RECHERCHE DE LA CAFÉINE
Il est assez difficile de déceler de très-faibles quantités de
caféine. En effet, ce corps qui, par sa constitution chimique,
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s'éloigne des autres alcaloïdes s’en distingue également par sa manière de se comporter à l'égard des réactifs généraux des alcaloïdes, qui ne le précipitent qu’en solution concentrée. Touret a pourtant montré récemment que dans certaines conditions, c’est-à-dire en acidulant par un acide minéral tel que l’acide sulfurique, l’iodure de potassium iodé donne encore un précipité dans les solutions de caféine au 20 000°. Dans notre recherche, nous avons utilisé une réaction encore plus sensible, qui est la suivante :
Maly et Hinteregger ont constaté que le brome ajouté à une solution chloroformique de caféine en précipite des cristaux orangés constituant une combinaison de brome et de caféine dont ils ont déterminé la formule. Nous avons songé à vérifier la limite de sensibilité de cette réaction, afin de la mettre à profit si possible pour la découverte de minimes quantités de caféine. En opérant sur des solutions chloroformiques de caféine de plus en plus diluées, nous avons vu que la formation d’un dépôt cristallin de couleur orangée par addition de brome réussissait encore dans les solutions au 200 000° et même au-delà, Seulement, pour les solutions très étendues, la production de ce précipité cristallin, au lieu d’être immédiate, se fait attendre suivant un laps de temps proportionnel à la dilution.
Voici donc comment nous avons procédé pour la recherche
de la caféine dans le sang du lapin mis en expérience :
Le sang (30 grammes environ) a été broyé avec une certaine quantité d’eau aiguisée d’acide acétique, puis on a chauffé à l'ébullition. Le liquide ayant été séparé du coagulum par décantation, on a repris ce coagulum à l’ébullition par une nouvelle quantité d’eau. Les liqueurs fillrées furent évaporées à
siccité vers 60° et le résidu fut trituré à deux reprises avec du
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chloroforme (4 à 5 centimètres cubes chaque fois). Cette liqueur chloroformique fut abandonnée à l'évaporation spontanée, jusqu'à ce que son volume fût réduit à 2 centimètres cubes environ. Recueilli alors dans un tube à essai, cet extrait chloroformique fut additionné de deux gouttes de brome, et le tube fut placé dans un lieu frais. Au bout d’un certain temps, on constata qu’un dépôt cristallin orangé, très faible à la vérité, mais parfaitement évident néanmoins, adhérait à la paroi du tube. Au bout de quelques jours, les cristaux avaient disparu, caractère également observé pour ceux formés avec une solution de caféine pure ; puis, les tubes à essai n'étant pas hermétiquement bouchés, le brome s’élimina par volatilisation, laissant le chloroforme incolore. Celui-ci fut évaporé, le résidu fut repris par quelques gouttes d’eau aiguisées d’acide suifurique, et celte pe= tite quantité de liquide décantée dans un tube à essai fut additionnée d’une goutte de réactif de Bouchardat (iodure de potassium iodé), qui détermina un faible précipité rouge brun.
En nous appuyant donc sur ces deux réactions, savoir : formation de la combinaison bromée dans la solution chloroformique, et précipité dans la solution aqueuse par le réactif iodoioduré, nous concluons à la présence de la caféine dans le sang
expérimenté.
EXPÉRIENCE IX 16 Avril 1894
Cocaie rec rl ro I BE ANNIO Eau distillée. Man nee MO TORMOIC AMIE
Injections de 2 centimètres cubes dé cette cocaïne dans la vessie d'un lapin mâle du poids de 1 935 grammes
Monsieur Bazy, qui opère, vide la vessie avec une sonde en caoutchouc rouge, n° 8.
11 h. 45. Injection de la solution à l’aide d’une seringue à instillations montée sur la sonde.
La sonde est retirée.
11 h. 48. Dilatation de la pupille.
11 h. 50. La pupille est dilatée au maximum. Elle restera ainsi jusqu’à la fin de l'opération.
Les pattes de derrière de l'animal fléchissent, tandis que le
lapin essaie de se trainer sur les pattes de devant. 11h. 52. L'animal couché sur le flanc est secoué de mouve-
ments convulsifs qui reviennent à chaque instant.
12 h. De la bave coule en abondance.
Terribles convulsions généralisées. On croirait l'animal électrisé. Cet état dure jusqu’à la mort.
12 h. 8. Mort.