‹ Étude Expérimentale et Comparative de l'Absorption VésicaleChapitre 28 sur 42 · RECHERCHE DE LA BRUCINE · texte numérisé non relu

RECHERCHE DE LA BRUCINE

Le sang est additionné de deux fois son volume d'alcool à 90° acidulé par 05,50 d'acide tartrique. Le mélange est mis à digérer pendant deux heures vers la température de 50°, puis exprimé et la même opération est renouvelée sur le résidu. Les

liqueurs provenant de ces deux traitements et d'un lavage final du marc à l'alcool sont filtrées et évaporées à siccité à la température de 80° environ. Le résidu très peu coloré est repris par l'alcool à 90° et la liqueur filtrée est elle-même évaporée à sec. Ce nouveau résidu est traité par l'eau distillée et on filtre sur un tube à essai. La solution acide ainsi obtenue contient à l’état de tartrate la brucine qui pouvait exister dans le sang essayé, on l'additionne de bicarbonate de soude en quantité suffisante pour

avoir une réaction alcaline, ce qui déplace la brucine de sa

LT re

combinaison alcaline et on ajoute du chloroforme: celuici, un des meilleurs dissolvants de la brucine s'empare de celle-ci par l’agitation. Le chloroforme est décanté et évaporé ; il laisse un très faible résidu qui doit être incolore, s’il était encore un peu coloré, on reprendrait par l'eau acidulée et après filtration on alcaliniserait par le bicarbonate de soude pour agiter finalement avec le chloroforme qui serait évaporé. C'est sur ce résidu chloroformique qu’on cherche à caractériser la brucine par sa réaction bien connue avec l'acide nitrique (1). Pour cela, on s’est servi du réactif d'Erdmann (acide sulfurique azoliqué) en opérant parallèlement sur le résidu d’évaporation de 5 centimètres cubes d’une solution de brucine à un centigramme par litre, on a fait couler deux ou trois gouttes de réactif sur la paroi de la capsule contenant la brucine témoin et on a fait immédiatement la même épreuve sur le résidu chloroformique obtenu du sang soumis à l'expérience.

La recherche de la brucine par ce procédé faite une première fois sur le sang d’un lapin bruciné par la vessie, ne nous donna pas de résultat net : la réaction fut très douteuse et fut par suite considérée comme nulle. Il en fut tout autrement dans un second essai tenté avec du sang d’un autre lapin bruciné de même par la vessie : le réactif d'Erdmann développe dans la capsule contenant le résidu chloroformique une coloration rougeorangée tout à fait comparable à l'intensité près qui semble un pèu moindre, à celle produite simultanément dans la capsule témoin.

Si après avoir obtenu cette réaction de la brucine, on ajoute

au liquide jaune qui en résulte finalement un peu de protochlo-

(1) Coloration rouge-orangé qui disparaît assez rapidement pour laisser un liquide jaune.

ID

rure d’étain ou de sulfhydrate d’ammoniaque, il apparaît une coloration rouge violette, on put reproduire cette réaction avec la capsule témoin mais non avec l’autre. Cela tient à ce que cette seconde réaction est bien moins sensible que la première, sans jeter le moins du monde le doute sur celle-ci, cela prouve simplement que le sang mis en œuvre fourni qu’une trace de brucine, trace suffisante pour donner la coloration rouge orangée avec l'acide sulfurique nitreux, mais insuffisante pour offrir ensuite avec le protochlorure d'étain la coloration violette.

En conséquence, on conclut à la présence de brucine dans le sang soumis à celte recherche.

Page 1