu'Hector pour Tencer n'est qu'un chien plein de rage: plus lard, Plaute parle de l'hydrophobie, avec horreur :
Spumal rabies vesana per ora dit Lucain. Enfin ne vovons
nous pas se perpéluer presque jusqu'à nous celle tradition, que l'on doit étouffer entre deux matelas l'hydrophobe objet de terreur pour tous.
En notre siècle, la médecine devenue réellement
scientifiqne par sa méthode expérimentale et logique sut faire progresser la question lant au point de vue spéculatif qu'au point de vue pratique. Grâce à Pasteur, nous connaissons maintenant un traitement à opposer à l'invasion rabique et déjà bien des malades ont élé sauvés ; mais malheureusement, si on consulte les slalistiques des différents instituts antirabiques, on se rend compte que les victimes sont encore nombreuses.
Nous n'entendons pas rechercher ici la cause de ces insuccès, nous nous contentons de noter leur existence pour prouver qu'au point de vue traitement, c'est-à-dire pour ce qui est du pratique, la perfection n’est pas encore atteinte.
Si maintenant nous interrogeons les différents savants qui ont cherché à connaître l'essence même de la maladie, nous constatons que bien des points restent encore obscurs lant en ce qui concerne son anatomie pathologique que sa symplomalologie. Or ne semble Lil pas rationnel d'admettre qu'il sera bien difficile d’administrer un traitement qui ne soit pas empirique, lant que nous ne Connaîtrons pas bien la cause à laquelle nous nous.allaquons : d'où découle naturellement cette nécessité de bien étudier avant tout les symplômes, les lésions qui les produisent et enfin le mode de production de ces lésions.
Travailler en ce sens serait à la fois doter la science
de fails nouveaux, soulager l'humanité en élargissant le
champ de la thérapeuthique et par suite augmenter la sécurité morale des personnes mordues et les tirer de la torture où les met notre incertitude en ce qui concerne leur état.
Notre ambition, au début de ce travail entrepris pour ces raisons, n'est pas de faire en un jour ce que de plus autorisés n'ont pu faire en des siècles, c'est-à-dire de
présenter une étude complète de l'état rabique, mais seu-
lement d'étudier sa symptomatologie. Dans tous les traités de médecine humaine ou vétérinaire, nous trouvons très longuement décrits certains symptômes particuliers, tristesse, et mélancolie du début, hypéresthésie, hydrophobie, fureur et convulsions de la seconde période, paralysie terminale, mais en dehors des troubles nerveux ou d'origine nerveuse, modifications fonctionnelles du cerveau, on s'est fort peu occupé des modifications du cœur, des vaisseaux du pouls, de la respiration et de la température chez l’homme et chez les aninaux atteints de la rage. |
Ce sont ces modifications que nous nous proposons d'étudier particulièrement.
Ce travail nous est du reste grandement facilité grâce à l'obligeance de M. le D'L. Guinard, qui a bien voulu mettre à notre disposition les observations qu'il à prises au laboratoire de physiologie de l'École de Médecine Vétérinaire.
Nous nous proposons de résumer dans un premier chapitre les travaux qui ont été faits jusqu'à présent sur ces questions. Nous consacrerons un second chapitre à la descriplion des conditions de l'expérimentalion que nous ferons suivre du protocole de douze expériences
rapportées ir-exlenso.
les expériences rapportées or
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