‹ Étude expérimentale et clinique sur la toxicité des savons de soudeChapitre 3 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les travaux publiés sur la toxicité des savons de soude sont peu nombreux, la rareté des cas d’intoxication explique la pauvreté de la bibliographie.

Toutefois, en 1794, Hildebrand attira l’attention sur l’action toxique du savon : Dissertalio sistens internum Saponis usum nocivum.

En 1858, Dorien dans son étude : Sind der Safran und die grüne Seife Abortivmittel ? s’occupa de la toxicité d'une variété de savon, le savon de potasse ou savon vert, employé comme abortif.

Rasmann, en 1880, dans sa thèse et dans Virchow Hirsch's Jahresbericht étudia chez le chien et chez le lapin les effets toxiques des savons de soude lorsqu'ils sont injectés dans l'appareil circulatoire. Le premier, il nota le ralentissement des battements cardiaques, l'abaissement de la pression sanguine, les phénomènes de narcose et enfin la mort par arrêt du cœur.

Kobert et son élève Hirschheydt continuèrent ces recherches dans plusieurs revues : Schmidt's Jahrbüchern, 1881. — Arbeiten des pharmakologischen Instituts zu Dorpat, 1890.

En 1890, 1899, 1900 et 1go1, I. Munk reprit les tra-

vaux de Rasmann et donna dans une série d'articles : Ueber die Wirkungen der Fetisauren und Seifen im Thierkærper et Ueber die Schicksale der Seifen im Thierkœrper und über den Einfluss gesteigerter Blutalkalescenz auf den Kreislauf., une étude fort remarquable et très complète sur l’action des savons de soude en injections intra-veineuses, qu'accompagnent des commentaires intéressant la pathogénie,

Botazzi, en 1899, continua ces travaux, Sulla tossicita delle soluzione acquose dei saponi sodici, en recherchant la toxicité des savons de soude lorsqu'ils sont injectés dans la cavité péritonéale.

En 19071, Friedenthal dans un article : Ueber die gifiwirkung der seifen und der anderen Kalkfællenden Mitiel exposa certaines considérations sur l’analogie d'action des savons et de eertains composés calciques.

Billard et Dieulafé, en 1902 et 1906, présentèrent à la « Société de Biologie » une étude sur l'influence des savons et des sels biliaires sur l'absorption intestinale et sur l'abaissement de la tension superficielle par les savons et les sels biliaires.

A la suite de ces travaux, les ouvrages de Toxicologie (Traité des Intoxications, Kobert, 1893. — Traité de Toxicologie, Lewin, 1905) mentionnent l’action toxique des savons de soude en injections intraveineuses, mais aucun ne cite des observations cliniques.

Dechambre indique cependant dans son Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales que le savon

est un poison irritant, et que si la dose ingérée est un L!

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peu forte, elle peut produire des accidents considérables.

Il faut arriver en 1906 pour voir la clinique confirmer les travaux du laboratoire. Liebetrau publia, en effet, dans la Medizinische Klinik, deux cas d’intoxications mortelles chez deux aliénés, à la suite d’ingestion de savon de soude. Il ne put trouver dans ses recherches

bibliographiques, aucune observation de cette variété d'intoxication. Le professeur Kunkel (de Würzburg) qualifia ces deux observations « d’extrèmement remarquables » et déclara que des intoxications mortelles par le savon de soude étaient jusqu’alors inconnues.

Quelques mois plus tard, notre maître, M. le professeur Billard observa chez une fillette de quatre ans une intoxication subaiguë,également provoquée par le savon blanc. |

Enfin, Iscovesco et Foucaud, en avril 1908, firent part à la « Société de Biologie » de leurs expériences sur Le rôle antihémolytique de la cholestérine à l'égard des savons et plus récemment Meyer, Rathery et Schæffer présentèrent leurs recherches sur les lésions du rein el du foie produites par des injections de savons de soude.

Les publications allemandes et italiennes ont tout particulièrement arrêté notre attention en raison de leur importance scientifique. Nous en reproduisons plus loin les traductions.

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