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La solution d’eau oxyygénée ainsi neutralisée, contient à peu près 6 volumes d'oxygène par volume de produit. Par dilution avec de l’eau distillée, on l’amène facilement à un titre convenable. Elle a été employée en solutions diluées ne dosant que trois volumes de gaz. Dans ces conditions, elle n'est pas nuisible. Et à l'appui de cette assertion, M. Grasset cite les expériences que nous avons déjà rapportées, les nombreux cas dans lesquels il avait injecte sans dommage aucun pour l’animal des doses très fortes de cette solution dans le péritoine de lapins ou de cobayes. En sacrifiant ces animaux, il ne trouva jamais aucune adhérence, aucune trace de péritonite, ce qui ne serait pas arrivé si l’épithélium avait été lésé en quelque façon. A l'examen histologique le péritoine semblait parfaitement sain.
Dès lors on peut conclure sans crainte de se tromper que cette eau oxygénée qui n’est pas nocive pour le péritoine, ne saurait l'être davantage pour la muqueuse vésicale.
M. Grasset, injecte dans la vessie d’un lapin 3 centimètres cubes de cette solution d’eau oxygénée ainsi neutralisée. I1 a bien entendu pris toutes les précautions voulues pour ne pas léser l'épithélium vésicale. Ouvrant ensuite l'animal, il constate que dans toutes les veines de la vessie, la veine cave inférieure, l'oreillette droite même, il s’est formé des embolies gazeuses produites par la décomposition de l'eau oxygénée qui laisse échapper son oxygène.
Cette expérience due M. Grasset a été répétée plusieurs fois avec des résultats identiques semble bien probante. Aïnsi il est permis de saisir sur le fait, l'absorption vésicale, et il n’est pas possible de dire dans ce cas que l’on a employé des substances
nocives qui tuent la muqueuse.
EXPÉRIENCE II 9 Avril 4894
L'expérience de M. Grasset nous donna l’idée d'employer une substance colorante, le sulfoindigotate de soude soigneusement
neutralisé par la soude caustique.
Injection de 3 centimètres cubes de la solution neutralisée de sulfoindigotate de soude 1/100 dans la vessie d'un lapin mâle de 1 800 grammes.
2 heures. La vessie vidée à l’aide d’une sonde en caoutchouc rouge numéro 8, nous adoptons sur cette sonde une seringue à instillation et nous poussons notre injection.
L'animal ne semble pas être le moins du monde incommodé par cette opération.
2 h. 39. Nous sacrifions le lapin et nous l’ouvrons.
Nous sommes frappés tout de suite par la couleur bleue très prononcée de toutes les veines. La veine cave inférieure présente une teinte brillante qu’elle n’a pas ordinairement.
Nous recueillons du sang dans une éprouvette, il présente un aspect brillant, un reflet métallique et une teinte foncée toute particulière.
Les vaisseaux lymphatiques ne semblent présenter aucune coloration.
N'ayant pu trouver aucun réactif pour déceler la présence du
ve De
sulfoindigotate de soude dans le sang, nous avons voulu nous assurer d’une autre façon que c'était bien cette substance qui donnait au sang sa coloration et son éclat.
Prenant du sang tiré de la veine cave inférieure du lapin sacrifié après l'injection intravésicale, nous le comparons avec d’autre sang tiré de la veine cave inférieure d’un animal quin’a pas subi d'opération. Nous constatons que le sang pur est moins foncé, moins brillant, il n’a pas du tout l'éclat de l’autre.
Nous mettons alors une petite quantité de sulfoindigotate de soude dans le sang pur et nous rapprochons les deux éprouvettes contenant le sang. Nous remarquons alors la même teinte très foncée, le mème éclat, le même aspect des deux côtés.
EXPÉRIENCE III 9 Avril 1894
Injection d'une solution de sulfoindigotate de soude neutralisé
dans la vessie d'un chien,
3 heures. La vessie du chien est vidée avec une sonde en gomme numéro 6. Puis adoptant une seringue à instillations sur la sonde, nous introduisons 4 centimètres cubes de la solution au 1/100 dans la vessie de l'animal.
L'animal ne semble pas incommodé {par la présence du sul-
foindigotate de soude.
3 h. 30. Nous sacrifions l'animal avec le chloroforme et nous l'ouvrons.
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La teinte bleue foncée qui nous avait frappé chez le lapin se retrouve ici.
Le sang a cel éclat bleu, très foncé, brillant, métallique que nous avons trouvé dans l'expérience numéro 2.
Les vaisseaux lymphatiques, et le canal thoracique ne sont pas colorés.
EXPÉRIENCE IV 11 Avril 1894
Iodure de potassium . . 3 + 4 . + . . « 60 grammes AUS Re en ne ee noyer ele SOU
Injection de 5 centimètres cubes de cette solution dans la vessie d’un
chien de petite taille, urèthre lié,
2 h. 30. La vessie mise à nu par la laparatomie, et vidée à l’aide d’une sonde en gomme n° 6, nous poussons notre injection et plaçons une pince sur l’uréthre profond.
Pour faire la laparotomie, nous avions donné du bromure d’éthyle au chien. Pendant un quart d'heure tout alla bien, puis au bout de 20 minntes, l'animal eut une syncope et mourut.
2 h. 56. Nous avons retiré du sang de la veine cave inférieure et nous l'avons remis au pharmacien en chef de Bicètre.
EXPÉRIENCE V 11 Avril 4894
Joduréde potassium MC NS0Ngrarmnimnes Haurdis tee eee RE M EP RO EE RO —
Injection de 3 centimètres cubes de cette solution d’iodure de potas-
sium dans la vessie d’un lapin, urèthre lié.
3 h. Nous ouvrons le lapin, et la vessie mise à nu nous dégageons l’urèthre profond au niveau du col de la vessie. La vessie vidée à l’aide de la sonde en caoutchouc rouge, avec une seringue à instillations, nous poussons notre injection.
La sonde retirée, nous saisissons avec une pince l’urèthre profond au niveau du col vésical.
3 h. 45. Nous sacrifions l'animal et nous retirons de la veine cave inférieure une certaine quantité de sang que nous remettons à M. Berthoud. à
Nous donnons la vessie à M. Gentilhomme, aide-préparateur au laboratoire d’histologie.
Voici le résultat des recherches histologiques :
La paroi vasculaire est normale, mais ses artères et ses veines sont gorgées de sang.
Les vaisseaux du chorion sont également remplis de globules sanguins.
L’épithélium est intact et montre nettement plusieurs rangées de cellules, dites cellules en raquettes.
EXPÉRIENCE VI 11 Avril 1894
Iodure de potassium . SUP E" 50 grammes ANG LED CCM ere RS ET 50
Injection de 3 centünètres cubes de cette solution dans la vessie d'un
lapin du poids de 2 100 grammes.
3 h. La vessie vidée à l’aide de La sonde en caoutchouc rouge, n° 8, nous adaptons à celte sonde une seringue à instillations et nous faisons notre injection.
3 h. 40. Nous sacrifions l’animal et nous retirons de la veine
cave inférieure une petite quantité de sang que nous remettons à M. Berthoud.
EXPÉRIENCE VIl
14 Avril 1894
3 h. Nous vidons la vessie d’un chien de taille moyenne à l’aide d’une sonde en gomme, n° 6, et nous introduisons 3 centimètres cubes d'une solution de sulfoindigotate de soude au
1/100°, soigneusement neutralisée.
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Puis immédiatement après, nous lui injectons 3 centimètres cubes d’une solution de iodure de potassium à 100 °/,.
L'animal ne semble pas indisposé.
9 h. 35. Nous sacrifions l'animal et nous l’ouvrons, les vaisseaux ne sont pas aussi nettement teintes en bleu foncé que les fois précédentes où nous avons introduit le sulfoindigotate seul. L'aspect du sang est bien moins caractéristique.
Il a dû se produire quelque réaction que j'ignore par suite des deux mélanges. Néamoins, je donne à M. Berthoud une certaine
quantité de sang tiré de la veine cave inférieure de l’animal. RECHERCHE DE L'IODE
L’iode a été recherché dans le sang des animaux sacrifiés et a toujours été retrouvé.
Recherche de l’iode dans le sang après injection de KI dans la vessie.
Le sang, additionné d’un peu de potasse, est évaporé et calciné dans une capsule de porcelaine, jusqu'à obtenir un charbon ne colorant plus l’eau avec laquelle on le met au contact. Ce charbon est broyé au mortier avec une petite quantité d’eau qu’on décante ensuite sur un filtre ; on épuise par une nouvelle quantité d’eau le charbon resté au fond du mortier, on jette le tout sur le filtre, et on termine par un dernier lavage sur ce filtre. La liqueur filtrée est évaporée à 5 centimètres cubes environ dans une capsule et neutralisée par l’acide chlorhydrique. On la verse alors dans un tube à essai, on y ajoute 1 à 2 centimètres cubes de chloroforme et quelques gouttes d’acide azotique nitreux; par agitation le chloroforme s'empare de l’iode mis en liberté qui le colore en violet.
La recherche a été faite deux fois pour le lapin et deux fois
pour le chien. Toujours le résultat a été positif, le chloroforme s’est coloré en violet, démontrant la présence de l’iode. A noter que pour le second chien l'iode, recherché sur 80 grammes de sang, ne fut retrouvé qu’à l’état de trace donnant au chloroforme une faible coloration lilas pâle, juste suffisante pour permettre de conclure à la présence du métalloïde. Ce chien avait reçu déjà une injection de sulfoindigotate de soude, quand on a
fait l'injection de l'iodure de potassium.