Loc., ett
Le 16 juin 1904, pendant qu’il était dans le bain, le malade mangea presque tout un morceau desavon blanc (80 grammes environ). Une demi-heure après, on constatait que le malade était cyanosé et avait de la dyspnée. Aussitôt, nous avons essayé d'introduire par le nez une sonde dans l'estomac, mais Île malade se débattait et avant que nous ayons pu la placer, 1l tombait dans le coma. Pendant une heure, on essaya de le remonter à l’aide d'injections d’huile camphrée, de la respiration artificielle et du massage du cœur. Mais ce fut en vain, une heure
après le début de l’intoxication, il était mort.
Cette fin si rapide doit assurément être attribuée à l’intoxi-
cation de l'organisme par le savon.
Autopsie. — Voici les résultats les plus importants de l’autopsie faite le 17 juin. Le cœur droit est hypertrophié et modérément graisseux, — La muqueuse de la trachée-artère est rouge ; on ne rencontre à son intérieur aucune substance étrangère ; on constate cependant quelques hémorragies sur samuqueuse ainsi que sur celle des bronches et des plèvres. Les poumons sont congestionnés, mais ne présentent aucun foyer de broncho-pneumonie, — Des brûlures de peu d’étendue sont remarquées, çà et là, sur l'œsophage et dans l’estomac. Sur la muqueuse de l’œæsophage, de l'estomac et du duodénum s'observent de nombreuses hémorragies, les unes faibles, les autres plus importantes et on y trouve une masse graisseuse d’un volume de 400 centimètres cubes, de coloration gris jaune, d’une odeur fade et de consistance savonneuse. — Les reins sont hyperhémiés et présentent des hémorragies sur la mu-
queuse du bassinet. — La rate est volumineuse, congestionnée
et de consistance molle. Au moment de l’autopsie, le cerveau n'a pas pu être examiné...
Examen chimique. — Le Dr Calow montra, par l’analyse,
que ce savon ne contenait aucun élément toxique (métaux ou
autres poisons).
OBSERVATION II! (Fnédite)
(Due à M. le D' Billard.)
Le ;1 mars 1907, nous fûmes appelé en grande hâte auprès d'une fillette S.B..., âgée de quatre ans, qui avaitabsorbé environ { grammes de savon blanc. L'enfant toussait, vomissait, était véritablement inondée par une diarrhée glaireuse. Son visage vultueux nous rappelait tout à fait celui que donnent les vomissements post-anesthésiques. Les lèvres, la langue étaient congestionnées. La température chiffrait 38 degrés. A l’auscultation, nous constalämes de gros râles de bronchite disséminés dans les deux poumons. La petite malade était dans un état de prostration assez marqué.
Le second jour, ces symptômes persistèrent, mais la température s’éleva à 39 degrés, la toux devint rude, croupale et un foyer de broncho-pneumonie se manifesta à droite.
A la suite du traitement, (ipéca, irrigations intestinales, ven-
touses sur la poitrine, lavages de la bouche avec de l'eau de
citron) ces phénomènes disparnrent progressivement et dix
LEUTÉ a
jours après le début de l’intoxication, l'enfant était rétablie. Nous devons noter que, chaque fois que la fillette présente des troubles des voies respiratoires, la même toux croupale réappa-
raft.