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niens de His) et le bulbe aortique qui font partie du cœur embryologiquement et aussi, comme nous le verrons, physioiogiquement.
Le sinus se contracte dans son ensemble, puis les oreillettes, puis le ventricule; alors que la contraction de toutes les fibres de l'oreillette paraît simultanée, qu’également la contraction du myocarde ventriculaire parait Ssynergique, à la simple observation on remarque un retard de la systole ventriculaire sur la systole auriculaire; il y a, comme on dit, succession auriculoventriculaire; ce retard est à rapprocher du ralentissement de l’onde de coniraction vers la partie médiane du cœur embryonnaire (v. p. 10). La vitesse du rythme (chronctropie d’ENGELMANN), l’intervalle auriculoventriculaire, l'énergie et la durée de la sysiole (inotropie) caractérisent cette activité rythmique, qu’accompagnent des variations d’état électrique et d’où résultent, comme effet utile, la progression du sax dans le cœur, et son évacuation sous une certaine pression, dans le bulbe aortique.
Un cœur de grenouille, arraché du corps, y compris son sinus, Continue à présenter des contractions qui ont tout d’abord les mêmes caractères, puis, peu à peu, des modifications apparaissent, d’abord ralentissement et diminution de l’énergie de la systole, puis irrégularité du rythme jusqu’à l’arrêt successif du ventricule, puis des oreillettes, puis du sinus. Dans une chambre humide, ce fonctionnement se maintiendra plus longtemps; plus longtemps encore si l’organe plonge dans un milieu nutritif (sang ou solution artificielle de composition voisine).
L'activité du cœur isolé n’est donc pas le résultat de l’accumulation d’un peu d’énergie empruntée à l’organis-
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me et que le cœur serait incapable de renouveler par ses propres moyens, puisque, pour qu'il entretienne lui-même très longtemps son activité en l’absence de toute stimulation extrinsèque, il suffit de le placer dans des conditions aussi voisines que possible de ses conditions habituelles.
Réaliser cet ensemble de conditions par des dispositifs qui permettent de faire varier aisément l’une d’entre elles, tel est le but des circulations artificielles. Divers appareils ont été employés, dont DE CYoN (1) a donné une étude historique et critique. Parmi les plus récents, nous citerons seulement celui de CAMUS et GOULDEN (2), et celui de LaM- BERT (3), avec l’emploi duquel nous sommes particulièrement familiarisé.
Dans ces dispositifs, le cœur peut être amené à travailler sous une certaine pression et fournit un travail mesurable. Sans doute, la durée de la survie dépend, dans une certaine mesure, du travail fourni et peut être considérablement accru si le cœur n’a à lutter contre aucune pression, mais ce cœur isolé est capable de se contracter régulièrement sous une pression comparable à la pression artérielle in situ, il est même capable de développer, dans ces conditions, une pression maximale qui peut atteindre le
(1) DE CYow, méthodique, 1876, ch. II ; Archiv. de Pflüger, 1899, LXXVII. — Sur les méthodes de la circulation artificielle dans le cœur isolé (C, R. Biologie, 1901, p. 513),
@) J. Camus et J. GOULDEN. — Nouveaux appareils pour l'étude du cœur isolé. (C. R. Biol., 25 nov. 1905, LIX, p. 49,6- 499).
(3) M. LAMBERT. — Appareil pour l'étude du cœur isolé, C, R, Biol., LIX, 9 déc. 1905, p. 616-617).
double de la valeur de la pression normale du sang dans l’aorte chez la grenouille (LAMBERT) (1).
Les phénomènes concomittants subissent, comme le montre SŒMANN, quelques variations dans Île cœur isolé, mais ne présentent aucune différence essentielle traduisant une nature différente de la contraction.
En somme, il s’agit bien là d’un fonctionnement normal, en lui-même (caractères inotropes et chronotropes) dans son mécanisme intime (caractères électro-cardiographiques) dans ses conséquences (progression et évacuation du sang sous pression).
La durée de la survie n’est pas néanmoins indéfinie, c’est qu’en réalité le cœur n’est jamais, quoi qu'on fasse, dans des conditions identiques à celles où il fonctionne in situ, et de fait, le cœur en circulation artificielle s’œdématie toujours à la longue; l’analyse microscopique montre les altérations de ses éléments cellulaires dont le développement plus ou moins précoce et plus ou moins marqué paraît coïncider avec la plus ou moins grande précocité et la plus ou moins grande intensité des troubles fonctionnels (BABITSCH) (2).
En définitive, ce qui reste, c’est que le cœur de grenouille, isolé de ses connexions anatomiques, présente, toutes choses égales d’ailleurs, un fonctionnement régulier.
Ainsi nous retrouvons les mêmes faits en nous élevant dans la série, mais à mesure qu’il s’agit de cœurs adaptés
(1) M. LAMBERT. —- Sur la durée de persistance de l’activité du cœur isolé. (C, R. Acad., CXLII, 5 mars 1906, p. 597-599).
(2) D. BaBITrscH. — Ueber die Gewebsveränderungen an überlebenden Froschherzen., Diss. Berlin, 1911.