‹ Étude Expérimentale et Critique sur l'automatisme du cœurChapitre 73 sur 103 · PLANCHE XV · texte numérisé non relu

PLANCHE XV

EXPÉRIENCE I (Série V)

(Juin 1914)

Conséquences ventriculaires de l’excitation du myocarde

sur un cœur normal

A. — Technique

Le tracé est obtenu en faisant reposer sur la base du ventricule un simple levier cardiographique par l'intermédiaire d’un petit bloc de moelle de sureau.

Les électrodes sont constituées :

a) l’une par une petite plaque de cuivre sur laquelle repose le ventricule au niveau de sa base; cette plaque isolée du reste de l’animal par une lame de caoutchouc.

b) l’autre par un fil métallique traversant le morceau de moelle de sureau, se terminant à son extrémité inférieure au contact du cœur.

L’excitation employée est le choc d’induction ; le même signal inscrit le temps en secondes et les excitations,

B. — Résultats

L — Dans les premières lignes on peut observer : a) une excitation inefficace.

b) la production d’une extra-systole qui s’intercalle dans le rythme et n'a pour conséquence que de rendre un peu prématurée la systole normale suivante à son tour suivie d’une diastole prolongée. La première de ces systoles se comporte comme une systole « interpolée ». La deuxième cause une extra-systole avec repos compensateur.

Suit une représentation schématique.

II. — L’excitation a pour conséquence tardive d'avancer les deux systoles normales suivantes, de telle sorte que l’une n’est qu'un peu prématurée, l’autre très prématurée ; il y a conservation de la période physiologique du sinus, comme l’indique le schéma.

IT à VI. — Les lignes suivantes montrent le résultat d’excitation plus ou moins prématurées avec, comme cas extrême, les excitations inefficaces, et, comme cas intermédiaire, la production d’une systole interpolée.

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A ce point de vue, chaque segment se comporte de façon semblable, dans les mêmes conditions (1). Mais il est essentiel de se rappeler que, précisément, les différents segments ne sont pas toujours soumis aux mêmes conditions. Ils ne reçoivent pas toujours l’impulsion artificielle au même moment par rapport à l’impulsion normale, de sorte qu'une excitation artificielle peut provoquer dans deux segments distincts des effets différents (2). Là parait se trouver l’explication des divergences actuelles sur l’inter-

(1) Ainsi notamment la production d’extra-systolcs avec repos compensateur peut s’observer aussi bien pour des excitations portant sur l’oreillette que pour celles appliquées au ventricule chez la grenouille et chez le chien (MEYER) ().

Le fait que chez les mammifères la pause est parfois moins exactement compensatrice (CUSHMY et MATTHEUS), tiendrait à la différence des relations anatomiques entre les oreillettes et le sinus veineux chez ces animaux (WENCKEBACK), qui font que les conditions complexes décrites plus loin (p. 183 et suivantes), sont plus aisément réalisées.

(2) Au cours d’un rythme sinusal, trois principaux cas : excitation ou du sinus, ou des oreillettes, ou du ventricule. 17 cAS : les deux impulsions (normale et artificielle) affectent tous les segments de la même manière. — 2° cas : la position relative des deux impulsions dans le temps n’est pas la même pour le segment auriculo-ventriculaire et pour le sinus. — 3° CAS : les deux impulsions cheminent en sens inverse, leur intervalle n’est pas le même pour chaque segment. Leur ordre de succession peut être différent pour deux segments extrêmes.

Lorsque le rythme normal actuel a un point de départ autre que le sinus, un raisonnement analogue doit être tenu. (Cf., page 187).

(*) E. MEyER. — Arch. de Physiol. norm. et part., 1893, pages 184-191).

prétation des extra-systoles non suivies d’un repos compensateur et sur leur existence même, en dépit des faits expérimentaux incontestables (ENGELMANN, BUSQUET) (1).

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